Abandonnée par Dominique Voynet lors de son ministère avec la fermeture de superphénix puis par Emmanuel Macron avec l’abandon d’Astrid, la recherche sur les réacteurs à neutron rapide est un enjeu vital pour la France.
Avec 350000 tonnes d’uranium appauvri, la France peut bénéficier de plusieurs milliers d’années de souveraineté électrique sur son sol. Claire Kerboul nous enseigne les éléments fondamentaux de ce véritable trésor pour la France.
Résumé :
Ce document explore les avantages et inconvénients des réacteurs à neutrons rapides, leur potentiel stratégique, et les enjeux politiques et technologiques liés.
Atouts des réacteurs à neutrons rapides (RNR)
- Utilisent pleinement la ressource en uranium en brûlant uranium 238, majoritaire dans la croûte terrestre.
- Permettent la surgénération, créant plus de matière fissile (plutonium 239) qu’ils en consomment.
- Réduisent la production de déchets de longue durée en diminuant la formation de transuraniens.
- Fonctionnent avec du sodium liquide, permettant des températures élevées et un fonctionnement à pression atmosphérique.
Inconvénients et défis
- Coûts élevés, comparés de manière déloyale aux réacteurs actuels à neutrons lents, avec des investissements lourds en recherche et infrastructure.
- Situations politiques et environnementales ont freiné leur développement en France, sous la pression écologiste.
- Complexité technologique du sodium, réactif à l’air et à l’eau, exigeant des précautions renforcées (connues).
- La France dispose d’un stock de ressources fossiles (uranium 238, plutonium), mais ne l’a pas exploité pour assurer l’indépendance stratégique.
Jalons historiques et enjeux stratégiques
- La maîtrise de la fission rapide date d’il y a moins d’un siècle, avec des premiers réacteurs comme Phénix.
- La surgénération permettrait à la France d’assurer une production d’électricité pour plusieurs millénaires, avec une ressource locale abondante.
- La France a abandonné cette filière face à la pression écologique et politique, laissant la place à la Russie, la Chine et l’Inde.
Contraintes politiques et sociétales
- La haine politique et écologique a freiné le développement, les écologistes rejetant le nucléaire durable.
- La France manque d’une stratégie claire, se limitant à des projets datés ou inaboutis.
- La priorité devrait être la relance de la filière RNR pour garantir souveraineté et indépendance énergétique.
Comparer neutrons rapides et fusion
- La fusion nucléaire demeure un objectif incertain et lointain, alors que la technologie des neutrons rapides est maîtrisée et immédiate.
- La maîtrise des neutrons rapides offre une réponse stratégique, fiable, décarbonée et souveraine à la crise énergétique européenne.
- La France, autrefois leader, a compromis sa position, laissant la place à la Russie, la Chine et l’Inde, qui investissent massivement dans ces technologies.
Perspectives et recommandations
- La relance de la filière RNR doit être une priorité nationale, accompagnée d’une réorganisation institutionnelle.
- La stratégie doit s’appuyer sur le potentiel énorme de ressources existantes pour assurer plusieurs millénaires d’indépendance.
- La communication, les décisions politiques et le financement doivent suivre pour éviter le déclin technologique.