DPE : le grand sabotage du logement au nom de l’écologie

Le diagnostic de performance énergétique (DPE), rendu obligatoire en 2021 au nom de la lutte contre le dérèglement climatique et la « justice sociale », a eu des effets si dévastateurs sur le marché du logement que le gouvernement a décidé de l’assouplir fin avril. Près de 1,4 million de logements classés F ou G pourront être remis en location, à condition que les propriétaires réalisent des travaux dans les trois ans.

Dans une publication sur X, Bertrand Moine, entrepreneur dans l’immobilier, confirme la catastrophe en cours à partir des données de Demandes de Valeurs Foncières (DVF), l’ADEME, le service statistique des ministères en charge du logement (SDES), SeLoger et Locktracker. Entre juillet 2021 et janvier 2026, le stock locatif s’est effondré dans des villes comme Paris, Lyon, Bordeaux, Nice ou encore Lille. Chaque nouvelle réforme ou interdiction a accéléré la pénurie : les logements classés F ou G représentent une part non négligeable du marché immobilier – 5,4 millions en janvier 2025 selon le SDES, soit 1 logement sur 6 menacé d’interdiction de location d’ici 2034. Ce sont les départements ruraux du centre de la France qui sont les plus touchés et qui comptent jusqu’à 40 % de logements F et G, contre moins de 12 % pour les littoraux atlantiques. Le neuf ne permet pas de compenser : seulement 65 000 logements ont été vendus à des particuliers en 2025 – le plus bas niveau depuis les années 90.

L’étendue de la supercherie réside probablement dans le point suivant : un même bâtiment peut obtenir quatre notes différentes selon le pays (E en France, C en Allemagne, D au Royaume-Uni et B aux Pays-Bas), et la France est le plus coercitif en la matière. C’est aussi celui dans lequel le performance gap (la différence entre la consommation réelle et la consommation prédite) est le plus grand, avec un écart de 27 % (24 % en Autriche, 21 % aux Pays-Bas et 17 % au Danemark). Tout cela ne permet même pas de remplir les objectifs européens, avec un écart estimé à 10,4 kWhEP/m² (kilowattheure d’énergie primaire par mètre carré et par an) en 2030, et de 8,4 kWhEP/m² en 2035. Des objectifs qui reposent sur une méthode très critiquée puisqu’ils sont définis par rapport à la consommation moyenne d’énergie primaire (avec une surpondération d’un coefficient 1,9 depuis 2026), et non sur l’énergie finale réellement consommée par le logement. Le DPE pénalise donc artificiellement les logements chauffés à l’électricité, alors qu’ils émettent souvent moins de CO2 qu’un logement chauffé au gaz ou au fioul.

Le gouvernement reconnaît désormais implicitement l’échec du dispositif en l’assouplissant partiellement. Reste à savoir combien de dégâts supplémentaires il faudra encore avant de l’abroger purement et simplement.

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