Dépenses publiques : l’ADEME a désormais une académie de la transition écologique

(Par  dans BV du 

Comme il n’y a rien tel que le ludique lorsque la société infantilise les citoyens, l’académie propose des « jeux ».

L’ADEME – la célèbre, la prestigieuse Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie – se décline en de nombreux sites. Outre le site www.ademe.fr, on trouve

  • agirpourlatransition.ademe.fr
  • librairie.ademe.fr,
  • infos.ademe.fr
  • recherche.ademe.fr
  • mtaterre.fr

.

… et en voilà un septième : academie.ademe.fr ! Quand on sait que, d’après les chiffres de l’ADEME elle-même, le numérique représentait, en 2020, « 2,5 % de l’empreinte carbone de la France, soit l’équivalent du secteur des déchets », on s’inquiète de cette prolifération.

Il faut croire que la planète compte peu, dès lors qu’il s’agit de promouvoir l’idéologie officielle sur la transition écologique… Et, à vrai dire, le nouveau site academie.ademe remplace l’ancien formation.ademe.

« Formation » : un mot assez rébarbatif. « Académie » est plus prestigieux ! Quel Français est imperméable au prestige de l’Académie où, justement, on porte le vert ? Académie des neuf, Star Academy… Qui n’aurait envie de devenir académicien de l’ADEME ? Sont concernés les salariés, les élus, les profs « ainsi que le grand public ».

Des « jeux » technocratiques

Comme il n’y a rien de tel que le ludique, surtout lorsque la société tend à infantiliser les citoyens, le site propose « fresques, ateliers, jeux… ».

Les passionnés de travaux pourront ainsi se confronter aux défis de la construction

« L’atelier plonge les participants dans un projet de construction où chaque choix influe sur l’empreinte carbone, la gestion des ressources et la résilience du bâtiment. » 

Disons-le tout de suite : le dispositif n’est pas intuitif du tout, il faut télécharger puis imprimer les cartes et les pions – une véritable incitation à la déforestation, conçue par des techno-bureaucrates ! La bonne vieille acquisition de maisons et d’hôtels, façon Monopoly™, est capitaliste, certes, mais tellement plus divertissante.

Autre outil, le test de l’empreinte carbone. Il peut être individuel ou collectif (on anticipe l’élection de Mélenchon et la création de kommounalka, les appartements communautaires ?). J’ai testé : mes émissions annuelles de carbone s’élèvent à 8,5 tonnes de CO2 par an. Sachant que l’objectif est de « 2T de CO2 par personne en 2050 », il va falloir faire quelques efforts… Peut-être, grâce au dispositif MaPrimeRénov’, en recouvrant mon logement de ces fameux panneaux isolants qui arrivent à vous enlaidir un pavillon de banlieue déjà pas très joli ?

Mieux que les réunions Tupperware et les clubs de lecture, les « conversations carbone », une activité proposée l’académie de l’ADEME.

Les nouveaux pauvres s’appellent « flexitariens »

Au même moment, l’ADEME publie le « Baromètre Greenflex-ADEME de la consommation responsable 2026 ». Globalement, le bourrage de crâne fonctionne. Il reste quelques réfractaires, que nous mentionnerons ici par souci des minorités.

À la proposition « Je vois bien le lien entre mes choix de consommation et l’avenir de la planète », 15 % des personnes interrogées se disent « agacées » et répondent qu’elles n’ont pas envie de changer leur façon de consommer.

Selon le même baromètre, dans les sept priorités des Français, l’environnement arrive à l’avant-dernière place, loin derrière la santé, le coût de la vie ou la sécurité.

Et s’il y a une raison de changer sa consommation, elle est dans le coût de la vie. Les consommateurs réguliers de viande et poisson baissent et deviennent des « flexitariens », définis par la consommation de « 2 portions de viande ou poisson par semaine environ ou moins » : des nouveaux pauvres, en fait.

Pauvre, l’ADEME ne l’est pas, elle, avec la gestion de neuf milliards annuels d’argent public. L’ADEME, c’est l’enterrement des slips dans le potager (2020, mais la chose a toujours cours), c’est le lavage du jean porté trente fois (2025)…

Au sujet de la lessive, le président de l’ADEME avait dû expliquer que tout ça, c’était manière de dire, et admettre qu’il n’y avait pas eu « d’étude spécifique » pour produire le document en question ! Espérons que le site academie.ademe sera plus fiable, à défaut d’être établi sur des bases scientifiques.

Interrogée par BV sur le coût de création du site, le budget de fonctionnement et l’empreinte carbone de son « Académie », l’ADEME ne nous a pas encore répondu.

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Une réponse

  1. J’imagine que les termes « célèbre » et « prestigieux » attribués à l’ADEME sont ironiques…
    On ne parlera jamais assez des monstrueux dégâts économiques et sociaux dont cette agence s’est rendue responsable.
    Celebre et prestigieux… On rit jaune…

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