L’un des problèmes de fond de la transition énergétique et de l’électrification des économies est la course de vitesse dans le monde entre l’augmentation des capacités de production d’ électricité et celle de la consommation.
Même le solaire photovoltaïque, qui est pourtant rapide à construire et à mettre en service, ne parvient pas à combler le gap…. avec toutefois une faiblesse majeure, son intermittence.
Il faut faire la distinction dans le mix énergétique entre les capacités de production théoriques et la production réelle. Le solaire et l’éolien ont des facteurs de charge faibles (entre 10-20% du temps pour le solaire et 20-40% pour l’éolien).
Selon l’Energy Institute, c’est la raison pour laquelle le charbon et le gaz naturel occupent toujours une place prépondérante dans le mix mondial de production d’électricité. Ce sont des moyens de production d’électricité pilotables capables de répondre à la demande quand elle se manifeste.
Il y a deux constantes de la transition énergétique qui ne permettent pas de l’appréhender et de la mener de la façon la plus efficace, la plus réaliste et la plus rapide.
- La première, c’est l’importance démesurée prise par la communication politique et économique et ses annonces qui se veulent spectaculaires, ses slogans simplificateurs et ses engagements qui ne seront jamais tenus et ne peuvent pas l’être. Le tout communication donne à la fois le sentiment de faire du surplace et décrédibilise au fil du temps la parole des décideurs politiques et économiques.
- Le second point qui complique considérablement la transition est la difficulté à regarder la réalité des écosystèmes mondiaux de l’énergie et du temps, des efforts et des moyens financiers et humains à mettre en œuvre pour les transformer.
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Une bonne façon de mesurer la réalité de la transition est de se pencher sur la réalité des systèmes électriques dans le monde. L’électrification des usages dans les transports, l’industrie, les bâtiments (chauffage, climatisation) est de très loin le moyen le plus efficace de décarboner les économies. Il y a un réel consensus sur cela. Mais, à condition de produire une électricité décarbonée (renouvelable et nucléaire).
Les progrès existent et sont indéniables, mais ils sont lents… Ainsi, 57% de l’électricité produite l’an dernier dans le monde était encore fabriquée avec des combustibles fossiles, à savoir du charbon, du gaz naturel et du fioul.
De 65% en 2000 à 57% en 2025
Dans son rapport « Statistical Review of World Energy », publié il y a quelques semaines, l’Energy Institute montre que si les sources d’électricité renouvelables se développent, essentiellement le solaire et l’éolien, le monde continue de produire la majeure partie de son électricité à partir de combustibles fossiles. Très exactement 57% selon les calculs du Pew Research Center, qui a analysé les données d’Ember — une organisation œuvrant pour la neutralité carbone et partenaire de l’Energy Institute pour la rédaction de la « Statistical Review of World Energy ».

Si les 57% sont une proportion importante, elle est toutefois en recul par rapport aux 65% enregistrés en 2000. Ce sont des progrès, mais lents. Il ne faut pas perdre de vue que dans le même temps, en un quart de siècle, la production et la consommation d’électricité ont plus que doublé dans le monde.
Et plus édifiant encore, le rapport de l’Energy Institute estime la part du charbon, du gaz naturel et du pétrole dans la consommation mondiale d’énergie primaire à 86%. Un chiffre qui est pratiquement inchangé …