Bientôt le retour de la vignette automobile ? La vache à lait électrique produit moins que la vache à lait thermique.

Saumon en 1994, turquoise en 1995, rose en 1996, vert clair en 1997, jaune en 1998, bleu foncé en 1999, rouge et rectangulaire en 2000, et puis plus rien. Il s’agit de la vignette automobile. Ce petit autocollant derrière lequel se cachait une taxe et qu’il fallait acheter chez le buraliste avant le 30 novembre n’existe plus depuis 25 ans. Elle pourrait renaître de ses cendres.

C’est en tout cas l’idée avancée par l’Institut Mobilité en transition (IMT), pour faire face au manque à gagner fiscal causé par les voitures électriques. Le premier constat de ce think tank (groupe de réflexion) est le suivant :

« La fiscalité routière est l’un des piliers des finances publiques françaises. »

Il enfonce ensuite une porte ouverte, surtout en ce moment :

« C’est l’une des fiscalités les plus visibles par les citoyens – à chaque passage à la pompe, à chaque achat de véhicule – et l’une des plus sensibles, politiquement. »

Pilier des finances publiques

Problème :

« L’électrification du parc automobile, rendue inévitable par l’impératif climatique et par la trajectoire des coûts technologiques, érode l’assiette sur laquelle repose l’essentiel de ces recettes. »

La vache à lait électrique produit moins que la vache à lait thermique. Selon l’institut, d’ici à 2035, l’État pourrait perdre la moitié de ses recettes liées au carburant à cause du passage à l’électrique, soit 22 milliards. Il convient donc de trouver comment compenser. Surprise, l’IMT propose que ce soit via une redevance annuelle qui pourrait prendre la forme d’une vignette. Cette nouvelle taxe s’appliquerait alors non seulement aux conducteurs de voitures électriques, mais aussi aux propriétaires de véhicules thermiques.

Contrairement à son ancêtre, cette vignette ne prendrait pas seulement en compte le département d’immatriculation et la puissance du véhicule. L’institut préconise d’instaurer un prélèvement

« modulé sur des critères environnementaux et sociaux pour en faire un outil de transition écologique et de justice sociale ».

Rien que ça ! Un ménage possédant un véhicule électrique européen (batterie et assemblage), vivant en zone périurbaine ou rurale et ayant de très faibles revenus, cotiserait à hauteur de 30 euros, tandis que les foyers les plus aisés résidant en centre-ville, ayant un véhicule thermique lourd et ancien, pourraient devoir à l’État plus de 900 euros.

Pilier de la perte de pouvoir d’achat

Pierre Chasseray, porte-parole de l’association « 40 millions d’automobilistes » et auteur de #BalanceTonPlein (Fayard), dénonce un mécanisme délétère à tous points de vue :

« Tous ceux qui ont fait comme le gouvernement a dit en achetant un véhicule électrique vont se faire électrocuter de taxes. On est en train de tuer notre économie à petit feu, même à grand feu, en créant une fiscalité directement imposée avant la création de richesses. » Il martèle : « L’impôt doit être prélevé sur les richesses produites, jamais en amont. »

Selon lui, les taxes sur les mobilités sont particulièrement contre-productives puisqu’elles ont pour effet d’inciter les Français à moins utiliser leur véhicule.

« C’est perdant-perdant, l’État enregistre moins de recettes et les automobilistes sont rincés », explique-t-il.

L’arrivée d’une taxe supplémentaire pourrait donc être un véritable coup de grâce pour les conducteurs mais aussi pour les finances publiques. Il conclut :

« La France n’a plus les moyens de ne pas baisser les taxes. »

Les Français, eux, n’auront bientôt – si ce n’est déjà le cas – plus les moyens de les payer.

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Une réponse

  1. Juste pour rappel :
    L’Institut Mobilités en Transition (IMT) a été fondé à l’origine en 2021 sous forme d’une initiative portée par l’Iddri (Institut du développement durable et des relations internationales) et financée par la Fondation Européenne pour le Climat (ECF).

    Qui finance ces largesses… Nicolas, Helmut et les autres.
    Ce genre d’individu doivent être purement et simplement virés car ils ne servent vraiment à rien. Seulement, ils doivent émarger sur leur feuille de paye avec 5 chiffres.
    Les français doivent pouvoir refuser de payer des instituts qui payent d’autres instituts… C’est sans fin pour notre dette.

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