Mélenchon veut un ISF climatique pour sauver la planète à partir de 400 000 euros

Jean-Luc Mélenchon a présenté son budget rectificatif pour 2027 avec 106,4 milliards d’euros de recettes nouvelles, dont une dizaine de milliards viendraient d’un « ISF climatique ». Le nom est plaisant : il laisse entendre qu’on va taxer le carbone, alors qu’on va taxer le patrimoine.

Commençons par la bonne nouvelle pour les… « ultra-riches » : ils sont beaucoup plus nombreux qu’on ne le croyait. L’impôt se déclenche en effet dès 400 000 euros de patrimoine, quand l’ISF commençait à 1,3 million, seuil que retenait aussi Greenpeace, à l’origine de la formule en 2020. Un appartement de trois pièces dans une grande ville, un peu d’épargne, et vous voilà promu oligarque.

Comment fonctionne le volet climatique ? On calcule d’abord l’impôt, comme l’ancien ISF, sur la valeur du patrimoine. Puis on ajoute un supplément selon ce que le patrimoine contient : à chaque type d’actif, actions, logement, assurance-vie, on attribue une quantité de CO₂, que l’on multiplie par le prix du carbone.

Magnifique ! A un détail près :  il suffit de confier ses titres à un intermédiaire établi hors de France pour sortir du champ. Les capitaux changent d’adresse, les activités « polluantes » continuent ailleurs, et les émissions mondiales ne bougent pas d’un gramme. Un ISF climatique qui ne fait pas baisser les émissions n’est donc qu’un ISF.

Reste le rendement. L’ISF rapportait un peu plus de cinq milliards dans sa dernière année pleine, avec un seuil trois fois plus élevé et une base qui commençait déjà à s’expatrier. En annoncer dix relève de l’acte de foi. D’autant que la taxe Zucman, créditée de quinze milliards, et l’alourdissement des droits de succession, de vingt, frappent largement les mêmes contribuables : additionner trois prélèvements sur un seul patrimoine, ce n’est plus de l’arithmétique, c’est de l’acharnement.

Jean-Luc Mélenchon annonce d’ailleurs une somme dont une grande partie reste mystérieuse. Sur ces 106,4 milliards, seuls 76 sont justifiés par des mesures chiffrées. Il faudra attendre le début de l’année 2027 pour savoir sur qui, sur quoi, va s’abattre le filet de la trentaine de milliards encore dans les coulisses d’un  pays qui est déjà régulièrement champion des prélèvements obligatoires !

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