(Par Bernard Durand dans European Scientist du
Le monde politique résonne en ce moment des querelles sur le bien-fondé de la politique énergétique menée dans notre pays, en particulier en ce qui concerne l’électricité. Celle-ci consiste pour l’essentiel depuis 25 ans à promouvoir un développement massif des électricités éolienne et solaire photovoltaïque quoi qu’il en coûte, certes sous la contrainte de la Commission européenne, mais avec la complicité active ou la complaisance d’une majorité de nos élus et dirigeants.
Bonnet d’âne
Les résultats de cette politique sont de plus en plus visibles, et ils sont mauvais. Il ne faut pas s’en étonner. Toute personne connaissant le fonctionnement du réseau électrique pouvait le prévoir.
Il est en effet impératif sous peine de blackout que soient égales à tout instant sur ce réseau les puissances de la production et de la consommation d’électricité à 1% près. Or la puissance délivrée par les éoliennes et les panneaux photovoltaïques varie très fortement et incessamment en fonction de la puissance du vent et de l’ensoleillement, c’est ce qu’on appelle l’intermittence, phénomène sur lequel l’homme n’a aucune prise.
L’électricité ainsi produite, dite pour cette raison non-pilotable, ne peut donc être déversée sur le réseau sans l’assistance constante de centrales pilotables (surtout nucléaires et hydroélectriques en France, à charbon et à gaz en Allemagne).
Celles-ci font une incessante gymnastique pour que la puissance totale de la production de ce mix électrique (éolien et solaire PV non pilotable + pilotable) coïncide à chaque instant avec la puissance consommée. Cette complexité entraîne automatiquement une augmentation du coût de production de notre électricité.
Et comme il faut bien faire du profit, cette augmentation est répercutée sur le prix moyen de l’électricité pour les particuliers et les entreprises.