Les énergies fossiles représentent toujours près des deux tiers du mix électrique mondial

Pour la première fois, les énergies renouvelables ont dépassé le charbon dans la production d’électricité : 33,8 % du mix mondial (10 730 TWh) en 2025, contre 33 % pour le charbon (10 476 TWh). Un basculement symbolique, selon un rapport du think tank Ember.

La croissance des énergies bas-carbone (+887 TWh) a dépassé celle de la demande mondiale d’électricité (+849 TWh). Par conséquent, la production d’électricité à partir de sources fossiles a légèrement reculé (-0,2 %).

Ce phénomène reste rare : il ne s’est produit que cinq fois depuis le début du siècle. Cette croissance repose très largement sur la production solaire, qui a bondi de 30 % en un an (+636 TWh). En une décennie, elle a été multipliée par plus de dix.

En comparaison, la production d’énergie nucléaire a augmenté de 35 TWh (+1,3 %), principalement grâce à de nouveaux réacteurs en Chine (+37 TWh), ainsi qu’à la hausse de la production en France (+12 TWh) et au Japon (+9 TWh).

La dynamique est particulièrement marquée dans les pays émergents. La production d’électricité fossile a reculé de 56 TWh (-0,9 %) en Chine et de 52 TWh (-3,3 %) en Inde. Ces deux pays, historiquement moteurs de la hausse des énergies fossiles, ont vu leurs capacités renouvelables croître plus vite que leur demande en électricité.

Voici une chose que le rapport ne dit pas : cette croissance reste marginale au regard du poids des énergies fossiles, qui représentent encore pas loin des deux tiers du mix électrique mondial. Ensuite, la montée en puissance très rapide du solaire et de l’éolien ne s’explique pas par leur compétitivité intrinsèque ; elle repose aussi sur des mécanismes de soutien massifs.

En Chine par exemple, le développement des EnR a longtemps été structuré par des tarifs d’achat garantis (feed-in tariffs). À cela s’ajoutent des subventions à l’investissement et un accès facilité au crédit. Selon les chiffres d’Ember, la Chine a représenté, à elle seule, 58 % des capacités solaires et 72 % des installations éoliennes dans le monde en 2025. Mais si on prend le cas de l’industrie solaire, elle a perdu l’équivalent de 60 milliards de dollars en 2025 et a déjà supprimé 87 000 emplois en 2024.

Le rapport insiste sur les « vulnérabilités structurelles » des énergies fossiles – volatilité des prix, risques géopolitiques, dépendance aux importations – pour justifier l’accélération des énergies dites « propres ». L’argument n’est pas infondé, comme l’ont montré les chocs énergétiques récents. Mais il tend à occulter les contraintes propres aux renouvelables, comme la dépendance à certaines matières premières, l’intermittence et le stockage de l’énergie.

Sur ce dernier point, les progrès sont réels – les coûts des batteries ont chuté de 45 % en 2025 et les capacités installées ont atteint 250 GWh – mais ils ne permettent de lisser qu’environ 14 % de la production solaire quotidienne.

Finalement, les renouvelables progressent rapidement, mais elles s’ajoutent à un socle fossile qui reste encore indispensable pour répondre à une demande croissante d’énergie dans le monde.

Une baisse marginale de 0,2 % ne saurait masquer cette réalité.

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