Les vrais objectifs du GIEC sont plus prédictibles que le climat

(Article de Simone Wapler, originellement paru dans Le Courrier des Stratèges le 30 Août 2021)

Le récent rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) nous prouve que nous sommes en train de basculer vers le scientisme, courant politique qui vise à « organiser scientifiquement l’humanité ». Seuls les experts « savent ». Par conséquent, le pouvoir de diriger une masse obscurantiste leur revient légitimement. Le projet de ces experts est aujourd’hui la décroissance, une baisse drastique de notre niveau de vie. Implicitement, cela revient à admettre que les dettes ne seront jamais remboursées. Le vrai danger n’est donc pas climatique, il est politique et monétaire.

Le dernier rapport du GIEC publié mi-août se veut pressant : la fin du monde est pour bientôt. Il est urgent de faire quelque chose. À défaut de nous suicider à grande échelle, la décroissance est préconisée. La presse subventionnée s’est jetée instantanément et avidement sur la synthèse politisée de la présentation sans creuser plus en avant les milliers de pages du rapport.

Pourtant, la « science » empirique climatique qui sous-tend les prévisions est régulièrement prise en défaut depuis trente-deux ans, date du premier rapport (fonte de l’Himalaya, élévations de température prédites et jamais atteintes, disparition de la banquise, montée des eaux que nous attendons toujours).

Trente-deux années de recul devraient rendre modestes ces experts et pousser à la critique les médias. Mais il est vrai que lesdits experts sont adoubés par les gouvernements selon des règles politique et les médias subventionnés par les contribuables dépendent de l’argent public. Plutôt que le recul critique qu’on pourrait attendre, la collusion prévaut entre les médias et le GIEC

Les prévisions apocalyptiques ne se produisant pas, les modèles du GIEC sont corrigés a posteriori pour les faire recoller à la réalité constatée. Ce n’est pas pour autant que leur qualité prédictive s’améliore. En réalité, plusieurs modèles coexistent, qui aboutissent à différentes anticipations de résultats. Ceci prouve que lesdits modèles restent dans l’état actuel imparfaits et incomplets. Prétendre régenter l’humanité à partir d’approximations grossières relève du totalitarisme.

Le scientisme du GIEC

Les rapports de milliers de pages sont émaillés d’équation qui font « sérieux » du genre de celle-ci :

Cette élégante formule logarithmique est supposée décrire l’accroissement de température ∆T depuis la période préindustrielle en fonction de l’accroissement de concentration en CO2 dans l’atmosphère (par rapport à la référence de 280 ppm valeur reconnue à la fin du XVIIIe siècle). Une intégrale triple dans le champ complexe eut été peut-être encore plus crédible… et plus dissuasive pour le lecteur tenté de dépasser le résumé de présentation hâtif.

Concrètement, le climat est la résultante de tant de phénomènes qu’il faudrait probablement mettre autour d’une table des milliers d’experts de disciplines très diverses qui ne s’accorderaient sur aucun modèle prédictif.

Signalons que de nombreux spécialistes (non adoubés par le GIEC, ils ne peuvent prétendre au qualificatif d’expert) de plusieurs disciplines contestent les hypothèses de base des modèles (l’effet anthropique c’est-à-dire l’activité industrielle humaine, l’importance du CO2  en tant que paramètre prépondérant de l’effet de serre, notamment). 

Récemment, Steven Koonin, professeur de physique, spécialiste des modèles climatiques, sous-secrétaire à la science au département de l’énergie sous la présidence d’Obama a fait son coming out climatosceptique en mai 2021 dans un livre grand-public titré Unsettled, what climate science tells us, what it doesn’t and why it matters qui s’est rapidement hissé numéro 1 de sa catégorie sur Amazon. Il démine le dernier rapport du GIEC dans un article du Wall Street Journal.

La montée du scepticisme

Les années passant, des scientifiques rejoignent la foule très peu audible des climatosceptiques ou climatoréalistes. Ces frondeurs ont leur site francophone sous la houlette de Benoit Rittaud (mathématicien, maître de conférences hors classe à l’université Paris 13) : https://www.climato-realistes.fr.

Dans le grand-public, les éoliennes – intermittentes de l’énergie – sont de plus en plus contestées en raison de leur inefficacité constatée. En outre, il est difficile de masquer que la quasi-mise à l’arrêt des économies développées pour cause d’urgence sanitaire ne s’est accompagnée d’aucun effet mesurable en matière d’émission de CO2.

La destruction économique et monétaire planifiée au nom de l’urgence climatique

Il n’en demeure pas moins qu’une urgence en effaçant une autre, il existe un vrai projet promu par une certaine élite mondialisée de diaboliser tout ce qui tourne autour des énergies fossiles ou même nucléaires pour promouvoir des énergies vertes profitant à certains lobbies. La machine préférée des technocrates et politiciens – la pompe taxation-subvention – va s’emballer.

La Banque centrale européenne va désormais faire ronfler la planche à billets pour soutenir une économie verte et numérique.

Mariana Mazzucato, professeur en économie de l’innovation et valeur publique à l’University College de Londres, vient de publier un livre intitulé Mission Economy : A Moonshot Guide to Changing Capitalism (L’économie missionnaire : un guide du changement du capitalisme, livre non traduit en français). Cet ouvrage fait lui aussi partie des meilleures ventes d’Amazon. Selon l’auteur, l’urgence climatique exigera dans le futur des « confinements climatiques » et par comparaison ceux du COVID-19 paraitraient anecdotiques.

Vous pourriez vous voir interdire de conduire votre voiture ou de prendre un avion sans autorisation (et vous serez probablement taxé au kilomètre pour l’un ou l’autre). La consommation de viande pourrait être rationnée ou prohibée. Des « mesures d’économie d’énergie » extrêmes (comme l’interdiction de forer du pétrole ou du gaz) sont aussi souhaitables.

Les partisans de la décroissance se font de plus en plus entendre. Personne, cependant ne pose une question simple : comment financer la décroissance et les énergies vertes dans un monde déjà surendetté.

Il semble que le “succès” des expérimentations monétaires menées depuis 2008 fasse perdre la tête aux interventionnistes de tout poil.

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