L’ONU, le GIEC et le climat : l’envers du décor -6-

6 – La naissance d’une manipulation mondiale

En préalable à l’examen des multiples manipulations, falsifications et dysfonctionnements qui ont marqué la gouvernance climatique exercée par l’ONU et le GIEC depuis 1992, mentionnés dans l’article n°5, il faut rappeler dans quel contexte s’est effectuée la mise en place de cette gouvernance

L’environnementalisme avait pris son essor à partir des années 1960, avec un nouveau crédo planétaire prenant appui sur les thèmes suivants  : « il faut protéger la planète des excès de la civilisation industrielle et capitaliste qui la mènent à sa destruction. L’homme est coupable et doit remettre en question son mode de vie prédateur. Il faut lutter contre les gaspillages, la surconsommation, les pollutions et réduire les inégalités de richesse entre les pays. »

L’ONU a été rapidement investie, jusqu’à ses plus hautes sphères, par des partisans de ce nouveau paradigme, qui ont développé une grande proximité avec les mouvements écologistes radicaux en pleine ascension.

Le rôle central de Maurice STRONG

Maurice Strong a été un acteur clé pendant toute cette période. Ce canadien d’origine, issu d’un milieu très modeste, qui avait arrêté ses études à l’âge de 14 ans, connut une carrière exceptionnelle. Il alterna entre les affaires privées où il fit fortune et des fonctions éminentes à l’ONU. 

  • en 1971, il est nommé par U Thant  Président de la 1ère « Conférence des Nations Unies sur le développement humain » qui se déroulera à Stockholm en 1972.
  • en 1973, il crée au sein des Nations Unies le PNUE (Programme des Nations – Unies pour l’Environnement) et devient ainsi, à 44 ans, le Ministre de l’Environnement de la planète.
  • en 1983, il est nommé par Kofi Annan membre de la «  Commission mondiale sur l’environnement  et le développement », dite « Commission Brundtland », où il retrouve Bert Bolin.

 

Du fait de sa jeunesse démunie, il a de fortes convictions socialistes.
Il considère que le règlement des problèmes du monde nécessite la mise en place d’un gouvernement mondial.

Il considère aussi que le principal risque de la planète vient de l’action des pays riches (égoïstes) et il pose la question :

“Est-ce que le seul espoir pour la planète est que la civilisation industrielle s’écroule ?  N’est-ce pas notre responsabilité d’arriver à ce résultat ?”

Il est bien un adversaire du système capitaliste.

En matière climatique, il comprend tout de suite l’intérêt d’une théorie qui met en cause la responsabilité humaine. Il comprend aussi que la mise en accusation du CO2 anthropique permet de faire porter la responsabilité du réchauffement en cours sur les pays industrialisés, principaux émetteurs de C02 depuis le début de l’ère industrielle, et donc de justifier le mise en place d’un mécanisme de transfert de richesses massif des pays industrialisés, riches, vers le reste du monde, à titre de compensation.  C’est bien le plan que défend sans relâche l’ONU depuis plus de 30 ans.

Vue à travers ce prisme, la maîtrise de la gouvernance sur le climat prend une dimension politique nouvelle et essentielle et confère à l’ONU un rôle éminent dans la redistribution des richesses mondiales.

Bolin de son côté s’active depuis de nombreuses années pour faire triompher la thèse de la responsabilité du CO2 anthropique dans le réchauffement climatique, thèse dont il a la conviction intime, comme nous l’avons vu précédemment (article n° 3 – Conférence de Villach – 1985)

Strong et Bolin vont donc joindre leurs efforts pour faire aboutir leurs projets. Comme rapporté dans les articles précédents, ces actions concertées vont aboutir à deux résultats majeurs :

  • la création du GIEC en 1988, qui va jouer dorénavant un rôle déterminant sur la question climatique, avec Bolin à sa présidence de 1988 à 1997 
  • l’adoption de la « Convention Cadre des Nations Unies pour le changement climatique »  adoptée à l’unanimité au Sommet de la terre à Rio en 1992, présidé par Maurice Strong.


A partir de 1992, la Communauté Internationale s’est ainsi dotée d’un organisme intergouvernemental, le GIEC, pour  développer la science climatique et faire face aux nouvelles menaces annoncées et d’une gouvernance internationale pour lutter contre le réchauffement climatique par la réduction des émissions de CO2 anthropique, avec une réserve : que soit confirmée scientifiquement la culpabilité des dites émissions.

Un grand pas en avant semble ainsi avoir été fait.

Des objectifs antagonistes

Mais la réalité est bien différente car les principaux acteurs n’ont pas du tout les mêmes objectifs

D’un côté, il y a la grande majorité des gouvernements qui s’imaginent qu’une nouvelle coopération internationale prometteuse vient d’être mise en place relative à la gestion de la menace climatique

L’objectif étant de fournir aux dirigeants mondiaux des informations fiables leur permettant de déterminer les politiques les plus appropriées à mettre en œuvre face à cette menace.

Le GIEC, nouvel organisme intergouvernemental, constitué de représentants de la planète entière, fut couvert des qualificatifs les plus louables aux yeux de tous. C’était l’annonce d’une formidable coopération scientifique internationale pour apporter une réponse objective et partagée par tous à cette menace climatique universelle.

Mais de l’autre, il y avait les dirigeants de l’ONU, Maurice Strong et Bert Bolin en tête, qui avaient un tout autre agenda.

Car derrière les beaux discours sur la mission scientifique pluraliste et ouverte assignée au GIEC dans ses statuts, lors de sa création, les objectifs réels de Strong et de Bolin étaient très différents.

Pour les dirigeants de l’ONU, le GIEC, émanation commune de deux organisations onusiennes, l’UNEP et l’OMM, avait l’ardente obligation d’apporter la preuve scientifique de la responsabilité du CO2 anthropique dans le réchauffement climatique, telle que figurant dans la Convention Cadre adoptée en 1992.

Toute autre hypothèse devait être combattue, et si possible rejetée ou minimisée.

La manipulation en marche

Les modalités de cette manipulation font l’objet de développements détaillés dans le nouvel ouvrage de Christian Gérondeau : « La religion écologiste », publié aux éditions L’artilleur en mai 2021.

Pour atteindre cet objectif, il fallait que le GIEC maîtrise aussi étroitement que possible la science climatique, ses principaux acteurs et éliminer toutes les voix qui ne s’inscrivaient pas dans la lignée officielle. Une tâche qui a nécessité de mettre en place une organisation minutieuse visant à s’appuyer en priorité sur les militants partageant la vision officielle et en éliminant systématiquement tous les autres.

Le GIEC pouvait compter sur une manne financière abondante, réservée à ses partisans,  distribuée par les agences gouvernementales. Il constitua progressivement des réseaux de soutien puissants qui trouvaient leurs avantages à promouvoir la ligne officielle et sur lesquels nous reviendrons.
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En conséquence, au lieu de faire du GIEC l’outil d’une coopération scientifique internationale ouverte à toutes les disciplines relatives à la science climatique et à tous les chercheurs, dans toute leur diversité (mission officielle, fixée lors de la création du GIEC), Bolin en fit un organisme fermé, placé sous la tutelle politique des dirigeants du GIEC, dont il avait le contrôle absolu, et mit l’organisation au service des objectifs politiques qu’ils avaient définis dans la Convention Cadre des Nations Unies.

Bien évidemment, le GIEC a tout fait pour masquer cette dérive souterraine. De multiples artifices ont été mis en avant, appuyés par une puissante propagande de tous les instants, pour propager l’image d’un organisme scientifique aux pratiques exemplaires, disposant du soutien d’un consensus de 97% des meilleurs scientifiques de la planète

Ainsi, dès lors que l’ONU a fait condamner le CO2 anthropique par anticipation en 1992, le GIEC n’eut plus d’autre choix  que de mettre petit à petit la science climatique sous sa tutelle afin de lui faire dire ce que l’ONU lui avait enjoint de déclarer, à savoir d’apporter la confirmation scientifique de la responsabilité du CO2 anthropique dans le réchauffement climatique.

Nous verrons que certains  grands dirigeants politiques mondiaux (Thatcher, Al Gore, Obama, Blair, les dirigeants de l’UE, etc …° portent une  responsabilité particulière pour avoir, pour des motifs d’opportunisme politique (par exemple capter les voix des électeurs écologistes en plein essor) mis tout leur poids pour faire triompher les thèses de l’ ONU et du GIEC et leur permettre ainsi d’assurer la domination mondiale de la Pensée Unique onusienne alors que de nombreux signaux auraient dus les alerter sur certaines dérives importantes qui risquaient de décrédibiliser l’action et les résultats des travaux du GIEC.

En effet, dès lors que cette Pensée Unique onusienne a été imposée, en tous cas en partie, par des méthodes qui paraissent très contestables, selon les auteurs sur lesquels nous nous appuyons pour rapporter ces faits, la sagesse et la prudence  n’auraient-elles pas dû conduire au minimum  à  écouter les thèses des opposants plutôt que de les dénigrer d’emblée comme ce fût le cas, systématiquement.   

Cette montée en puissance de la Pensée Unique onusienne ne se fit pas sans résistances et sans fortes manipulations. Curieusement, les gouvernements actifs au sein du GIEC, et tout particulièrement le gouvernement français, laissèrent faire quand le GIEC franchit la ligne jaune à plusieurs reprises.

Plusieurs auteurs ont analysé les moyens et les méthodes mis en œuvre par l’ONU et le GIEC dans l’exercice de cette gouvernance mondiale sur le climat. Ils ont relevé de multiples manipulations et dysfonctionnements qui mettent sérieusement en cause son fonctionnement et la crédibilité de ses résultats.

Les articles suivants seront consacrés à l’examen de ces analyses et de ces témoignages.

A SUIVRE :  article n°7

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Une réponse

  1. Voici ce qu’écrivait Jacques Monod en 1948 : « Comment Lyssenko a-t-il pu acquérir assez d’influence et de pouvoir pour subjuguer ses collègues, conquérir l’appui des médias, recevoir l’approbation du Comité Central du Parti et de Staline en personne, au point qu’aujourd’hui la « Vérité » dérisoire de Lyssenko est encore la vérité officielle garantie par l’Etat, que tout ce qui s’en écarte est irrémédiablement banni de la science Soviétique, et que les opposants qui défendent la vraie science sont honteusement cloués au pilori ? Tout cela est insensé, démesuré, invraisemblable. C’est pourtant vrai. » Nous sommes dans un délire identique, mais planétaire, qui touche les gouvernements, les instances internationales, notamment l’ONU et la Commission, les ONG, et la très grande majorité des médias. C’est du lyssenkisme pur et dur, mais au niveau de la planète. Si l’on remplace dans le propos de Jacques Monod « Lyssenko » par « Maurice Strong » et ses successeurs, le Comité Central du Parti par l’ONU, Staline par les secrétaires généraux du Grand Machin, on a l’idéologie du réchauffement climatique anthropique

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