Var : des associations environnementales menacent de bloquer les débroussaillements prévus contre les incendies

Le représentant de l’État met en avant un dispositif qu’il juge indispensable à la protection des habitants, des biens et des secours dans un département fortement exposé aux feux de végétation. Les associations concernées assurent de leur côté ne pas remettre en cause le principe du débroussaillement, mais réclamer une meilleure prise en compte des espèces protégées.

Un appel du préfet au cœur du Var

Lors de cet échange avec des exploitants sinistrés, Simon Babre a souligné que les obligations légales de débroussaillement restaient « insuffisamment mises en œuvre ». Il a alors publiquement évoqué les recours engagés contre l’arrêté préfectoral du 26 septembre 2025, qui encadre ces règles dans le Var.

« Je leur demande solennellement de les retirer afin que nous puissions travailler sereinement », a déclaré le préfet, selon Nice-Matin.

L’arrêté s’applique aux 153 communes varoises. Il prévoit notamment des travaux de réduction de la végétation combustible autour des constructions proches des massifs forestiers, des bois, du maquis ou des garrigues. Hors zones urbaines, l’obligation porte généralement sur une profondeur de 50 mètres autour des habitations.

Un outil de prévention face aux incendies.

Le débroussaillement ne signifie pas transformer les terrains en espaces nus. Il vise à réduire la continuité et la densité de la végétation inflammable, afin de ralentir le feu et de limiter son intensité aux abords des logements.

Dans les secteurs soumis aux obligations légales de débroussaillement, la règle générale concerne les propriétés situées dans ou à moins de 200 mètres de zones naturelles exposées au risque de feu. Elle peut aussi s’étendre aux voies privées d’accès, afin de faciliter l’intervention des sapeurs-pompiers. La préfecture du Var rappelle que cette mesure constitue une protection essentielle pour les personnes, les habitations et les équipes de secours sur son site.

À l’échelle nationale, ces obligations existent depuis plusieurs décennies et ont été renforcées par les évolutions réglementaires récentes. Selon Les Échos, elles concernent 6 millions d’hectares répartis dans 7.500 communes. Le quotidien souligne toutefois que seules 30% des zones concernées seraient correctement débroussaillées, d’après les données citées de l’Office national des forêts.

La biodiversité au centre des recours

Les recours contre l’arrêté varois ont notamment été déposés par la LPO Provence-Alpes-Côte d’Azur et la Station d’observation et de protection des tortues et de leurs milieux, la SOPTOM. Les deux associations déclarent ne pas contester la nécessité de prévenir les incendies.

Elles demandent cependant que les règles locales intègrent davantage de garanties pour des espèces protégées, dont la tortue d’Hermann, la pie-grièche méridionale et la pie-grièche à tête rousse. Leur position porte sur les modalités des interventions, notamment lorsque les travaux sont susceptibles d’affecter des habitats ou des espèces sensibles.

Le débat ne porte donc pas seulement sur l’utilité du débroussaillement, mais aussi sur les conditions de sa mise en œuvre. Les autorités défendent une application rapide et claire des obligations, tandis que les associations demandent un cadre conciliant prévention des incendies et respect du droit de l’environnement.

Une conciliation attendue sur le terrain

Pour l’État, le contentieux risque de compliquer la mobilisation autour d’une mesure de prévention présentée comme éprouvée, alors que les incendies rappellent régulièrement la vulnérabilité du Var. Le préfet souhaite que les recours soient retirés pour permettre l’application de l’arrêté sans incertitude juridique.

Les associations, elles, plaident pour une adaptation des travaux aux réalités écologiques locales. Cette approche ne remet pas en cause le traitement de la végétation autour des habitations, mais vise à éviter que des opérations menées sans précautions suffisantes ne fragilisent certaines populations animales protégées.

La suite dépendra des échanges entre l’État, les collectivités, les propriétaires et les associations requérantes. L’enjeu est d’assurer le respect effectif des obligations légales de débroussaillement tout en intégrant les mesures de protection nécessaires dans un territoire où risque incendie et biodiversité sont étroitement liés.

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