On ne peut pas accélérer l’électrification des usages, dans les transports, l’industrie, le chauffage et la climatisation des bâtiments, en continuant à faire s’envoler les prix de l’ électricité. C’est un raisonnement économique des plus basiques, sauf pour les technocrates de la Commission européenne.
L’Europe paye déjà son électricité deux à trois fois plus chère que les Etats-Unis et la Chine. Et si elle investit massivement comme le projette la Commission pour stocker l’électricité produite par les renouvelables intermittents, les prix de l’électricité ne peuvent que continuer à augmenter.
La politique énergétique de l’Union Européenne (UE) est dans une impasse. Elle ne parvient plus à surmonter les contradictions accumulées au fil des années. Elle n’atteint pas des objectifs de décarbonation de plus en plus ambitieux et de plus en plus irréalistes. Elle n’a cessé d’appauvrir les pays de l’Union avec une envolée des prix de l’ énergie qui pèse sur le pouvoir d’achat des populations et se traduit par une désindustrialisation accélérée.
C’est une politique à la fois incohérente et dogmatique. L’Europe est fortement dépendante des importations d’hydrocarbures, gaz et pétrole, pour environ 55% de ses besoins énergétiques. Mais elle n’entend pas, pour des raisons environnementales, en produire plus par elle-même tout en disposant de ressources abondantes dans son sous-sol, notamment de gaz et de pétrole de schiste.
Elle affronte les crises énergétiques qui se succèdent dans un état total d’impréparation. Les réserves de gaz sont aujourd’hui, et pour cette période de l’année, à un niveau très bas. Il faut vraiment souhaiter que l’hiver ne soit pas trop rigoureux…
Une électrification menée en dépit du bon sens
Compte tenu des différentes contraintes qu’elle s’est imposée, l’Europe a donc fait le choix, logique cette fois, de l’électrification des usages, notamment dans les transports, l’industrie et le chauffage et la climatisation des bâtiments. Mais sans pour autant s’en donner vraiment les moyens et en rendant les choses presque impossibles.
En faisant depuis dix ans des renouvelables intermittents une absolue priorité et en les subventionnant massivement, car ils ne sont pas compétitifs, et en leur donnant la priorité sur les réseaux, elle a fait s’envoler les prix de l’électricité.
Il a fallu et il faut encore dépenser des centaines de milliards par les gouvernements et les consommateurs pour construire et exploiter les parcs éoliens et solaires, mais aussi pour stabiliser, renforcer et adapter les réseaux électriques. Et dans le même temps, se pose de plus en plus le problème …