Fabien Bouglé : « Les gouvernants sont complètement soumis au lobby éolien »

L’expert en politique énergétique, Fabien Bouglé, revient pour BV sur le projet gouvernemental qui vise à installer 15.000 nouvelles éoliennes. L’expert s’en prend aux politiques antinucléaires qui soutiennent à tout prix l’éolien, conduisant la France à s’approvisionner en Allemagne pour son électricité.

Marc Eynaud. Les députés ont débattu de l’implantation d’éoliennes supplémentaires. Le gouvernement voudrait en rajouter 15.000 aux 8.000 existantes. Que pensez-vous de cette mesure ?

Fabien Bouglé. On est dans la persévérance diabolique, on est dans une idéologie qui ne voit plus les faits tels qu’ils sont.

L’année dernière, on a eu une augmentation de la puissance éolienne de 7 % en France et, pour autant, on a eu une baisse de productivité globale de 7 %.

Par un incroyable mécanisme, plus on augmente la puissance éolienne, moins on produit. C’est édifiant, car nos gouvernants et les députés ne lisent même pas les études de la Commission européenne. Récemment, l’institut Copernicus de la Commission européenne a dévoilé que, depuis 43 ans, il y a une baisse historique des régimes de vent en Europe, avec un record de la baisse du vent.

Lorsqu’on a une baisse de 10 % des régimes de vent en Europe, on a une baisse de 27 % de la production électrique en Europe.

C’est la raison pour laquelle, en 2021, la baisse très importante de la production éolienne en Europe a conduit l’Allemagne et le Danemark à rouvrir les centrales à gaz. Cela a conduit à l’explosion des prix du gaz et de l’électricité en Europe. Nous sommes dans un fonctionnement où on accroît l’installation d’éoliennes qui produisent de moins en moins. C’est absolument incroyable. On fonce droit dans le mur !

M. E. Comment analyser une telle persévérance dans la politique de l’éolien ?

F. B. Je côtoie l’intégralité du prisme politique, même si, du côté d’Europe  Les Verts, je n’ai pas une volonté de dialogue très importante de la part de leurs députés. J’ai des contacts tout à fait intéressants avec des députés de la majorité présidentielle.

Globalement, je dirais qu’il y a un gros problème de lucidité. Tout le prisme politique, à l’exclusion du Rassemblement national et des Républicains, fait l’objet de propagande de la part des promoteurs éoliens. La transition énergétique, la décarbonation, ce sont les éoliennes, alors qu’on oublie de nous dire que les éoliennes n’assurent pas la décarbonation.

La France est, à plus de 90 %, décarbonée grâce à son parc nucléaire. On culpabilise la France en disant qu’elle n’a pas rempli ses objectifs en matière d’énergies renouvelables.

De quels objectifs s’agit-t-il ? L’Allemagne, qui a le record d’installation d’éoliennes en Europe (30.000 environ), est aussi le pays qui a le record des émissions de gaz à effet de serre. À cause des centrales à  qu’elle fait fonctionner à plein régime, elle produit 700 à 800 g de CO2 par kWh produit. On veut prendre l’exemple allemand alors que l’Allemagne est le moins bon élève de l’Union européenne en matière de décarbonation.

C’est paradoxal, et les députés de la majorité et de la gauche sont complètement embrumés par une idéologie et un discours. Ils ne regardent plus les faits indiscutables. On est dans un déni de réalité complet. Les gouvernants sont incompétents, naïfs et complètement soumis au lobby éolien qui a infiltré nos institutions publiques.

M. E. Avec les éventuels délestages, on revient à la réalité et le nucléaire semble avoir meilleure presse ?

F. B. En 1973 et 1974, avec le choc pétrolier, Pierre Messmer, Premier ministre, développe un grand plan du nucléaire, déployé ensuite par Valéry Giscard d’Estaing. Ce plan du nucléaire nous a permis, pendant 58 ans, d’avoir une électricité puissante, souveraine qui a assuré l’électrification de notre industrie et de nos concitoyens.

Aujourd’hui, alors que notre pays a été exportateur de presque 10 % de son électricité pendant des années, on se retrouve avec un déficit d’électricité à cause de l’indisponibilité de réacteurs nucléaires. Nous avons l’humiliation de devoir importer de l’électricité d’Allemagne. Cela est dû en partie à l’activisme antinucléaire de Dominique Voynet, de François Hollande et de tous ceux qui dirigent notre pays depuis dix ans.

Tous les acteurs qui ont contribué à la destruction de notre système énergétique sont encore au pouvoir pour gérer cette crise énergétique et mettre en place des délestages. Mme Borne, qui a fermé Fessenheim, le patron de RTE, Mme Wargon et tous les acteurs de la destruction de notre système énergétique sont aux manettes pour régler cette crise ! Il faut qu’ils dégagent ! Ces gens ne sont plus compétents, ils sont intrinsèquement antinucléaires et antifrançais.

M. E. Agnès Pannier-Runacher a affirmé que nous n’avons jamais été souverains en matière d’énergie…

F. B. C’est la confusion entre le mix électrique et le mix énergétique. Si on prend le mix électrique, nous étions totalement souverains car nous produisions 10 % de plus que ce que nous consommions. Comme nous exportions de l’électricité, cela nous permettait de financer et compenser nos besoins en énergie fossile que nous devons importer.

Il s’agit là du mix énergétique, beaucoup plus large, avec 45 à 50 % d’énergie fossile importée car, par exemple, nous n’avons pas développé l’exploitation du gaz de schiste comme aux États-Unis.

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