Depuis plus d’une décennie, la plupart des médias, des institutions et des politiques reprennent un récit dominant sur les politiques énergétiques et climatiques. Le monde va s’électrifier rapidement, l’éolien et le solaire vont se déployer sans limites, le pétrole, le gaz naturel et le charbon vont atteindre ou ont même déjà atteint un « pic » avant de décliner.
C’est une histoire réconfortante… mais qui ne correspond en rien à la réalité du monde. S&P Global Energy en collaboration avec l’Institute of Energy Economics du Japon vient de publier une étude qui a le mérite d’être ancrée dans la réalité et d’aller à l’encontre de ce récit dominant illusoire.
Ce qui domine la réalité de la transition est la demande réelle d’énergie dans le monde, les infrastructures existantes et les besoins des économies en développement.
S&P prévoit que les combustibles fossiles fourniront encore plus de la moitié de l’énergie mondiale à l’horizon 2060… Toujours selon les projections de S&P, la demande énergétique des économies en développement pourrait augmenter de plus de 60% d’ici 2060.
Cela équivaut à ajouter une seconde Chine au système énergétique mondial en seulement 34 ans. Parallèlement, la demande des économies avancées et de la Chine devrait rester stable à long terme.
S&P Global a publié il y a quelques jours une étude intitulée Multidimensional Global Energy Pathways (Trajectoires énergétiques mondiales multidimensionnelles) sur l’état des lieux de la transition énergétique et les stratégies à mener pour qu’elle réussisse.
Elle a le mérite de proposer un véritable contre-récit à la vision dominante, surabondante dans les discours médiatiques, d’une transition rapide et simple construite sur les renouvelables et l’électrification. Elle met l’accent sur la demande réelle d’ énergie dans le monde, les infrastructures existantes et à bâtir et les besoins des économies en développement. Elle prévoit que les combustibles fossiles fourniront encore plus de la moitié de l’énergie mondiale à l’horizon 2060…
Le document introduit notamment un « Indicateur de prospérité énergétique » pour évaluer, à l’échelle nationale, les arbitrages entre accessibilité financière, sécurité d’approvisionnement énergétique et décarbonation. Il conclut que l’objectif de limiter le réchauffement à 1,5°C est d’ores et déjà inatteignable. Même les scénarios les plus volontaristes conduisent à un réchauffement significatif et les engagements de neutralité carbone pris par bon nombre de pays sont en l’état actuel des technologies, des investissements et des moyens financiers irréalistes.
L’étude demande aux décideurs politiques de cesser de prendre des engagements intenables, de mener des politiques inefficaces pour des raisons politiciennes, de prendre en compte la réalité énergétique et de privilégier des solutions pragmatiques qui ne vont pas à l’encontre de l’épanouissement humain et de la prospérité.
La thèse résumée est que la transition ne peut pas être rigide, univoque et simpliste, qu’il n’y a pas une seule recette et que sa réussite repose sur un aspect multidimensionnel.
Un récit dominant trompeur et simpliste
Depuis plus d’une décennie, la plupart des médias, des institutions et des politiques reprennent un récit dominant sur les politiques énergétiques et climatiques.
Le monde va s’électrifier rapidement, l’éolien et le solaire vont se déployer sans limites, le pétrole, le gaz naturel et le charbon vont atteindre ou ont même déjà atteint un « pic » avant de décliner. L’objectif de limiter le réchauffement à 1,5°C est toujours à portée de main pour peu que les gouvernements et les investisseurs alignent leurs actions sur les directives issues des injonctions des COP successives, des institutions internationales, des ONG et des partis écologistes.
C’est une vision qui, on peut le regretter, n’a rien à voir avec la réalité énergétique et mène à l’échec et l’appauvrissement. On peut déjà le mesurer en Europe avec sa désindustrialisation et son appauvrissement relatif face à l’Amérique du Nord et une bonne partie de l’Asie.
L’étude de S&P Global Energy réalisée en collaboration avec l’Institute of Energy Economics du Japon présente …