En matière de politique énergétique, le gouvernement Lecornu n’a cessé depuis des mois de désinformer les Français. Il manipule les chiffres et la réalité pour défendre une stratégie qui va délibérément à l’encontre de l’intérêt général au bénéfice de quelques lobbys économiques et idéologiques.
Dernier exemple en date, la promesse que la facture d’ électricité n’allait pas augmenter. Elle va bien augmenter, de 2,5% au 1er août, et ce n’est qu’un début.
Comment peut-on clamer sans cesse qu’on veut promouvoir l’électricité et l’électrification des usages au nom de la souveraineté du pays et de la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre et dans le même temps mener une politique qui ne peut que renchérir, sans cesse, le coût de l’électricité…
Le gouvernement Lecornu s’y était formellement engagé en décembre dernier. Le prix de l’électricité n’allait pas augmenter pour les Français. Le ministère de l’Economie et de l’ Énergie, Roland Lescure, affirmait alors à l’AFP que
« les prix des factures devraient être stables au moins en 2026 et en 2027 » pour les Français ayant souscrit aux TRVE ou Tarif réglementé de vente d’électricité.
En dépit de toutes les évidences, le gouvernement continuait à affirmer deux mois plus tard que les investissements massifs… et inutiles dans les renouvelables intermittents stipulés par la PPE3 (Programmation pluriannuelle de l’ énergie version 3), promulguée par décret en février, ne coûteraient rien au consommateur.
Plus les mensonges sont gros, plus ils passent. Telle est en substance la philosophie de Roland Lescure.
Il avait ainsi expliqué publiquement le 15 février dernier que les 200 milliards d’euros d’investissements à venir d’ici 2040 dans les réseaux électriques allaient permettre d’éviter des hausses du coût de l’électricité. Problème, ces 200 milliards qui sont en partie la conséquence des décisions du gouvernement Lescure seront bien payés par les consommateurs. Et ils vont même commencer à l’être dès le 1er août.
Rappelons qu’un tiers de la facture d’électricité finance d’ores et déjà l’acheminement (transport et distribution) du courant, c’est ce qu’on appelle le TURPE ou Tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité. Et cette hausse n’est qu’un début.
Une promesse qui aura tenu à peine six mois
L’illusion d’un tarif stable de l’électricité aura en fait tenu à peine six mois. La baisse infinitésimale de 0,83% au 1er février 2026 du prix de l’électricité assurait selon l’inénarrable Roland Lescure que la volonté du gouvernement était « d’amorcer une trajectoire de baisse durable pour accélérer encore davantage l’électrification des usages ». Problème, elle est suivie au 1er août d’une hausse de l’ordre de 2,5% du TRVE. Au 31 mars 2026, le TRVE concernait pas moins de 19,37 millions de clients résidentiels…
La hausse de 2,5% reste assez limitée. Elle représente environ 26€ TTC par an pour un foyer consommant 4,5 MWh/an. Mais elle est le prélude à de nombreuses autres. Car le TURPE ne peut que cesser d’augmenter au cours des prochaines années pour permettre aux réseaux électriques de s’adapter, tant bien que mal, à la multiplication des parcs éoliens et solaires.
L’électrification des usages, un slogan
Comment peut-on clamer sans cesse qu’on veut promouvoir l’électricité et l’électrification des usages au nom de la souveraineté du pays et de la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre et dans le même temps mener une politique qui ne peut que renchérir, considérablement, le coût de l’électricité…
En pleine crise énergétique, le gouvernement a annoncé bruyamment il y a à peine trois mois un grand plan qui doit permettre d’augmenter la consommation d’électricité et réduire celle des combustibles fossiles. Roland Lescure assurait alors qu’il « n’a jamais été aussi avantageux de passer à l’électrique en France ». De qui se moque-t-on?
Il suffit juste de se pencher sur l’évolution des tarifs de l’électricité depuis 2012 dans le graphique ci-dessous mis en ligne par Grégory Lamotte, le CEO de STARVOLT. Ce n’était pas forcément l’intention de son auteur, mais il montre que le principal problème dans la flambée des prix de l’électricité depuis plus d’une décennie est le coût des réseaux qui s’explique essentiellement par la montée en puissance des renouvelables intermittents.
La taxe transport (TURPE) a presque triplé depuis 2012 (indice 100 à indice 292). Elle s’est littéralement envolée depuis 2020 en doublant quasiment en six ans (de 149 à 292). Les prix de l’ électricité proprement dite ont augmenté de 67% (indice 100 à indice 167). Dans le même temps, l’inflation a été de 26% (indice 100 à indice 126).

Poudre aux yeux
Pour justifier la hausse de 2,5% au 1er août, le gouvernement a beau jeu aujourd’hui d’expliquer qu’il ne fait que suivre les recommandations de la Commission de régulation de l’énergie (CRE). Il a ainsi indiqué qu’il
« donnera suite à la proposition de la Commission de régulation de l’énergie, qui doit notamment permettre d’investir dans le maintien de capacités de production pour la saison hivernale et l’entretien de nos réseaux publics d’électricité, dont chacun a pu mesurer l’importance lors des épisodes de chaleur extrême ».
Des arguments qui sont de la poudre aux yeux pour masquer les conséquences de la politique énergétique suivie dans ce pays depuis plus d’une décennie.
Le problème est bien celui de l’adaptation du réseau aux énergies renouvelables intermittentes qui non seulement sont éparpillées sur tout le territoire avec de petites unités de production mais qui en outre posent des problèmes croissants de fragilisation des réseaux.
Problème de stabilité des réseaux
Les productions renouvelables intermittentes, quand elles deviennent massives, déstabilisent les réseaux. La démonstration en a été faite en grandeur réelle avec le blackout du 28 avril 2025 en Espagne et au Portugal… qui a fait, rappelons-le, 147 morts en Espagne. La transition vers les renouvelables intermittents représente tout simplement le bouleversement le plus profond que connaissent les réseaux électriques depuis la multiplication des lignes à haute tension dans les années 1950-1960.
Les centrales conventionnelles, à savoir hydrauliques, nucléaires, et thermiques, offrent naturellement une inertie électro mécanique qui permet d’amortir les écarts de fréquence et de tension sur les réseaux, dans certaines limites évidemment. Elles font tourner de puissantes turbines et la rotation des rotors en acier massifs de plusieurs tonnes de ses générateurs synchrones permettent de limiter les variations de fréquences et de tensions sur les réseaux.
Les installations photovoltaïques et les éoliennes qui injectent de l’électricité dans les réseaux via des onduleurs électroniques n’apportent aucune inertie électro-mécanique. Elles ne contribuent en rien à la stabilité du réseau face aux variations de fréquences et de tensions. Et en cas de perturbations, si elles représentent une part très importante de la production, la situation devient incontrôlable. C’est exactement ce qui s’est passé en Espagne le 28 avril 2025 et a encore failli se produire le 28 janvier 2026.
Les ingénieurs et les scientifiques n’ont cessé de mettre en garde contre ce problème mais sont totalement ignorés par les politiques. Le gouvernement n’a jamais voulu prendre en compte les critiques virulentes de sa PPE3 de l’Académie des Sciences, de l’Académie des Technologies et du Haut-Commissaire à l’énergie atomique. Les Français paieront, d’une façon ou d’une autre…
Une réponse
Les promesses n’engagent que ceux qui les croient et ceux qui les font trouveront toujours une bonne excuse pour ne pas les avoir tenues!
Les gogos qui ont cru que l’électrification de tous les usages allait faire baisser les tarifs, et qui ont acheté des VE, des pompes à chaleur, et des climatiseurs ont oublié à la fois les lois du marché et la courbe de Laffer ( qui découlent du même principe). Ce qui est rare est précieux donc cher, ce qui fait baisser la demande à terme et ce que le marché traduit par une baisse des prix. Or la manip a tellement bien marché que pour faire baisser les prix, on a fait croire aux con-sommateurs que l’énergie du soleil et du vent étaient « gratuites » à condition d’installer de coûteux équipements (aux frais des mêmes), ce qui dans un premier temps ( faut pas rêver) demanderait quelques « efforts » ( toujours par les mêmes! », sauf que ça a du foirer quelque part! Les prix élevés ayant fait fuir les consommateurs industriels et fait baisser la consommation des ménages on est obligés de vendre à prix négatifs à nos voisins une électricité que nous payons nous-mêmes au prix fort! Mais ce bel argent n’est pas perdu pour tout le monde, le système ayant prévu de larges poches accueillantes pour éviter qu’il ne tombe par terre! Elle est pas belle la vie avec les compteurs Linky?