Les méfaits des excès climatiques : la revue The Lancet se concentre sur les chaleurs extrêmes mais oublie les grands froids

Il y a quelques jours, la revue scientifique The Lancet, l’une des plus influentes au monde, a publié son troisième Rapport (2026) intitulé

« La santé et le changement climatique en Europe : une fenêtre d’opportunité de plus en plus étroite pour une action sanitaire décisive ».

Il analyse les effets sanitaires des mesures destinées à s’adapter au changement climatique et à en atténuer les manifestations, à partir de données allant jusqu’en 2025.

Selon les auteurs, les indicateurs révèlent une nette augmentation des effets néfastes sur la santé, directs et indirects, de l’exposition à la chaleur. La quasi-totalité des 825  (99.6 % du total) régions européennes suivies ont enregistré une hausse du nombre de décès entre 2015 et 2024 par rapport à la période 1991-2000, avec une moyenne annuelle de 52 décès de plus par million d’habitants.

Le nombre d’alertes sanitaires quotidiennes aux fortes chaleurs a augmenté de 318 % entre 2015 et 2024 par rapport aux années 1991-2000. En comparant ces deux périodes, on voit que l’exposition à la chaleur a beaucoup augmenté chez les personnes âgées (≥ 65 ans).

Il ne s’agit pas nier l’augmentation des températures et des périodes de forte chaleur durant la période prise en considération par le rapport de The Lancet. Mais certains facteurs, comme le rappelle le statisticien Bjorn Lomborg, sont ignorés (intentionnellement ou pas) par les auteurs.

En premier lieu, le vieillissement de la population. En 2022, selon Eurostat, 21,1 % des habitants de l’UE avaient plus de 65 ans : une hausse de 3,1 points par rapport à 2012. La tendance devrait s’accélérer  dans les années à venir, Eurostat prévoyant même que la proportion des personnes âgées de 80 ans et plus devrait être multipliée par deux et demi entre 2021 et 2100, passant de 6,0 % à 14,6 %. Et une population plus âgée est beaucoup plus sensible aux températures élevées

Ensuite, le froid. Les auteurs du rapport semblent ignorer qu’il tue beaucoup plus que la chaleur. Nous avons publié il y a quelques mois les conclusions d’une étude intitulée « Comprendre et gérer l’impact de la température sur la mortalité » réalisée par le National Bureau of Economic Research selon lesquelles les décès dus au froid sont au moins dix fois plus nombreux en Europe que les décès dus à la chaleur (voir le graphique plus bas). Avant de lutter contre le réchauffement, protégeons-nous du froid…

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