(Article publié dans dans l’hebdomadaire belge PAN le 21 aôut 2026)
Le mot est devenu une arme. Prononcez « climatosceptique » et l’association d’idées suit aussitôt : extrême droite, désinformation, parfois même « payé par les pétroliers ». En Belgique et en France comme ailleurs, ce qualificatif ferme le débat avant qu’il ne commence. Il mériterait pourtant d’être examiné, car il repose sur un mensonge de départ.
Un mot mal choisi
Être « sceptique du climat » supposerait de douter que le climat change. Or personne, absolument personne, ne conteste que le climat évolue : il l’a toujours fait, sur des échelles de temps géologiques comme sur des échelles plus courtes, bien avant que l’homme ne brûle du charbon ou du pétrole. Le terme est donc, à la base, une caricature. Il vise moins à décrire une position scientifique qu’à disqualifier moralement ceux qui la tiennent. Ce qui existe réellement, et en nombre croissant, ce sont des climato-réalistes : des scientifiques, des météorologues, des ingénieurs qui admettent le réchauffement, mais estiment que son ampleur, ses causes et surtout ses conséquences annoncées font l’objet d’une exagération considérable dans le débat public. C’est une différence que le vocabulaire médiatique refuse obstinément de faire.
Des voix qualifiées, systématiquement écartées
Cette famille de pensée n’a rien de marginal ni d’anonyme. En France, l’Association des climato-réalistes (ACR), fondée en 2016, réunit depuis dix ans des membres aux qualifications reconnues, sans que cela lui vaille la moindre reconnaissance médiatique proportionnée à son sérieux. À l’échelle internationale, la fondation Clintel, dont le président est Václav Klaus, ancien président de la République tchèque, défend la thèse qu’il n’y a pas d’urgence climatique — une position signée par plus de deux mille scientifiques et professionnels de plus de quarante pays.
Aux États-Unis, ces voix sont plus audibles qu’en Europe. Le physicien Steven Koonin, qui fut sous-secrétaire chargé de la science sous l’administration Obama, a publié une critique argumentée des certitudes affichées sur le climat. Le physicien de l’atmosphère Richard Lindzen, professeur au MIT pendant trente ans et auteur de plus de deux cents articles scientifiques évalués par les pairs, a été l’un des auteurs principaux d’un rapport du GIEC avant de prendre ses distances avec cette organisation, dénonçant une dérive politique au détriment de la rigueur scientifique ; il est membre du Comité scientifique de l’ACR [comme l’est l’auteur, utile ?]). Ce ne sont pas des figures obscures. Ce sont des chercheurs décorés, publiés, cités — que l’étiquette « climatosceptique » suffit pourtant à évacuer du débat sans qu’on ait besoin de discuter leurs arguments.
L’ostracisme a un coût
Le résultat de cette police du vocabulaire est un climat intellectuel délétère. Le site francophone Science, Climat, Énergie publie des analyses scientifiques solides et documentées, mais ses animateurs doivent rester anonymes : être identifié suffirait à menacer leur poste de professeur d’université. Voilà où mène l’ostracisme organisé par des médias largement subventionnés — à contraindre des scientifiques à se cacher pour pouvoir continuer à publier.
Pendant ce temps, une adolescente suédoise [dire le nom Greta Thunberg ?] sans aucune formation scientifique a bénéficié d’une tribune médiatique mondiale sans commune mesure avec celle accordée à des chercheurs chevronnés. Ce déséquilibre en dit long sur la nature du débat : il n’est plus scientifique, il est devenu moral et identitaire, et sur ce terrain-là, l’expertise ne pèse plus rien face à l’émotion.
Une politique aveugle, des résultats qui le prouvent
Dans ces conditions, le débat n’est plus audible ni même n’a de raison d’être puisqu’il est devenu moral. Alors, examinons les conséquences de cet aveuglement. L’Union européenne continue d’appliquer l’Accord de Paris avec une rigueur que la Commission européenne présente comme non négociable, alors que le bilan est sous nos yeux : en dix ans, l’UE a réduit ses émissions de CO₂ de 554 millions de tonnes, pendant que les émissions mondiales augmentaient de 3 008 millions de tonnes sur la même période. L’effort européen, désindustrialisant et coûteux, est statistiquement noyé par la croissance des émissions ailleurs dans le monde — notamment dans les pays en développement, qui n’ont ni la volonté ni les moyens de se priver des énergies fossiles pour se développer, charbon compris. Là, l’insulte climatosceptique n’existe pas, l’insulte serait plutôt décroissant.
Aujourd’hui encore, les combustibles fossiles qui produisent le diabolique CO₂ représentent 86 % de l’énergie primaire mondiale ; l’éolien et le solaire réunis, à peine 3 %. Et après une trentaine de conférences climatiques internationales, les émissions mondiales de CO₂ ont augmenté de 67 % signe qu’en dehors de l’UE on ne
s’intéresse guère au climat. Ces chiffres ne sont pas des opinions climatosceptiques : ce sont des faits irréfragables, disponibles pour quiconque accepte de les regarder sans dogmatisme.
Sortir du procès d’intention
La vraie question est de savoir si l’on accepte encore, dans l’UE, qu’un scientifique puisse exprimer un désaccord argumenté sans être assimilé à un fasciste ou à un vendu. Un débat qui ne tolère plus la contradiction n’est pas une science, c’est une orthodoxie. Et une orthodoxie qui détruit la prospérité d’un continent au nom d’une politique dont les résultats chiffrés démontrent chaque année un peu plus l’inefficacité mérite, à tout le moins, d’être questionnée sans que la question elle-même soit un crime.
6 réponses
Merci pour cet article auquel il n’y a rien à redire ; pensez vous trouver un journal , une revue pour le publier ailleurs ?
Etre traité de climato-sceptique … pourquoi pas si ça les amuse !
Ce qu’il faut dénoncer, c’est le musèlement de tous les médias que l’on incite à refuser la parole à une partie de la population, (au nom de la protection de la démocratie bien sûr !), quand on ne les sanctionne pas par des amendes ou des interdictions d’exercer.
Cela n’est possible que grâce aux moyens énormes dont dispose le lobby écolo et qui vise à assurer aux promoteurs ENRs d’énormes avantages, par exemple être payés 100 €/MWh, voire plus, quand les prix de marché sont nuls voire négatifs !
Un exemple (je me répète) … le plus gros de ces bailleurs de fonds aux ONGs en Europe, est le « European Climate Foundation » (ECF) financé essentiellement par des « Charities » américaines complété par quelques fondations européennes et des « subventions gouvernementales, en témoigne la composition de son « Supervisory Board »: https://europeanclimate.org/governance/:
N°1: Children’s Investment Fund Foundation
N°4: McCall MacBain Foundation
N°5: Climate Imperative Foundation
N°7: Bloomberg Philanthropies
N°8: Oak Foundation, etc …
Faut les comprendre … vous ne voudriez tout de même pas qu’au nom de la biodiversité, nos ONG se mettent à contester les éoliennes, ou bien qu’au nom de la morale se mettent à refuser aux gros capitalistes étrangers le bénéfice de nos subventions aux renouvelables … Il faut veiller au grain et s’assurer que nos ONG restent dans la bonne voie !
Et ceux qui ne sont pas climatosceptiques ?
Ils sont climatocroyants ?
Peut-être climato-réalistes voire pour les purs et durs du climat des climato-réchauffistes. 😁
En majorité des climato-couillons qui sont persuadés qu’on leur fait les poches pour « sauver la planète ».
Ils sont réchauffistes.