Annoncée début août 2026 par la nouvelle majorité de l’agglomération, cette évolution intervient six ans après l’inauguration officielle du dispositif par Emmanuel Macron, aux côtés de François Bayrou, alors maire de la ville.
Le projet avait été présenté comme une vitrine de la mobilité décarbonée. Mais les pannes répétées de la station de production d’hydrogène, la faillite du constructeur belge Van Hool et les difficultés croissantes d’entretien ont conduit le syndicat des mobilités à préparer un renouvellement anticipé de la flotte.
Les huit bus et leur dispositif hydrogène ont représenté un investissement de 13 millions d’euros, distinct du coût global de la ligne, selon Franceinfo, qui parle d’un « fiasco ».
Une technologie fragilisée par les pannes
Les Fébus relient la gare de Pau à l’hôpital François-Mitterrand. Lancés en décembre 2019 et inaugurés par Emmanuel Macron en 2020, ils étaient conçus pour proposer un service silencieux, sans émissions à l’échappement et adapté à une ligne à haut niveau de service. Le projet avait alors placé Pau parmi les collectivités pionnières sur l’hydrogène appliqué aux transports urbains.
La station locale, qui produit et distribue l’hydrogène nécessaire aux véhicules, est devenue le principal point de fragilité du système. Lors de ses pannes, la collectivité doit faire acheminer par camion de l’hydrogène produit dans d’autres régions, une solution qui affaiblit l’argument environnemental initial, selon Le Figaro.
Arnaud Jacottin, président de Pau Béarn Pyrénées Mobilités et maire de Billère, décrit une situation devenue difficile à soutenir. « Le prestataire qui assurait la maintenance a dénoncé le contrat, estimant que les conditions économiques avaient changé.
Il ne souhaitait plus assurer la maintenance, ou alors avec un tarif multiplié par trois ou quatre.
« Aujourd’hui, on est dans une impasse concernant l’hydrogène », explique-t-il.
La faillite de Van Hool complique l’entretien
L’arrêt des bus n’est pas immédiat, mais leur remplacement à moyen terme est désormais envisagé. La faillite de Van Hool en 2024 a limité l’accès aux pièces détachées nécessaires à l’entretien d’une flotte fabriquée en faible série. Malgré un stock constitué par les équipes d’Idélis, deux des huit Fébus ne sont plus en état de circuler.
Philippe Castagno, secrétaire général CGT STAP Idélis, résume les conséquences de cette situation :
« Ça a posé problème en matière de pièces détachées, de réapprovisionnement. Ce sont des véhicules qui n’ont pas été fabriqués en série, qui sont plus de l’ordre de prototype. Donc, c’est plus compliqué, beaucoup plus long pour avoir des pièces détachées. »
Pour les élus actuels, le cumul des difficultés techniques et contractuelles impose donc d’anticiper.
« À moyen terme, on n’aura pas d’autre choix. On va aller vers l’électrique et vers l’hybride », affirme Arnaud Jacottin.
Le coût précis de ce renouvellement n’a pas encore été communiqué, mais il représentera plusieurs millions d’euros supplémentaires.
Un bilan qui divise encore à Pau
La décision ne fait toutefois pas consensus. Certains usagers défendent un service jugé discret et agréable en centre-ville. Une habitante interrogée par Franceinfo estime ainsi que ces véhicules sont « super bien pour la population et pour le bien de l’environnement ». Une autre souligne leur faible nuisance sonore.
François Bayrou, à l’origine du projet, conteste le diagnostic de la nouvelle majorité.
« C’est une folie absolue. Ces bus-là ont transporté 14 millions de personnes et fait 2 millions de kilomètres en 6 ans. Et ils marchent parfaitement. Et on veut démolir ça ? », a-t-il réagi.
Pour Arnaud Jacottin, le débat ne porte pas sur l’objectif de décarbonation mais sur l’adéquation de la technologie au réseau local.
« Le modèle tout hydrogène était un pari, c’est un pari qui a été perdu », juge-t-il.
Pau conserve ainsi sa ligne Fébus, mais prépare le passage à une motorisation électrique et hybride plus facilement maintenable.