Pétrole d’outre-mer : un communiste accuse la gauche et le centre de « colonialisme vert »

Y a-t-il du pétrole dans nos territoires d’outre-mer ? Nous ne le saurons pas prochainement, et peut-être jamais.

La loi Hulot du 30 décembre 2017 avait interdit, non seulement l’exploitation, mais aussi la recherche de pétrole sur la totalité du territoire national.

Début 2025, pourtant, Manuel Valls, alors ministre de l’Outre-mer, s’était déclaré favorable à une reprise des recherches en Guyane. L’idée a fait son chemin depuis, si bien que le 21 janvier 2026 au Sénat,

« la commission des affaires économiques, suivant l’avis de son rapporteur, Vincent Louault, a adopté la proposition de loi visant à lever, dans les territoires d’outre-mer, l’interdiction de recherche, d’exploration et d’exploitation des hydrocarbures ».

Le texte est donc parti pour examen à l’Assemblée nationale, soutenu par des députés ultramarins, mais aussi par la droite, et notamment le groupe Rassemblement national.

Pour la Guyane, Mayotte, et toute la France

Dans l’avant-propos de son texte, le rapporteur de la proposition de loi, le député communiste guyanais Jean-Victor Castor (groupe Gauche démocrate et républicaine, GDR), a fait remarquer que

contrairement à la France, « le Royaume-Uni, l’Italie et la Grèce, ont continué à accorder de nouvelles licences d’exploitation ».

Mais surtout, il a rappelé que cela a aussi été le cas

« en Amérique du Sud et en Afrique, où plusieurs État ont multiplié les prospections en mer, à l’image du Guyana, du Suriname et du Nordeste du Brésil ou encore du Mozambique, où de très importantes réserves de gaz ont été découvertes dans les années 2010 ».

Or, pour qui connaît un peu sa géographie,

« Mayotte et une partie des îles Éparses se situent dans le canal du Mozambique, tandis que la Guyane est frontalière, au nord, du Suriname et, au sud, du Brésil », a-t-il ajouté, estimant que cette proximité vaut probabilité de pétrole.

La reprise de recherches d’hydrocarbure se justifierait d’autant plus que

« la Guyane, Mayotte et plus largement les territoires d’outre-mer demeurent confrontés à d’importants défis économiques, sociaux et infrastructurels nécessitant des moyens considérables pour répondre aux besoins de leurs populations ».

Et pour le député,

« la levée de l’interdiction de recherche et d’exploitation des hydrocarbures doterait les élus ultramarins d’un important levier de développement », lequel profiterait plus généralement à la France, dont « la production pétrolière […] ne représente que 1 % de sa consommation ».

Un débat à front renversé

Jean-Victor Castor espérait sans doute rallier à sa cause ses amis politiques de la gauche de l’Hémicycle. Mais quelle ne fut pas sa surprise de constater que s’est finalement engagé un débat à front renversé, miné à gauche par des considérations purement idéologiques sur le caractère anti-écologique d’une telle mesure.

Quant au groupe des députés Horizons, il a lui aussi fait faux bond, refusant de revenir sur une loi Hulot adoptée alors qu’Édouard Philippe était à Matignon.

Seule la droite a effectivement soutenu le texte, et principalement le groupe RN qui – une fois n’est pas coutume – a fait bloc pour soutenir un député communiste guyanais, prouvant une fois encore que le sectarisme n’est pas une valeur de droite.

Tout penaud, le ministre de la Transition écologique Monique Barbut, militante anti-pétrole notoire, s’est défendu d’avoir saboté le texte :

« Vous ne pouvez pas dire que nous avons tout imposé depuis Paris […] Je continuerai à me battre pour toutes les possibilités de développement que nous avons en Guyane », a-t-elle déclaré, sans guère provoquer l’enthousiasme.

L’écologie punitive, spécialité de gauche, aura donc pour une fois puni un texte venu de la gauche, et puni aussi des populations ultramarines qui risquent fort d’attribuer ce sale coup à la Métropole.

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4 réponses

    1. Mais c’est vrai , que compte tenu des délais entre études géologiques , prospections sismiques , prospections par forages et mise éventuelle en production , il se passe des années, voire des dizaines : mais pour faire plaisir à Jean-Victor Castor et mettre les écolos d’ici et de là-bas au boulot, il vaudrait peut-être mieux démarrer tout ceci , avant que les compagnies chinoises, russes, indiennes ou iraniennes s’emparent des travaux

      1. Des dizaines d’années, n’exagérons pas. En général entre 5 et 10 ans, ça dépend de l’avancement des études géologiques et géophysiques, du budget, et aussi des possibilités de raccordement à des infrastructures existantes (oléoduc, centre de stockage, raffinerie…) en l’occurrence au Suriname.

  1. @Desman31
    Peut-être que les écolos regardent plus loin que nous. Il a fallu des millions, voire des dizaines de millions d’années pour sédimenter , fossiliser et transformer la matière organique en pétrole dont nous avons brûlé la moitié en un siècle ( voir ASPO France le site de mon ancien patron Jean Laherrère) et atteint le pic oil que l’on transformera peut-être en plateau si on arrête de fabriquer des panneaux solaires et des éoliennes en brûlant du charbon et du pétrole
    A propos du Suriname, il faut regarder son voisin le Vénézuela , et ses grosses réserves; mais il ne faut pas oublier qu’il y a pétrole et pétrole et que son extraction et exploitation coûtera certainement beaucoup plus cher à l’avenir

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