Vendre un bout de sa maison pour payer sa pompe à chaleur : quelle bonne idée !

(Par  dans BV du 

Il est devenu très compliqué, aujourd’hui, d’être propriétaire en France.

La France, ne valant plus grand-chose sur le marché international, se vend à l’encan. Alors nos gouvernants ont une idée : pourquoi nous, citoyens, n’en ferions-nous pas de même ? La dernière incitation arrive sur le marché : il s’agit de vendre un bout de sa maison à « une entreprise solidaire d’utilité sociale » pour financer une pompe à chaleur, laquelle est censée nous faire réaliser des économies.

Ah, mais en voilà, une idée qu’elle est bonne ! aurait dit feu Coluche. Bonne ou non, c’est en tout cas celle qui a germé dans nos crânes d’œuf pour pallier la grave crise de l’énergie qui s’annonce sur fond de guerre au Moyen-Orient.

Endettez-vous donc !

Le 14 avril dernier, désireux de contribuer au plan de M. Lecornu visant à sortir la France de sa dépendance aux énergies fossiles importées, Vincent Jeanbrun, ministre du Logement, se fendait d’une annonce propre à changer nos vies. Changer en mieux, forcément. À l’horizon 2030, la France devrait compter un million de pompes à chaleur, soit le double du parc actuel.

Pompe à ranger à côté de la voiture électrique dans laquelle il nous faudra rouler en 2035 après avoir mis au rebut la chaudière à granulés, posé des thermostats sur tous nos radiateurs, changé les fenêtres et doublé les murs de pierre avec des briques de polystyrène ou de boue séchée …

Bref, pour nous aider à affronter les rudes vicissitudes dues au « changement climatique » et la redéfinition du monde libre contre les mollahs pétroliers et autres prédateurs gaziers, l’État-nounou veut révolutionner notre cadre de vie. Pour cela, il faut accélérer « l’électrification de la France » et, donc, atteindre l’objectif de 8,8 millions de pompes à chaleur (PAC) dans les foyers, d’ici 2030. Problème, une PAC, ça coûte cher : entre 12.000 et 15.000 euros en moyenne. Mais une fois de plus, l’État est là pour redonner d’une main ce qu’il nous a pris de l’autre. On nous annonce donc la mise en place d’une forme de « leasing social » pour les PAC comme on le fait pour les voitures électriques.

En effet, « même s’il existe des aides de l’État comme MaPrimeRénov’ ou le mécanisme des certificats d’économie d’énergie (CEE) financés par les fournisseurs d’énergie [mais répercutés en douce sur les factures des consommateurs, NDLR], le reste à charge pour les foyers peut s’avérer encore trop important : 3.000 euros en moyenne, selon le ministère de l’Économie ».

Après les bijoux de famille, la chambre des enfants

On nous dit que le leasing social ne serait ouvert qu’à 25.000 personnes environ, ce qui est fort peu par rapport à l’objectif de vente des PAC. Seconde solution : l’éco-prêt à taux zéro. Certes attribué sans conditions de ressources, il nécessite néanmoins de déposer une demande auprès d’un établissement de crédit qui a signé une convention avec l’État. Et même s’il est cumulable avec les aides telles MaPrimeRénov, prime coup de pouce, aides locales, etc., encore faut-il être éligible à l’emprunt et pouvoir payer les mensualités, ce qui cumule les doubles problèmes d’âge et de revenu.

Dieu merci, l’illumination a surgi sous les lambris des ministères. La solution existe : il suffit de vendre un bout de sa maison. Celle que vous avez achetée à crédit, payée avec des salaires lourdement taxés, pour laquelle vous payez un impôt foncier qui s’envole d’année en année et que vous espérez pouvoir léguer à vos enfants avant que la gauche-rapiat ne taxe si lourdement l’héritage qu’ils préféreront y renoncer…

Deux questions se posent alors : quelle partie vendre, et à qui ? À la première question, on est tenté de répondre les toilettes. Que le lecteur nous pardonne cette trivialité, mais c’est ce qui vient à l’esprit pour une idée pareille. L’acheteur, lui, est tout trouvé. C’est Vasco, une « entreprise solidaire d’utilité sociale ».

Vasco s’occupe de tout, débloque les aides et finance le reste à charge,

« avec l’idée que, grâce à la plus-value potentielle réalisée suite aux travaux, « l’opération est rentable immédiatement pour les ménages modestes et très modestes » », dit son patron.

Le vendeur signe alors une convention d’indivision pour dix ans. Il peut certes racheter sa part, ou prolonger le contrat, mais alors, Vasco augmente son pourcentage. Certes, nos économistes le concèdent :

« Cette solution n’est évidemment pas sans défaut : il peut sembler très inquiétant, pour les propriétaires, de céder une part de leur bien. »

On dira même qu’il est tout simplement très inquiétant, aujourd’hui, d’être propriétaire.

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2 réponses

  1. Tiens, ça me donne une idée: Je suis à la retraite, mes enfants sont partis et j’ai des chambres libres avec salles d’eau et toilettes; Je vais proposer à un installateur de PC le contrat suivant:
    1/ Je conserve ma chaudière à gaz toute neuve ( Je ne suis pas fou, je n’ai surtout pas confiance dans les montages financiers et incitatifs douteux du gouvernement!).
    2/ je loue mes deux chambres disponibles à l’année scolaire à des étudiants.
    3/ Je signe un contrat avec l’installateur de PC qui va encaisser mes loyers jusqu’à paiement de l’installation sur la base d’un devis dûment établi dans les normes et précisant la durée et la date de fin du contrat. (opération libre d’impôts bien sûr!).
    4/ A la fin du contrat, c’est moi qui décide de continuer les locations ( ou pas), et de l’utilisation (ou pas) du moyen de chauffage le plus avantageux ou efficace pour moi selon les conditions de la météo et du marché de l’énergie.
    Je pense que cette proposition est honnête, ne lèse personne, ne coûte rien à l’Etat, ne demande pas de subvention à Nicolas qui paye et accessoirement réduit la crise du logement étudiant! Comme aurait dit Coluche: « voilà une idée qu’elle est bonne »!

  2. la pompe à chaleur partout, c’est l’une des obsessions de Macron, il est prêt à tout pour couvrir le pays de ces objets. Je n’en peux plus de ces gens, lui et son staff d’impotents. ( pour le dire poliment ) .
    https:www.mesopinions;com/petition/nature-environnement/stop-bruit-pompes-chaleur-calme-tranquillite/212805, petition qui atteindra bientôt les 30.000 signatures.

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