Éolien : une autorité environnementale met en cause des calculs de CO2 évité

LA FED ET VENT DE COLÈRE EXIGENT DE L’ADEME LES PREUVES DE SES CHIFFRES  

Paris le 14/10/2026: Les économies de CO₂ attribuées aux éoliennes sont une nouvelle fois mises en cause. Dans un avis officiel particulièrement préoccupant, une autorité environnementale à savoir la Mission régionale d’autorité environnementale (MRAe) Hauts-de-France relève de graves incohérences dans les calculs d’un promoteur fondés notamment sur des données de l’Agence de Maitrise de l’Energie (ADEME).

Ces conclusions confortent les dénonciations répétées de la Fédération Environnement Durable (FED) et de Vent de Colère Fédération nationale, qui ont engagé une procédure judiciaire contre cette agence pour obtenir les preuves scientifiques justifiant les économies de CO₂ annoncées.

Dans son avis du 28 juillet 2026 concernant le projet éolien des Trois Buissons, à Conchy-sur-Canche (Pas-de-Calais), la MRAe relève des incohérences majeures dans l’évaluation des émissions de CO₂ prétendument évitées.

Un chiffre de CO₂ évité huit fois supérieur aux émissions moyennes de l’électricité française

Le promoteur annonce que son projet permettrait d’éviter environ 11 000 tonnes de CO₂ par an.

Mais la Mission régionale d’autorité environnementale (MRAe), organisme public français indépendant chargé d’évaluer l’impact sur l’environnement de projets de travaux, d’ouvrages, d’aménagements ou de documents d’urbanisme constate que les calculs reposent sur une production annuelle de 28,25 GWh, alors que la production annoncée du parc est de 43 GWh, sans justification de cette différence.

L’autorité environnementale écrit :

« Le ratio des émissions évitées par kWh produit serait de 390 gCO₂e/kWh, ce qui est particulièrement élevé, environ huit fois supérieur aux émissions moyennes de l’électricité consommée en France. »

Elle précise que le dossier ne présente aucun calcul spécifique au projet et demande un bilan des émissions de gaz à effet de serre sur l’ensemble de son cycle de vie.

Comment peut-on justifier des autorisations environnementales et des aides publiques par des économies de CO₂ au demeurant très limitées dont les méthodes de calcul ne sont pas clairement démontrées ?

La FED et VDC alertent  depuis des années sur ces justifications contestables des promoteurs éoliens 

Cette prise de position officielle rejoint directement les interrogations soulevées depuis plusieurs années par ces deux fédérations 

La FED et VDC contestent  notamment les chiffres figurant dans un document publié en 2008 par l’ADEME et le ministère de l’Écologie, selon lequel un parc éolien de 25 000 MW permettrait d’éviter 16 millions de tonnes de CO₂ par an.

Malgré leurs  demandes répétées de communication des études et calculs justificatifs, la FED et VDC indiquent ne pas avoir obtenu les éléments nécessaires à une vérification indépendante.

Elles ont  donc saisi le tribunal administratif de Nantes en 2025 afin d’obtenir la transmission de ces documents. L’avis de la MRAe ne constitue pas un jugement contre l’ADEME. Il apporte néanmoins un élément officiel nouveau et particulièrement significatif au débat sur le manque de fiabilité des économies de CO₂ attribuées aux projets éoliens.

Des conséquences potentiellement considérables pour le climat 

Pour la FED et VDC  la question dépasse largement le seul projet de Conchy-sur-Canche.

Si des économies de CO₂ insuffisamment justifiées sont utilisées dans les études d’impact, les conséquences peuvent être majeures :

  •  Des décisions d’autorisation prises sur la base de bénéfices climatiques surestimés.
  •  Des milliards d’euros d’engagements publics dont les justifications environnementales doivent pouvoir     être vérifiées.
  • Une fausse information des citoyens et des élus.
  • Des atteintes aux paysages, à la biodiversité et aux territoires dont la justification climatique pourrait         être contestée.

Une politique énergétique engageant des centaines de milliards d’euros  ne peut pas reposer sur des chiffres invérifiables.

Face à ces éléments, la Fédération Environnement Durable et Vent de colère demandent  à nouveau :

  • La publication intégrale par l’ADEME des études, hypothèses et méthodes de calcul utilisées pour quantifier le CO₂ évité par l’éolien en France.
  • Une enquête parlementaire et  un audit scientifique indépendant des facteurs d’émissions évitées utilisés dans les études d’impact des projets éoliens, intégrant leur intemittence et en tenant compte du fonctionnement réel du système électrique français.
  • La réévaluation des dossiers d’autorisation concernés lorsque les économies de CO₂ annoncées ne reposent pas sur des calculs suffisamment documentés.
  • Qu’aucune nouvelle autorisation ne soit fondée sur des bénéfices climatiques chiffrés insuffisamment justifiés, sans vérification préalable de leur méthode de calcul.

« Depuis des années, nous demandons une chose simple : que l’ADEME fournisse les preuves scientifiques des économies de CO₂ qu’elle attribue aux éoliennes. Aujourd’hui, une autorité environnementale officielle relève elle-même des incohérences considérables dans les calculs d’un promoteur. Il est temps de mettre fin aux affirmations non vérifiables. Les Français ont droit à la vérité sur le bilan climatique réel de l’éolien et sur les milliards d’euros engagés en son nom. »

Jean-Louis Butré
Président de la Fédération Environnement Durable

contact@environnementdurable.net 

06 80 99 38 08 

 

  Bruno Ladsous
Président de la Vent de Colère

ladsousvdcbruno@gmail.com
06 49 69 39 59

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