À force de suivre aveuglément le dogme allemand de sortie du nucléaire, et son remplacement par des éoliennes et des panneaux solaires, l’Europe s’est enfermée dans une impasse énergétique ruineuse, instable et destructrice. Pendant que certains pays font marche arrière, la France persiste — au prix de son économie, de sa souveraineté et de son avenir.L’histoire jugera sévèrement ces deux dernières décennies. Rarement une erreur stratégique aura été aussi longue, aussi coûteuse et aussi obstinément poursuivie. Sous l’influence de l’idéologie allemande issue de l’Energiewende, relayée par les partis socialistes et les Verts, l’Europe a méthodiquement saboté l’un de ses plus grands atouts : une électricité nucléaire pilotable, abondante et décarbonée. À la place, elle a choisi l’intermittence. Elle a choisi la dépendance. Elle a choisi le renoncement. Car il faut appeler les choses par leur nom :Substituer des éoliennes et des panneaux solaires dépendants du vent et du soleil à une production stable n’est pas une transition énergétique, c’est une régression industrielle. Un système électrique ne se pilote pas avec des aléas météorologiques. Le résultat est désormais sous nos yeux : explosion des coûts, fragilisation des réseaux, dépendance accrue aux importations fossiles — notamment du gaz, et même du charbon pour l’Allemagne — et désindustrialisation accélérée. L’Europe a perdu plus de vingt ans dans une fuite en avant technocratique dont elle commence à peine à mesurer les conséquences. Et voici que le réel revient frapper à la porte. La Belgique, longtemps engagée dans la sortie du nucléaire, vient d’opérer un spectaculaire revirement à 180°:Le gouvernement dirigé par Bart De Wever a décidé non seulement de suspendre immédiatement le démantèlement des réacteurs, mais aussi d’envisager la reprise complète du parc nucléaire exploité par Engie. Les centrales nucléaires de Doel et de Tihange redeviennent ainsi des actifs stratégiques. (1) Ce retournement n’est pas idéologique. Il est pragmatique. Il repose sur une évidence : aucune économie moderne ne peut fonctionner durablement avec une énergie intermittente comme socle. Mais il y a plus grave encore — et largement passé sous silence.Cette fuite vers les énergies intermittentes impose un bouleversement colossal du réseau électrique lui-même. Pour compenser une production dispersée, instable et imprévisible, il faut reconstruire un maillage gigantesque de lignes, de postes et d’infrastructures. RTE vient d’en donner une illustration saisissante : 85 000 pylônes à remplacer d’ici 2040, pour un coût de 24 milliards d’euros. Et ce n’est qu’un début. Le plan global de transformation du réseau approche les 100 milliards d’euros. (2) Autrement dit : on paie deux fois. Une première fois pour financer l’intermittence. Une seconde fois pour tenter d’en corriger les effets. Pendant que nos voisins rectifient leurs erreurs, que fait la France ? Elle persiste.La Programmation pluriannuelle de l’énergie — la PPE 3 — en est le symbole le plus inquiétant. Combattue par la Fédération Environnement Durable et de nombreuses associations, elle organise méthodiquement la marginalisation du nucléaire au profit d’un modèle instable et ruineux. Elle entérine une vision où la France, deviendrait dépendante et vulnérable. C’est une faute historique.Car la France n’avait pas seulement une avance. Elle avait un modèle. Un système électrique parmi les plus performants au monde, capable de produire massivement une électricité décarbonée, pilotable et compétitive. En l’abandonnant, elle ne se contente pas de se tirer une balle dans le pied : elle compromet durablement sa souveraineté énergétique et sa compétitivité économique. Et pour quoi ? |
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2 réponses
L’objectif (ou plutôt la croyance) du gouvernement est d’électrifier les usages pour réduire notre dépendance aux énergies fossiles. Cela passe essentiellement par l’abandon progressif des voitures thermiques au profit des voitures électriques et aussi par le chauffage électrique.
D’où une anticipation à court/moyen terme d’une augmentation de la demande d’électricité et la PPE 3 qui fait la part belle à la poursuite du développement de l’éolien et du solaire parce-que la loi de transition énergétique de 2015 limite le nucléaire à 63GW et que le délai de construction d’une centrale nucléaire est très long.
Le problème, c’est qu’en dehors des (désormais rares) périodes de froid hivernal marqué, la consommation électrique nationale est bien inférieure à la production, et que le développement de la VE est beaucoup moins rapide qu’escompté par le gouvernement et donc la PPE 3 aggrave le problème de surproduction ! Quant au développement du chauffage électrique (pompe à chaleur), ça ne me parait pas forcément judicieux, vu que ça augmentera fortement la consommation électrique en période hivernale où l’on est déjà un peu shorts.
N’oublions pas le coût faramineux du développement des réseaux électriques, qui devront se mettre en capacité d’assurer la consommation de pointe. A défaut, les Tesla resteront en rade faute de capacité de recharge les jours de grands départs.
A moins que l’objectif ne soit celui du mage Jancovici (le singe savant) qui prévoit carrément des quotas de déplacements voire des assignations à résidence pour les habitants de notre pays que lui et ses copains écolos-béats auront rendu misérables au nom du sauvetage de la planète.