Un message clair de l’UE : Bruxelles insiste sur la nécessité d’éviter la fermeture prématurée des centrales nucléaires

La Commission européenne exhorte les pays de l’UE à ne pas fermer prématurément leurs centrales nucléaires. Cependant, l’Espagne maintient son calendrier de sortie progressive entre 2027 et 2035.

Centrales nucléaires dans l’UE : l’Espagne à contre-courant La Commission européenne a adressé un message général, mais très clair et ferme, à tous les États membres de l’Union européenne. Il est essentiel d’éviter la fermeture prématurée des centrales nucléaires. Celles-ci conservent encore leur capacité à produire de l’électricité de manière fiable, bon marché et avec de faibles émissions dans l’atmosphère.

Cet appel institutionnel s’inscrit pleinement dans les orientations du nouveau plan stratégique, baptisé AccelerateEU, présenté officiellement le 22 avril 2026. À travers ce document, Bruxelles poursuit l’objectif principal de renforcer la sécurité énergétique du continent et de réduire drastiquement la dépendance historique de l’Europe aux énergies fossiles importées. Ce plan intervient dans un contexte mondial marqué par une forte instabilité internationale.

Fermeture progressive et définitive d’ici 2035 en Espagne

En suggérant que le maintien en activité de ces infrastructures constitue une mesure immédiate pour acquérir une autonomie stratégique, l’avertissement des institutions de l’UE intervient à un moment absolument crucial pour l’avenir énergétique de l’Espagne. Actuellement, le pays suit un calendrier strict qui prévoit la fermeture progressive et définitive de ses sept centrales nucléaires en exploitation sur la période 2027 à 2035.

Bien que la Commission ne mentionne pas explicitement l’Espagne dans son avertissement, le message s’adresse directement à la politique énergétique du pays et à tous les États qui exploitent des centrales nucléaires.

Le plan de fermeture espagnol et le rôle du PNIEC

L’importance de cette décision n’est pas négligeable, puisque ces infrastructures de production sont responsables de la production d’environ 20 % de toute l’électricité consommée quotidiennement par les ménages et les entreprises sur l’ensemble du territoire national.

Conformément aux orientations définies par le Plan national intégré énergie-climat (PNIEC) actuel, la sortie du nucléaire en Espagne se fera progressivement. Les centrales électriques Almaraz I et II , Ascó I et II, Cofrentes, Trillo et Vandellós II cesseront progressivement leur activité et se déconnecteront du réseau.

Le gouvernement de Pedro Sánchez défend fermement le respect de ce calendrier, arguant qu’il découle d’un accord formel conclu en 2019 entre les entreprises propriétaires des installations — Iberdrola , Endesa et Naturgy — et l’organisme public Enresa.

Selon le gouvernement espagnol, cet accord est un pilier de sa stratégie visant à établir un système électrique reposant presque exclusivement sur le déploiement d’énergies renouvelables. L’exécutif dirigé par Pedro Sánchez affirme que cette feuille de route réduit considérablement la dépendance du pays à l’égard de ce qu’il considère comme des sources à haut risque à long terme, tout en accélérant la décarbonation du mix énergétique national.

Le gouvernement affirme régulièrement que la transition énergétique doit privilégier le développement massif de technologies telles que l’éolien et le solaire. L’objectif ultime est de parvenir à un système électrique propre et durable, affranchi des sources d’énergie présentant des risques pour l’avenir. Dans cette optique, la dernière centrale nucléaire espagnole devrait cesser son activité en 2035.

Toutefois, cette position de l’Espagne contraste de plus en plus avec l’évolution récente de la situation dans d’autres pays de notre environnement européen, où divers gouvernements ont revu leurs plans de fermeture ou ont même commencé à promouvoir la construction de nouvelles capacités nucléaires.

L’appel à l’action d’AccelerateEU

Dans son document AccelerateEU, la Commission européenne détaille sa position et souligne explicitement que « l’énergie nucléaire est un élément clé de l’ensemble des technologies propres nécessaires pour stabiliser les prix de l’électricité et renforcer la résilience du système énergétique européen ».

La Commission européenne insiste sur le fait que « le fait d’éviter la fermeture anticipée des centrales nucléaires peut contribuer immédiatement à réduire la demande de gaz pour la production d’électricité, à améliorer la stabilité du système et à contenir les coûts énergétiques pour les ménages et l’industrie ».

Par ailleurs, Bruxelles souligne sans équivoque que « les pays dont la production d’électricité repose davantage sur les énergies renouvelables et l’énergie nucléaire ont tendance à avoir des prix de l’électricité plus bas et sont moins exposés à la volatilité du marché mondial des combustibles fossiles ».

Par conséquent, l’Europe recommande de les maintenir en activité jusqu’à ce que le déploiement massif des énergies renouvelables et des systèmes de stockage d’énergie soit achevé.

La renaissance nucléaire mondiale face à la voie espagnole

Alors que l’Espagne se dirige vers son arrêt définitif, le monde assiste à une revitalisation de cette technologie. La preuve la plus évidente a eu lieu lors du sommet climatique COP28, qui s’est tenu à Dubaï en décembre 2023.

À cette occasion, 38 pays, représentant ensemble 70 % du PIB mondial, avaient signé un engagement à tripler leur capacité de production d’énergie nucléaire d’ici 2050.

Au niveau européen, les tendances convergent. La Commission promeut activement l’Alliance industrielle des petits réacteurs modulaires (SMR). Elle présente cette technologie comme un outil supplémentaire pour décarboner des secteurs particulièrement difficiles à décarboner, tels que le chauffage urbain et l’industrie lourde.

Parallèlement, des pays comme la Belgique ont décidé de réactiver des réacteurs, tandis que d’autres nations comme la Pologne construisent déjà de nouvelles centrales électriques sur leur territoire. Ce scénario place l’Espagne dans une position minoritaire au sein de l’Union européenne, étant donné que près de la moitié des États membres incluent l’énergie nucléaire dans leur bouquet énergétique et la considèrent comme une technologie pleinement complémentaire aux énergies renouvelables pour garantir la stabilité de l’approvisionnement.

Impacts sur la sécurité énergétique, les prix et l’emploi

Concernant les impacts directs sur le système, experts et gestionnaires de réseaux électriques s’accordent à dire que l’énergie nucléaire apporte une stabilité structurelle irremplaçable. En effet, lorsque le vent ne souffle pas ou que le soleil ne brille pas, les énergies renouvelables ont besoin d’un système de secours fiable.

La fermeture progressive des capacités nucléaires en Espagne pourrait dangereusement accroître la dépendance au gaz importé, dont la volatilité a été clairement démontrée lors des récentes crises énergétiques.

Le maintien de la production d’énergie nucléaire contribuerait à contenir les prix de l’électricité, protégeant ainsi la compétitivité industrielle des entreprises. De plus, ce secteur soutient des milliers d’emplois qualifiés, essentiels à l’économie de plusieurs régions de l’intérieur de l’Espagne.

La Commission européenne associe directement la présence de l’énergie nucléaire à une meilleure protection contre les crises énergétiques internationales et à la réalisation de prix plus stables pour les citoyens et les entreprises.

Compte tenu des récents changements géopolitiques et énergétiques de ces dernières années, ce nouvel avertissement de Bruxelles relance le débat en Espagne sur la question de savoir si le calendrier de fermeture convenu en 2019 est toujours le plus approprié. Les sociétés propriétaires, quant à elles – Iberdrola , Endesa et Naturgy -, ont déjà officiellement demandé des prolongations pour certaines installations, arguant qu’elles peuvent continuer à fonctionner en toute sécurité.

Malgré cela, l’Espagne maintient un calendrier de fermeture nucléaire qui la place dans une position différente de celle de la plupart de ses partenaires européens et de la tendance mondiale.

Alors que plusieurs pays choisissent de maintenir ou d’étendre leurs centrales nucléaires, l’avenir des centrales espagnoles dépendra des décisions que prendra le gouvernement dans les prochains mois, dans un contexte où la Commission européenne recommande de tirer parti de toutes les technologies propres disponibles — y compris le nucléaire — pour garantir une électricité abordable, stable et à faibles émissions pour la prochaine décennie.

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