(Par Vincent Bénard dans Contrepoints du 11/5/26)
La start-up Symbio (coentreprise entre Faurecia, Michelin et Stellantis) a été créée pour « démocratiser la pile à hydrogène ».
Les politiques ont parlé de « souveraineté » et d’une « filière stratégique ». Forcément, il fallait injecter de l’argent public : plus 350 millions d’euros d’aides européennes ont ainsi été injectées en deux ans. Avec quels résultats ? En 2024, Symbio devait produire 16 000 piles. Elle en a produit seulement 680. Et l’objectif de moyen terme était de 50 000 par an.
L’entreprise annonce donc le licenciement de 70 % du personnel. Encore un exemple de mal investissement flagrant dopé à l’argent public. Hier, c’était les insectes à manger, aujourd’hui, les piles. Il y a là une source majeure de détestation du capitalisme par les honnêtes gens, qu’il faut supprimer.
En l’occurrence, surfant sur une vague médiatique, un grand groupe, Stellantis (entré au capital à hauteur de 33,33% en mai 2023), décide de réduire le risque financier de ses propres investissements en appelant les états Européens (donc nous, les contribuables) à l’aide. Les décideurs publics, enchantés par le côté « politiquement hype » du projet, ouvrent les arrosoirs à pognon. Puis, voyant que ça ne marche comme prévu, Stellantis plante l’opération. L’échec est un risque indétachable de l’entreprise. Mais il doit être supporté intégralement par celui qui entreprend.
L’aide publique a plusieurs inconvénients:
- Elle incite l’investisseur à être moins sérieux sur la gestion du projet ou à accepter des niveaux de risques qui ne seraient pas soutenables en mode 100% privé.
- Elle prive les contribuables d’un argent qu’ils auraient pu employer mieux que l’État.
- Elle se concentre autour de grands projets « politiquement corrects« , laissant les petits acteurs qui innovent en dehors du champ des caméras avec moins de ressources.
- Surtout, elle nourrit l’idée que « ce sont les capitalistes qui aspirent les aides » ET qui sont l’unique problème… alors que le capitalisme résout les problèmes (évidemment pas avec un taux de réussite de 100%, loin s’en faut).
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Le problème est que l’aide d’État tend à réduire le taux de succès, et l’impact médiatique de ces échecs pousse une partie de l’électorat vers une conclusion qui serait encore pire que le mal : « lutter contre le capitalisme ».
Il faut d’urgence arrêter toute aide, ponctuelle ou récurrente, aux entreprises privées, en contrepartie d’une réduction de leur charge fiscale du montant des aides consenties.
Ainsi, le « playing field » de l’entrepreneuriat sera assaini, pour le plus grand bénéfice à court, moyen et long terme, de l’investissement, de l’emploi, de la productivité réelle et donc, au final, de notre niveau de vie à tous.