L’union d’États qui entend dissuader ses adversaires et préserver sa souveraineté ne peut se permettre de négliger le fait que la sécurité énergétique est une condition préalable à la sécurité nationale.
Le ministère néerlandais de la Défense a publié sa Feuille de route pour la « sécurité énergétique » – une stratégie nationale destinée à garantir à ses forces armées des approvisionnements énergétiques fiables. Bien qu’élaboré par un seul membre de l’Union européenne (UE), ce document met en lumière une réalité plus large : la sécurité énergétique est indissociable de la puissance militaire.
La Feuille de route définit la « sécurité énergétique » comme la disponibilité continue d’une énergie fiable et abordable, aussi bien pour les activités en temps de paix que pour les opérations militaires. Elle fait référence à la « politique du carburant unique » de l’OTAN, qui standardise la logistique militaire autour des combustibles fossiles liquides, notamment le kérosène et le diesel, afin de garantir l’interopérabilité des forces alliées.
Pourtant, les partisans de la décarbonation au sein de l’Union européenne continuent de vouer les combustibles fossiles aux gémonies et de promouvoir les technologies éoliennes et solaires qui ne représentent, à l’échelle mondiale, qu’un peu plus de 3 % de l’approvisionnement énergétique après deux décennies de subventions.
La portée du document néerlandais dépasse largement les seules questions de logistique militaire. Il rappelle avec force que l’énergie n’est pas seulement un enjeu environnemental ou économique. L’énergie relève, fondamentalement, de la sécurité nationale.
Les forces armées, la production industrielle, les réseaux de transport et les infrastructures essentielles dépendent tous d’une énergie abondante et fiable. Sans elle, la préparation militaire, la puissance économique et l’autonomie nationale s’érodent.
À travers l’histoire, l’énergie a constitué l’un des fondements de la puissance des États. Les nations qui disposent d’un accès sûr à une énergie abordable bénéficient d’économies plus solides, de capacités militaires supérieures et d’une plus grande liberté d’action. Celles qui dépendent de fournisseurs extérieurs s’exposent à la coercition, et à des conséquences plus graves encore.
Les tendances énergétiques mondiales ne font que confirmer cette réalité. Selon le Statistical Review of World Energy 2026, les combustibles fossiles représentaient 86 % de la consommation mondiale d’énergie primaire. Malgré l’essor des technologies renouvelables, le monde reste très largement tributaire du pétrole, du gaz naturel et du charbon. De nombreuses grandes puissances s’adaptent à cette réalité, alors que la bureaucratie de Bruxelles semble l’ignorer.
La Chine, par exemple, développe ses capacités de production renouvelable tout en construisant parallèlement de nouvelles centrales à charbon (94,5 gigawatts en 2024, soit 93 % du total mondial). Et ce, malgré le fait que la Chine est de loin le premier pollueur du monde (31,8 % des émissions mondiales de CO2), dépassant largement les États-Unis (12,7 %), l’Inde (8,3 %) et l’Union européenne (6,6 %).
Cette stratégie, combinée à la sécurisation des chaînes d’approvisionnement en matières premières stratégiques, fait de la disponibilité et de la résilience énergétiques les fondements de la puissance nationale de la Chine. Elle renforce ainsi à la fois sa position économique et sa sécurité à long terme.
Le manque de convergence entre politique énergétique et capacités de défense pourrait constituer une faille existentielle dans la façade « verte » de l’Europe.
L’Union européenne reste fortement dépendante des importations d’énergie et de matières premières essentielles, tandis que de nombreuses industries supportent des coûts énergétiques nettement supérieurs à ceux de leurs concurrentes américaines et asiatiques. La hausse des coûts a accentué les difficultés des secteurs de l’acier, de la chimie et de l’industrie manufacturière, qui constituent le socle industriel de la défense des nations.
Les forces armées ont besoin de carburant, mais aussi d’acier, de produits chimiques, de machines, de capacités de construction navale, d’équipements électroniques et de moyens de production de pointe. L’union d’États qui peinent à maintenir une industrie compétitive aura également du mal à produire des blindés, des munitions, des drones, des avions et des navires de guerre à l’échelle requise en cas de crise.
Alors que l’UE a diabolisé les combustibles fossiles au nom de sa politique climatique, les prix de l’électricité pour l’industrie ont atteint environ deux fois les niveaux américains et sont supérieurs d’environ 50 % à ceux de la Chine.
L’an dernier, la production d’acier est tombée à son niveau le plus bas depuis 1960. ThyssenKrupp supprime 11 000 emplois dans sa division acier, et ce n’est qu’un exemple parmi d’autres. Cette désindustrialisation est incompatible avec une défense robuste et avec la souveraineté.
Les capacités militaires de l’OTAN ne dépendent pas uniquement des budgets et des effectifs. Elles reposent également sur les approvisionnements énergétiques et sur le socle industriel qui les soutient. La stratégie néerlandaise reconnaît implicitement que la préparation opérationnelle commence par la sécurité énergétique.
Les États-Unis ont consolidé leur position stratégique grâce à une production nationale abondante de pétrole et de gaz, qui soutient à la fois la croissance économique et la projection de la puissance militaire. Pendant ce temps, l’Europe refuse de tirer pleinement parti de ses réserves énergétiques nationales (notamment les gisements de gaz et de pétrole offshore, le charbon, le gaz de schiste, etc.) et s’accroche à des politiques économiquement destructrices qui ne peuvent qu’affaiblir la sécurité de l’Occident.
Une réponse
bon, on a compris que l’augmentation des émissions de CO2 n’est pas là pour augmenter la qualité de la vie des peuples , mais pour consolider le pouvoir des militaires et entretenir leur boulot
L’histoire du transfert des énergies fossiles vers les renouvelables n’est qu’une devanture pour faire croire que l’UE et nos politiques pensent à notre futur énergétique qui va encore fonctionner pendant un certain temps: le peak oil s’est transformé en plateau
Mais il est vrai que la décarbonatation est une solution complémentaire à celle de l’armée pour occuper les peuples ce qui est primordial pour faire vivre ceux qui nous dirigent