Impact écologique de la construction d’une éolienne

(Crédit photo : Commune de Chamole, Sem Enr C, sociétés Jurascic, Ericsol, Énergie Partagée Investissement)

Savez-vous que chaque éolienne terrestre de dernière génération, de 3 MW, comme celles du parc éolien de CHAMOLE* dans le Jura, mis en service en 2017, consomme :

  • 6000 m2 de terrain, le plus souvent terre agricole
  • 1500 t de béton et 70 t d’acier pour son socle de 20 m de diamètre et 3 m de profondeur
  • 1600 t de béton et d’acier pour son mat de 135 à 150 m de haut ?

 

Savez-vous que :

  • la nacelle pèse 220 t dont beaucoup de cuivre et terres rares pour l’alternateur
  • chaque pale de 56 m en fibre de verre ou fibre de carbone et époxy (impossibles à recycler) pèse 25 t
  • les éoliennes de CHAMOLE avec leurs pales culminent à 191 m.

 

A cela il faut ajouter la construction de chemins et l’installation de câbles enterrés à 1 m de profondeur pour relier les éoliennes les unes aux autres et finalement au réseau, sans compter les transformateurs nombreux au rendement médiocre. Le premier transformateur se trouve dans le pied du mat.

C’est une véritable usine en plein champ, bénéficiant d’un permis de construire quasi automatique en procédure dérogatoire accélérée. Bientôt des éoliennes terrestres de 7 MW avec encore plus d’impact.

Et tout ça pour produire de l’électricité 23 % du temps, achetée par EDF qui la revend à perte à ses clients !

*Source : SCIC SA, LONS LE SAULNIER

Pour les étapes de construction d’une éolienne voir la video produite par RTE en 2008 :  https://slideplayer.fr/slide/14793490/

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4 réponses

  1. Je me suis longtemps occupé de construire des éoliennes (pour info les 3 MW existent depuis 20 ans environ…) et je tenais à faire quelques rectifications nécessaires pour rétablir la vérité:
    – je ne comprends pas les 6.000 m² de terrain agricole occupés par éolienne; si la construction nécessite cette surface environ, rien n’empêche de rétablir le terrain initial autour de l’éolienne après évacuation des travaux. A part les éoliennes de plaine (bande N/O de la France pour bénéficier des vents établis venant de l’océan), très souvent elles sont implantées sur les crêtes plus à l’intérieur des terres pour trouver du vent, où c’est rarement des terrains agricoles!!
    – pourquoi invoquer des quantités “astronomiques” (tout est relatif!) de béton et d’acier: on n’a rien sans rien! les centrales nucléaires aussi sont faites de béton et d’acier; l’acier est parfaitement recyclable en fin de vie, comme beaucoup d’autres constituants de ces machines; le béton à la longue se délitera aussi comme on peut le constater sur les millions de m3 de béton des ouvrages du mur de l’Atlantique, qui ne semblent poser de problème à personne…Ne parlons pas des barrages hydroélectriques où les volumes de béton peuvent là aussi être impressionnants (cf le barrage des 3 gorges en Chine). Le plus gros problème reste les pales en composite non recyclables à ce jour, mais des pistes de recherches se développent. En comparaison, les déchets nucléaires (composants contaminés et résidus hautement chargés en nucléides hyperdangereux) sont évidemment du pipi de chat!.
    – concernant le réseau de distribution, là aussi cet article est à charge car il en faut pour toute source d’énergie (cf la taille des réseaux qui sortent des centrales nucléaires ou des barrages)
    – enfin la banalité la plus idiote qu’on entend partout: les éoliennes (terrestres) produisent 23% du temps; c’est évidemment complètement faux: elles produisent quasi tout le temps dès qu’un zéphyr de 5 m/s se lève, mais pas à la puissance nominale; les 23% résultent de la quantité d’énergie totale produite dans l’année en MWh (yc l’entretien et les arrêts volontaires quand elle dépasse son quota) divisée par la puissance nominale x 8765h; faites aussi le calcul pour une centrale nucléaire et vous serez surpris du facteur de charge réel…
    En conclusion, si vous voulez attaquer les éoliennes, c’est sur un autre plan qu’il faut se placer: perturbation des paysages (la plupart du temps), bruit, perte de valeur des biens avoisinants, rentabilité outrageante pour les investisseurs…
    Je précise que je ne suis plus un partisan effréné des éoliennes (sauf celles en mer et quelques sites où elles ne dérangent que les corbeaux). N’oublions pas que c’est un mix énergétique qui est la meilleure solution). Il n’y a pas de solution miracle unique.

  2. Je réponds sur les 23% du temps : pour autant que je sache, la puissance d’une éolienne est proportionnelle au cube de la vitesse du vent : un vent 2 fois moins fort divise la production de l’éolienne par 8, et 3 fois moins fort par 27.
    … ce qui donne quand même des creux de production importants, … et qui peuvent durer.

    Par ailleurs, la production d’électricité doit être dimensionnée par rapport aux pointes de consommation, et non pas par rapport à une consommation moyenne.

    La nécessité d’un “mix énergétique” est elle aussi discutable, dès lors qu’on a une production d’électricité dimensionnée pour les pointes, donc pilotable, donc probablement essentiellement nucléaire si on la veut décarbonée.

  3. Cher Papoumontchat

    “rien n’empêche de rétablir le terrain initial autour de l’éolienne après évacuation des travaux”

    Il faut savoir que pour leurs tracteurs et leurs remorques les agriculteurs utilisent les pneux les plus larges possibles pour diminuer la pression au cm2 car plus le sol est tassé, plus le rendement baisse.
    Vous imaginez le tassement provoqué par des centaines de camions toupies chargés de béton et des semi-remorques de 50 roues avec 100 t de ferraille qui circulent et manœuvrent autour du pied du mat. Des années de labour ne suffiront pas à rattraper les dégâts.

    Les centrales nucléaires sont aussi faites de béton et d’acier
    Certainement mais elles produisent infiniment plus d’énergie sur un seul site qu’une éolienne. Prenons un réacteur EDF typique de 1300 MW il faudrait 1300 / 3 = 433 éoliennes de 3 MW pour avoir la même capacité nominale. Et les réacteurs nucléaires vont en général par deux ou trois sur le même site. Les éoliennes sont dispersées en zones rurales loin des sites de consommation et raccordées au réseau de façon couteuse par des centaines de km de cables alors que les centrales nucléaires sont branchées directement sur le réseau haute tension. La dispersion et l’occupation de l’espace sont le 3ème handicap des éoliennes après leur intermittence et leur cout de production d’électricité très élevé, sans compter les problèmes d’environnement dont vous faites mention.

  4. Pour compléter les commentaires ci-dessus :
    – le facteur de charge des centrales nucléaires est de l’ordre de 80% de la puissance maximum (entre 900 et 1450 MW selon le type de réacteur) tout compris ; un peu mieux que 23% non pilotable!
    – le débat sur les déchets serait trop long à exposer mais on peut très simplement dire que la filière des réacteurs à neutrons rapides (comme Phénix, ASTRID4 et autres) a été systématiquement arrêtée (Voynet puis Macron sur pression des écolos?). On se demande pourquoi car, non seulement elle permet de brûler les déchets les plus difficiles à stocker (HALV : haute activité et longue durée de vie), mais en outre elle permet de produire de l’électricité. Compte-tenu des déchets entreposés jusqu’à ce jour, elle réduit considérablement les besoins en Uranium (qui de toute façon ne représente que 5% du coût de production).
    – Les centrales actuelles contiennent 6 (Graveline), 4 ou 2 réacteurs. Ces derniers sites disposent d’une surface suffisante pour implanter au moins un EPR (Flamanville)…

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