Jean-Pierre Sauvage, prix Nobel de chimie 2016

Nous publions ici un extrait du livre récent “l’élégance des molécules” de Jean-Pierre Sauvage, Prix Nobel de Chimie 2016, qui remet sérieusement en cause la doxa climatique décarbonatrice et alarmiste omni-présente, induite par “les prophètes du chaos” qui “s’en repaissent”.

C’est un appel à un nouveau débat scientifique que le site « Climat et Vérité » ne cesse de réclamer.

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Quel que soit le sujet, la science ne devrait jamais se confondre avec la foi.
 
Si le rôle du scientifique est de révéler à notre connaissance ce qui ne va pas de soi, se départir de son esprit critique constitue une faute professionnelle. Du réchauffement climatique en cours, indiscutable car suffisamment documenté, des prophètes du chaos se repaissent en nous annonçant l’inéluctable fin des temps. Je partage l’inquiétude liée à la vitesse inédite à laquelle se produit ce changement climatique, pas le catastrophisme qui l’estime inévitable à moins d’un retour express à l’âge de pierre.
 
Les faits scientifiques sont ceux que l’expérience vérifie. La Terre n’est pas plate, nous savons le démontrer. Or, la prédiction, par définition, est un art que seul le temps permet d’éprouver. En cela, elle doit inciter à l’humilité. Comme le souligne à raison mon ami chimiste et professeur au Collège de France Marc Fontecave (dans son livre Halte au catastrophisme !: Les vérités de la transition énergétique), la seule prise en compte du volume de CO2 émis par l’activité humaine comme variable d’ajustement des scénarios dramatiques du Giec apparaît un peu simpliste, « alors que cette température résulte, par ailleurs, d’interactions d’une très grande subtilité entre des systèmes aussi complexes que le Soleil, la Terre, l’atmosphère et les océans, systèmes que nous modélisons certes de mieux en mieux mais de façon encore incomplète7 ».
 
Les appels à décarboner la planète de manière radicale, professés par certains oracles de l’apocalypse et repris à foison, ont de quoi faire bondir n’importe quel chimiste. « Tout est carboné sur la planète, à commencer par la vie », rappelle Marc Fontecave dans son livre. Le CO2 n’est pas seulement indispensable au règne du vivant, il fut l’étincelle de l’apparition pour un très grand nombre d’organismes, dont les mammifères. C’est au dioxyde de carbone, la seule source de carbone présente dans l’atmosphère primitive, que nous devons la formation des premières molécules d’acides aminés, précurseurs des organismes vivants. Sans elle, pas de photosynthèse possible et donc pas d’oxygène disponible pour respirer.
 
Dans la nature, ce sont les océans qui émettent le plus de CO2, en plus d’en absorber de grandes quantités. L’enjeu n’est donc pas d’éradiquer ce gaz vital, mais de déterminer le flux émis par l’activité humaine dans le stock global et donc la part de responsabilité réelle de l’humanité dans le réchauffement climatique. Autrement dit, la question n’est pas de savoir si l’Homme contribue à l’effet de serre – c’est entendu – mais dans quelle proportion exacte.
 
C’est ainsi que nous pourrons adapter nos comportements et nous résoudre à d’éventuels sacrifices sans mettre en péril inutilement des pans entiers de l’économie mondiale et les millions d’emplois qui vont avec.
 
D’énormes efforts de recherche publique devraient être engagés pour mesurer précisément ce flux, mais je constate – avec d’autres, dont beaucoup craignent de s’exprimer publiquement – que cette démarche qui relèverait pourtant de la stricte méthode scientifique n’intéresse pas nos décideurs et se voit même disqualifier d’autorité au motif que l’heure n’est plus au débat scientifique. C’est méconnaître toute l’histoire des sciences : la vérité a bien souvent jailli de la saine confrontation des théories.
 
Il n’est jamais trop tard pour faire une place à la raison.

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Une réponse

  1. Monsieur Sauvage a raison de demander un vrai débat scientifique mais il n’y en aura pas. Sa critique montre cependant qu’il reste assez conforme aux thèses de l’effet de serre du CO2 ajouté par l’Homme, tout en demandant une analyse plus fine de la proportion de celui-ci. Tout cela a déjà été fait et cela ne change rien à l’appréciation du rôle de l’Homme dans les prétendues modifications du climat de la Terre. Le fait d’être Prix Nobel semble autoriser à proclamer des choses qui sont évidentes pour de nombreuses personnes que l’on n’écoute pas (le CO2, la photosynthèse, les échanges avec l’océan, la quantification). On voit bien que dans notre monde politique et populaire, peu rationnel, il faut des porte-parole Nobel, mais ils ne semblent pas être écoutés plus que les autres. Il suffit de lire les intentions d’E. Borne sur la transition énergétique et sur le climat. Elle n’a visiblement pas lu l’ouvrage de Jean-Pierre Sauvage.

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