La révolution technique, il y a près de 20 ans aux Etats-Unis, de l’exploitation du gaz et du pétrole de schiste, aussi appelés gaz et pétrole non conventionnels, a profondément transformé les marchés mondiaux des hydrocarbures. Cela pourrait à nouveau être le cas dans les prochaines années.
Car l’approvisionnement en pétrole et en gaz provenant du Moyen Orient devenant incertain, peut-être pour de nombreuses années, de nombreux pays investissent massivement dans le pétrole et le gaz de schiste. On peut citer pêle-mêle la Chine, l’Argentine, la Turquie, l’Australie et même au Moyen Orient les Émirats arabes unis et l’Arabie Saoudite. Sans surprise, la grande absente est l’Europe.
La révolution du gaz et du pétrole de schiste il y a près de deux décennies a transformé le marché mondial des hydrocarbures. Elle a permis aux Etats-Unis de redevenir, de façon inattendue, le premier producteur mondial de pétrole et le premier producteur mondial de gaz. Cela a rendu les Etats-Unis autosuffisants en hydrocarbures et a libéré des capacités exportatrices pour le reste du monde provenant notamment du Moyen Orient. Ce n’est pas pour rien si le cartel élargi Opep+ a été contraint pour tenter de maintenir les cours du baril à un niveau pas trop bas de limiter sa production pendant des années.
Avec la guerre lancée par les Etats-Unis et Israël contre la République islamique d’Iran, et la riposte de cette dernière qui a consisté à utiliser l’arme énergétique en bloquant le détroit d’Ormuz et en attaquant des installations pétrolières et gazières de ses voisins du Golfe persique, la donne a encore changé.
Course contre la montre
L’approvisionnement en pétrole et gaz provenant du Moyen Orient devenant incertain et peut-être pour de nombreuses années, il faut trouver des capacités de production de substitution. Des pays producteurs de pétrole et de gaz, anciens et plus récents, augmentent leurs capacités et investissent massivement à l’image du Brésil, du Canada, de l’Argentine, du Guyana, du Suriname, de la Namibie, du Sénégal, du Mozambique… et d’autres, parfois les mêmes, ont décidé aussi de se lancer dans l’exploitation de leurs gisements dits non conventionnels, de pétrole et de gaz de schiste. On peut même parler aujourd’hui d’une véritable course contre la montre.
Plusieurs pays se détachent, la Chine, l’Argentine, la Turquie et au Moyen-Orient les Émirats arabes unis et l’Arabie Saoudite. L’Argentine abrite la formation dite de Vaca Muerta, considérée comme la deuxième plus grande au monde pour le pétrole et le gaz de schiste, après le bassin permien qui se trouve aux Etats-Unis entre le Texas et le Nouveau Mexique, et l’activité y est en plein essor.
Le gisement de Vaca Muerta entre en production
Après un démarrage lent au début de cette décennie, Vaca Muerta a commencé à décoller avec une production de pétrole brut en hausse en 2025 de 16% par rapport à l’année précédente. D’ici la fin de la décennie, voire plus tôt, le gisement de schiste argentin sera en mesure de produire au moins un million de barils de pétrole brut par jour et d’importantes quantités de gaz naturel.
« Vaca Muerta est l’un des gisements de schiste les plus prometteurs au monde, et nous sommes ravis de continuer à investir en Argentine et de renforcer la …