Cachez ce pétrole et ce gaz que je ne saurais voir

Si elles le voulaient, l’Europe et la France pourraient produire une bonne partie du pétrole et du gaz qu’elles consomment. Il existe dans le sous-sol européen en général et français en particulier des quantités assez importantes de pétrole et de gaz.
Plutôt que les importer, de n’avoir aucune sécurité d’approvisionnement et d’être totalement dépendants des évolutions géopolitiques, que ce soit l’invasion de l’Ukraine ou l’attaque américano-israélienne de la République islamique d’Iran, nous pourrions retrouver de la souveraineté et payer cette énergie bien moins cher.
Il ne s’agit pas de renoncer à la transition énergétique et à l’abandon progressif des combustibles fossiles, mais de toute façon nous ne pourrons pas nous en passer pendant encore de nombreuses décennies. Et du pétrole et du gaz de schiste, il y en a en Europe, en France métropolitaine et du pétrole et du gaz conventionnel vraisemblablement en grandes quantités au large de la Guyane.
Mais il est même interdit par la loi Hulot de 2017 de s’en assurer… Car la tentation serait sans doute alors trop grande d’exploiter une richesse représentant des dizaines voire des centaines de milliards d’euros tout comme le Guyana, le Suriname et le Brésil… qui sont les voisins de la Guyane.
La France préfère ne pas savoir, la politique de l’autruche.

Après la crise énergétique profonde de 2021-2022, celle qui est née à la suite des attaques américano-israéliennes contre la République islamique d’Iran illustre la situation très précaire de l’Europe. Elle a un problème récurrent de sécurité d’approvisionnement et donc de souveraineté. La France importe environ 1,5 million de barils par jour, soit près de 75 millions de tonnes par an.

Il serait possible d’y remédier en partie au moins, en exploitant les ressources en hydrocarbures qui existent dans notre sous-sol. Elles sont relativement abondantes et les exploiter ne signifie pas ne pas vouloir remplacer les combustibles fossiles par des sources d’énergie bas carbone, mais tant qu’elles sont indispensables, et elles le seront encore pour des décennies, ne pas être totalement dépendants.

Courage politique

Mais pour cela, il faut du courage politique et la volonté d’expliquer aux opinions que si nous cherchons et exploitons le pétrole et le gaz de notre sous-sol, nous le paierons moins cher et nous pourrons avoir des politiques commerciales, industrielles, financières et militaires bien plus indépendantes.

Plusieurs pays européens ont tout de même décidé de relancer les recherches de pétrole et surtout de gaz dans leurs eaux territoriales. C’est le cas de la Grèce, de l’Italie et, en-dehors de l’Union Européenne, du Royaume-Uni. Par ailleurs, la Pologne a fait une découverte majeure en mer Baltique d’un gisement de pétrole et de gaz et la Norvège, déjà grand producteur de gaz et grand bénéficiaire de la guerre en Ukraine et aujourd’hui de celle en Iran, a pris la décision de forer 250 puits d’exploration au cours de la prochaine décennie en mer du Nord.

Pas renoncer à la transition, mais produire sur place plutôt qu’importer

Il ne s’agit pas de consommer plus d’hydrocarbures, mais de les produire soit même plutôt que les importer. Car l’électrification des usages, qui est le seul moyen de décarboner les économies à grande échelle, est un processus lent et difficile. Il faut que l’électricité soit décarbonée mais surtout abondante et bon marché pour être compétitive. Et puis toutes les technologies de substitution aux combustibles fossiles, notamment dans l’industrie lourde, les transports (notamment aérien et maritime), l’agriculture, sont loin d’être matures et accessibles à des coûts acceptables.

Dans ces conditions, la sécurité d’approvisionnement énergétique, la souveraineté et l’accès à des ressources d’hydrocarbures à des coûts maîtrisés ne sont pas absurdes. Sauf pour la France qui vit dans un monde de fantaisies, celui où l’électrification des usages va se faire par miracle grâce à la mise en œuvre d’une PPE3 (Programmation pluriannuelle de l’énergie version 3) qui va consister à produire en grande quantité une électricité renouvelable intermittente coûteuse, subventionnée massivement et dont le pays n’a pas besoin. Il produit déjà 25% d’électricité de plus que ses besoins et elle est décarbonée à 95%.

La France préfère ne pas savoir, la politique de l’autruche

Pour en revenir au pétrole et au gaz, la France aurait sans doute accès à des gisements de pétrole et de gaz de schiste en métropole et notamment dans le bassin parisien, qui selon les experts seraient prometteurs mais engendreraient de sérieux problèmes environnementaux, et à des gisements conventionnels offshore bien plus facilement exploitables en Guyane. Le Guyana voisin est devenu soudain un eldorado pétrolier tout comme le Suriname, un autre voisin, et pour finir le Brésil, lui aussi voisin, un grand producteur mondial. Mais il n’est pas question d’aller même explorer le potentiel…

Et pourtant, à Saint-Georges de l’Oyapock en Guyane, il suffit de regarder de l’autre côté du fleuve, à 300 mètres de là, pour comprendre. En …

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