(Par Reinhard Werner
Technologies chinoises au sein de l’UE – Depuis début avril 2026, l’UE a suspendu le financement de certains projets énergétiques. La Banque européenne d’investissement (BEI) n’est donc plus autorisée à financer des projets dans lesquels sont installés des onduleurs provenant de fournisseurs dits « à risque ». Selon les responsables de la Commission, il s’agit de fournisseurs originaires de Chine, de la Fédération de Russie, d’Iran et de Corée du Nord.
Ces restrictions s’appliquent dès à présent aux nouveaux projets. Les projets déjà en cours doivent respecter certaines périodes de transition. Sont principalement concernés les fournisseurs chinois tels que Huawei, Sungrow, Ginlong (Solis) ou Growatt. Les deux premiers, en particulier, détiennent actuellement une part de marché considérable dans l’UE. Selon un article du Spiegel, leurs onduleurs étaient installés dans presque tous les projets solaires ayant bénéficié de subventions de la BEI en 2025, soit environ un cinquième d’entre eux.
L’UE souhaite également retirer les onduleurs à risque des réseaux électriques connectés
Les institutions financières ont désormais jusqu’au début du mois de mai pour signaler leurs projets en cours à la Commission. Dans la mesure du possible, les onduleurs chinois devront être remplacés. Cette décision étant considérée comme sensible, la Commission ne l’a pas annoncée à l’avance.
Cette exigence ne s’appliquera pas seulement au sein de l’UE, mais aussi dans les régions voisines raccordées au réseau électrique européen. Cela concerne notamment certaines parties de l’Afrique du Nord et des Balkans.
Les onduleurs constituent l’élément de commande central des installations photovoltaïques et des systèmes de stockage par batterie. Ils transforment le courant continu en courant alternatif compatible avec le réseau et régulent l’injection dans le réseau électrique. Ils servent également à surveiller les tensions et les fréquences et jouent un rôle essentiel dans la mise hors tension en cas de dysfonctionnement.
Les onduleurs constituent ainsi des interfaces critiques entre la production d’énergie et le réseau électrique. Les appareils modernes sont en outre connectés à Internet. Les informations sont stockées dans le cloud, ils reçoivent des mises à jour et un accès à distance aux appareils est possible. Les onduleurs deviennent ainsi un élément central des réseaux électriques intelligents, appelés « réseaux intelligents » (smart grids).
Des tests confirment le risque théorique de manipulation des onduleurs
Du point de vue de la Commission européenne, ce sont précisément ces possibilités qui créent un risque considérable de piratage. Ses propres conclusions et les « preuves suffisantes » fournies par les services de renseignement des États membres viennent étayer ce point de vue. Selon un fonctionnaire européen cité par l’AFP, certains pays tiers seraient « en mesure de compromettre nos infrastructures critiques à l’aide des onduleurs, notamment en provoquant d’éventuelles coupures de courant ».
Certes, aucune attaque majeure réelle n’a été constatée à ce jour qui aurait corroboré cette estimation. Toutefois, les risques sont considérés comme théoriquement plausibles et auraient également été démontrés sur le plan technique. Des pays tiers pourraient par exemple déstabiliser les infrastructures énergétiques en obtenant l’accès à des onduleurs connectés à Internet.
Grâce à des failles de sécurité et à des systèmes compromis, ceux-ci pourraient être contrôlés, ralentis ou mis hors service à distance. Il serait également possible de provoquer une instabilité du réseau en manipulant simultanément plusieurs installations. De plus, des tests auraient démontré la possibilité de perturber des capteurs par des fréquences radio.
Les exigences de l’UE entraînent des surcoûts et des retards dans les projets
Ces attaques dites « EMI » (interférences électromagnétiques) pourraient entraîner des mesures erronées, des coupures et d’autres dommages. Des études, notamment des analyses sectorielles, mettent en garde contre des risques systémiques tels que la mise hors tension simultanée de grandes puissances photovoltaïques. En raison d’effets en cascade, cela pourrait contribuer à des perturbations du réseau, voire à un véritable black-out.
De plus, le maintien du statu quo renforcerait la dépendance vis-à-vis des fabricants chinois et mettrait en péril la sécurité d’approvisionnement à long terme. Plusieurs centaines de gigawatts de puissance sont installés en Allemagne à l’aide de technologies chinoises. Les interdictions visant les technologies provenant de Russie, d’Iran et de Corée du Nord ont en revanche une fonction géopolitique et préventive ; les parts de marché de ces pays dans le domaine des onduleurs sont faibles, voire inexistantes.
La Commission envisage comme alternative un renforcement des chaînes d’approvisionnement au sein même de la Communauté des États. Les États-Unis, le Japon, la Corée du Sud ou la Suisse pourraient également être envisagés comme partenaires dans le domaine de la diversification et de la garantie de la souveraineté technologique. À court terme, les projets touchés par une suspension des subventions risquent toutefois d’être confrontés dans un premier temps à des coûts de réorganisation considérables et à des retards.
Une réponse
Il est donc stratégique de pouvoir suspendre volontairement tout apport d’électricité d’origine continue (solaire ou éolienne) lorsqu’un risque d’affrontement existe avec un pays capable de manipuler les onduleurs.
Ce qui veut dire que la capacité de production alternative (nucléaire, hydraulique, géothermique, centrales à gaz…) doit être capable de suffire. (Ce qui est déjà le cas pour des périodes sans vent et sans soleil)
En gros, les panneaux solaires et les éoliennes ne servent qu’à économiser un peu d’uranium, en temps de paix certaine.