La réalité géopolitique a mis fin à la ruée vers les énergies renouvelables

Le monde renonce discrètement à l’illusion selon laquelle les énergies renouvelables pourraient, à elles seules, garantir la sécurité énergétique.

Le conflit en Iran a mis en lumière la vulnérabilité persistante de l’économie mondiale aux perturbations des chaînes d’approvisionnement en combustibles fossiles. La moindre perturbation dans le détroit d’Ormuz se répercute rapidement sur les prix mondiaux des carburants, l’inflation et le coût de l’énergie aux quatre coins du monde.

Pendant des années, les gouvernements occidentaux ont encouragé une décarbonation accélérée et une transition visant à sortir du pétrole et du gaz. Mais la situation en Iran et les ruptures d’approvisionnement ont montré combien cette transition était difficile à mener. Les pays se tournent une nouvelle fois vers des producteurs stables, capables de leur assurer des approvisionnements fiables en combustibles fossiles.

Le pétrole redevient une ressource précieuse, et les producteurs en tirent profit.

Le Canada ne fait pas exception. La flambée des cours mondiaux du pétrole, le développement des infrastructures d’exportation, notamment avec l’oléoduc Trans Mountain, ainsi que le rapprochement sur la fiscalité carbone et la politique énergétique entre le gouvernement central et la province de l’Alberta, riche en hydrocarbures, contribuent à relancer la croissance du secteur pétrolier canadien et à restaurer la confiance des investisseurs. Des revenus exceptionnels considérables et des flux de trésorerie disponibles sans précédent affluent dans le secteur.

À mesure que les tensions géopolitiques s’exacerbent, les immenses réserves du Canada, sa stabilité politique et l’accord conclu entre Ottawa et l’Alberta prennent une importance croissante, renforçant l’attrait du Canada pour les investissements à long terme. Le pays possède les troisièmes réserves prouvées de pétrole au monde, derrière le Venezuela et l’Arabie saoudite.

Le mouvement dépasse largement les frontières du Canada.

Aux États-Unis, les compagnies pétrolières accélèrent leur production tandis que la remontée des prix ravive les inquiétudes liées à la sécurité énergétique. Des entreprises comme Diamondback Energy et Continental Resources étendent leurs activités de forage.

Harold Hamm, figure chevronnée de l’industrie pétrolière et propriétaire de Continental, a déclaré au Financial Times qu’il comptait augmenter ses dépenses d’investissement d’environ 300 millions de dollars pour les porter à 2,8 milliards de dollars en 2026, sous l’effet de la hausse des prix du pétrole.

« Nous ne nous attendons pas à ce que les prix reviennent aux niveaux qu’ils atteignaient avant la guerre contre l’Iran », a-t-il laissé entendre.

Le retournement est spectaculaire. Plus tôt cette année, Continental prévoyait de suspendre tout nouveau forage dans le Dakota du Nord, le prix du pétrole étant tombé sous les 60 dollars le baril. Harold Hamm est désormais en train de revoir cette décision.

La faiblesse des cours du pétrole en début d’année avait entraîné un recul de la production américaine de pétrole brut, qui était tombée à 13,53 millions de barils par jour au premier trimestre, selon l’Energy Information Administration des États-Unis. Mais l’envolée des prix devrait désormais porter la production à un niveau record de 14,21 millions de barils par jour d’ici à la fin de l’année prochaine.

Même la Norvège, pourtant l’un des plus fervents défenseurs au monde d’une politique climatique ambitieuse et des énergies renouvelables, augmente de nouveau sa production de combustibles fossiles. Oslo prévoit de rouvrir d’ici à 2028 trois gisements gaziers de la mer du Nord — Albuskjell, Vest Ekofisk et Tommeliten Gamma — près de trois décennies après leur fermeture.

« Nous allons développer l’activité sur notre plateau continental, et non la démanteler », a récemment déclaré le ministre norvégien de l’Énergie, Terje Aasland.

Equinor, le géant norvégien de l’énergie détenu par l’État, prévoit d’investir 6 milliards de dollars par an jusqu’en 2035 afin de maintenir ses niveaux de production et d’empêcher tout déclin de celle-ci.

Au premier trimestre, la Norvège a produit 2,31 millions de barils équivalent pétrole par jour, soit près de 9 % de plus qu’au cours de la même période l’an dernier.

Ses détracteurs estiment que cette politique compromet les objectifs climatiques du pays et retarde la transition de l’Europe hors des combustibles fossiles. Lars Haltbrekken, du Parti socialiste norvégien, a condamné cette décision, la qualifiant de « verdissement de façade de bout en bout ».

Mais la crise iranienne a révélé à quel point le monde reste profondément dépendant des combustibles fossiles. Les gouvernements se tournent une nouvelle fois vers des producteurs fiables pour préserver leurs économies.

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2 réponses

  1. Il ne faut pas oublier que le pétrole n’est pas seulement une source de carburants indispensables pour les transports ( terrestres ou aériens) et que sa disponibilité conditionne aussi les activités de la chimie, de la pharmacie et de nombreux domaines qui péricliteraient si l’on en arrêtait la recherche et la production.

  2. Comme écrire sans rire que la Norvège est  » l’un des plus fervents défenseurs au monde d’une politique climatique ambitieuse. » Ou bien il faut préciser chez les autres.
    Seuls des socialistes incultes (pléonasme), quand ils sont au pouvoir, privent leur propre population des ressources énergétiques de leur sous-sol au profit des escrocs des renouvelables.
    C’est le cas en Australie et aussi en France.

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