Faut-il ruiner l’économie française pour sauver la planète ?

Le souci de sauvegarder notre planète est tout à fait légitime mais son sort est-il vraiment entre les mains des Français ?

Une étude récente du bureau des statistiques des Nations-Unies portant sur la période 1980-2017 a montré que le PIB par tête des Français n’a été multiplié que par 3,03 dans cet espace de temps, alors qu’aux États-Unis le multiplicateur a été de 4,8, et que le coefficient de l’État hébreu a été de 6,6.

C’est ce que montre le tableau ci-dessous :

PIB/tête en dollars courants (ONU : Statistics Division)

L’économie française réalise depuis une quarantaine d’années des performances très médiocres, bien inférieures à celles des autres pays européens. Comme je l’ai énoncé dans d’autres articles, ces performances exécrables ont pour cause la grave désindustrialisation du pays devenu le plus désindustrialisé de tous les pays européens, la Grèce exceptée. Depuis des années tous les clignotants sont au rouge et le pays est contraint de s’endetter chaque année un peu plus.

Nos gouvernants viennent seulement de comprendre d’où provient le mal et Emmanuel Macron a donc lancé en 2021 son plan « France 2030 » afin de réindustrialiser le pays. C’est une urgence mais un nombre considérable d’obstacles sont à surmonter et ils sont essentiellement d’ordre sociologique.

Le principal frein vient des écologistes. Le pouvoir politique est paralysé par eux, incapable de surmonter les obstacles qu’ils ne cessent de poser dans tous les domaines.

Les écologistes vont-ils empêcher l’économie française de se redresser ?

L’exemple de la société Bridor en Bretagne

La société Bridor, du groupe Le Duff, avait le projet depuis 2017 d’une nouvelle usine à Liffré en Bretagne pour y produire du pain et des viennoiseries surgelés.

Selon le journal local, elle vient d’y renoncer en raison d’une forte opposition locale et des élus écologistes.

Le PDG de l’entreprise a annoncé que « au vu des recours engagés devant la justice rien ne sera possible avant 2025. »

Ce boulanger industriel qui produit 4 milliards de croissants, brioches et pains vendus dans une centaine de pays va installer son usine ailleurs pour répondre à la demande, probablement au Portugal. Il nous dit : « En Allemagne, j’ai installé une usine à Düsseldorf et cela a demandé 2 ans. »

Les Français trop soucieux de l’avenir de la planète ?

Le souci de sauvegarder notre planète est tout à fait légitime, mais son sort est-il vraiment entre les mains des Français ? Tout se passe comme s’il en était ainsi.

Nous allons voir que la France pourrait quelque peu lever le pied sur ses préoccupations écologiques au moment où le problème du redressement de l’économie est une priorité majeure pour assurer l’avenir du pays. Un peu moins de rigueur dans les mesures à prendre pour défendre la nature ne changerait en rien le sort de notre planète.

La “pollution” de l’atmosphère

Selon les travaux du GIEC, l’activité humaine provoque une augmentation des gaz à effet de serre (GES) provoquant un réchauffement du climat. Parmi les GES, le dioxyde de carbone, le CO2, est l’élément principal car il intervient pour 65 % dans le phénomène de réchauffement. Les États se sont engagés en décembre 2015, à la COP 21 de Paris, à limiter leurs émissions de GES avec pour objectif un accroissement de la température d’un peu moins de 2 degrés Celsius par rapport au niveau préindustriel.

Selon les statistiques de la Banque mondiale, en 2019 les émissions de CO2 se ventilaient comme suit, selon les pays :

  • Chine…………………..  30,3 %
  • Etats-Unis……………  13,4 %
  • Europe…………………  11,4 %
    dont France………….    0,8  %
  • Asie (hors  Chine)…. 18,3 %
  • Autres………………….. 26 ,6 %

 

La part de la France est tout à fait minime : moins de 1 % du problème mondial.

Émission en tonne de CO2 par habitant :

  • États-Unis………… 15,5
  • Corée du Sud…….. 12,6
  • Russie………………. 12,4
  • Japon………………..  9,1
  • Pologne……………..  8,8
  • Allemagne………….  8,5
  • Chine…………………  8,3
  • Espagne……………..  5,5
  • Italie………………….. 5,5
  • France……………….. 4,8

 

Manifestement, la France est hors de cause pour les efforts à faire pour sauver la planète. En examinant les évolutions, on note que l’accroissement des GES a été de 68 % dans le monde depuis 1990, les principaux responsables étant :

Accroissements des GES / 1990

  • Chine……………. +380 %
  • Inde……………… +330 %
  • Etats-Unis…….. + 0,8 %
  • France…………..  – 17,3 %

 

Ces chiffres montrent que les efforts faits par la France n’ont aucun effet au plan global si les deux principaux pollueurs continuent à ne pas réduire leurs émissions.

Les sources de CO2

La principale source d’émission de CO2 est la combustion des énergies fossiles : en 2019,  le charbon intervenait pour 27 %, le pétrole pour 31 % et le gaz naturel pour 23 %.

En France, selon Youmatter qui cite le Haut Conseil pour le Climat, la répartition est la suivante :

France : sources de CO2

  • Transports…………………… 29  %
  • Résidentiel et tertiaire…… 20 %
  • Agriculture, élevage………. 19 %
  • Industrie……………………… 18 %
  • Transformation énergie…. 11%
    dont prod.électricité  5 %
  • Déchets………………………… 3 %

 

En France, l’industrie intervient donc modestement dans les émissions de CO2.

Les écologistes sont pourtant là et les “pollueurs” sont donc taxés : la taxe carbone est passée de 14,5 euros/t en 2015 à 56 euros en 2020 ; elle sera de 100 euros en 2030.

La France veut atteindre la neutralité carbone en 2050.

Emmanuel Macron a réuni le 8 novembre dernier, dans la salle des fêtes de l’Élysée, les patrons des principaux sites industriels français pour leur demander de diviser par deux leurs émissions de CO2 d’ici 10 années. Il leur a indiqué qu’il portera à 10 milliards d’euros l’aide dédiée à cet objectif dans le cadre du plan France 2030.

Pourquoi autant de précipitation si le secteur industriel ne représente que 18 % de nos émissions de CO2 ?

Rexecode a calculé que d’ici à 2030 les entreprises, ménages et administrations allaient devoir investir de 58 à 80 milliards d’euros par an. Les entreprises vont devoir augmenter de 10 % leurs investissements annuels.

Une décision a été prise au niveau européen pour interdire la fabrication de véhicules à moteur thermiques à partir de 2035. C’est une révolution complète pour un des principaux secteurs d’activité de l’industrie française qui va être fragilisée car dans le même temps les Chinois sont en passe de devenir le leader mondial du véhicule électrique avec des prix ultracompétitifs.

Les phobies écologistes qui affaiblissent notre économie

L’énergie nucléaire

Le combat des écologistes contre le nucléaire est bien connu et c’est ainsi qu’en Allemagne Angela Merkel, sous leur pression, a fermé toutes les centrales nucléaires du pays pour passer au gaz russe.

Les écologistes considèrent que les centrales nucléaires constituent un danger pour la population,  réchauffent les eaux des rivières et les déchets produits restent radioactifs des milliers d’années. Selon eux, on ne peut léguer aux générations futures des déchets radioactifs pour 100 000 ans. Emmanuel Macron avait nommé Nicolas Hulot ministre de la Transition écologique lors de son premier mandat. Le numéro trois de son premier gouvernement a fait fermer la centrale de Fessenheim.

Il a finalement démissionné et le président est revenu peu à peu sur sa position antinucléaire ayant été instruit par son entourage. Le 10 février dernier à Belfort, il annoncé le lancement de la fabrication de six réacteurs EPR2 : « Il nous faut reprendre le fil de la grande aventure du nucléaire civil en France : il y a rupture du temps passé ».

Les désherbants

Les écologistes ont privé nos agriculteurs du glyphosate et de plusieurs néonicotinoïdes, réduisant ainsi beaucoup les rendements et affaiblissant notre agriculture.

Les plantes OGM

Autre décision affaiblissant notre agriculture : la culture d’OGM est interdite en France depuis 2018 mais la commercialisation d’une centaine d’entre eux est autorisée sur le territoire : maïs, colza, soja… La culture du maïs OGM MON 810 autorisée dans plusieurs pays de l’UE est curieusement interdite en France. Là aussi, c’est un rude coup porté à la compétitivité de l’agriculture française.

Les fermes laitières de mille vaches

Aux États-Unis, les fermes laitières de mille vaches sont la norme et certaines sont bien plus grosses encore. Ce mouvement a été suivi en Allemagne où, aujourd’hui, ces mégafermes laitières sont devenues courantes.

En France, dans la Somme, près d’Abbeville, un entrepreneur s’est lancé dans l’aventure en 2011 : aussitôt des barrages ont été érigés de toutes parts. Le permis de construire délivré pour des bâtiments abritant 1000 têtes a bien été délivré. Puis, vu les mouvements d’opposition, il a été ramené à 500 vaches.

Des mouvements écologiques ont mis en cause le confort des animaux, d’autres se sont élevés contre l’agro-business. Finalement découragé, le promoteur du projet a fini par l’abandonner fin décembre 2020. L’Allemagne produit ainsi davantage de lait, moins cher qu’en France, qui en importe de plus en plus.

Nicolas Hulot alors ministre a participé à ce mouvement.

Les lacs collinaires

Les agriculteurs veulent constituer des réserves d’eau pour l’irrigation en créant des lacs collinaires, ce que l’on nomme des bassines. Les écologistes sont opposés à cette pratique. Encore tout récemment, il y a eu de graves manifestations d’opposants dans les Deux-Sèvres au cours desquelles 61 gendarmes ont été blessés. Les écologistes dénoncent « l’impact écologique de ces mégastructures », car ils sont hostiles à une agriculture intensive. Et élément aggravant pour les agriculteurs : il s’agit d’irriguer des cultures de maïs destinées à l’alimentation animale.

Les aéroports

Les écologistes sont opposés à la création d’aéroports, leur reprochant de soustraire des terres à l’agriculture. Ils dénoncent également la pollution provoquée par le transport aérien. Chacun connaît les luttes des écologistes contre l’aéroport de Notre-Dame des Landes, un projet initié en 1963 et finalement abandonné par le gouvernement d’Édouard Philippe. À l’annonce du retrait du projet, ils ont triomphé, proclamant « une victoire pour la planète » et la sauvegarde du triton crêté, une espèce amphibienne rare.

L’importance des écologistes en France

Les écologistes mènent une lutte contre toutes les solutions offertes par les technologies modernes pour progresser. Beaucoup d’entre eux sont d’ailleurs favorables à un changement complet de modèle de développement : ce sont des adeptes de la décroissance. Ils voudraient une nature vierge des excès des Hommes.

Plusieurs ouvrages récents combattent leurs thèses : Les écologistes contre la modernité de Ferghane Azihari ou le livre du journaliste Pascal Perri intitulé Le péril vert.

Yannick Jadot, le candidat des Verts, a fait le score très médiocre de 4,63 % à la dernière élection présidentielle. Son parti s’est ensuite allié à celui de Jean-Luc Mélenchon pour donner naissance à la NUPES qui a obtenu 131 députés aux dernières législatives. Le parti des écologistes, qui en est une des composantes, en a obtenu 23 seulement. On constate ainsi qu’à l’Assemblée nationale le parti des Verts représente 4 % des voix.

Cependant, malgré ces scores modestes, ce mouvement écologique semble en voie de tout emporter sur son passage. Il a participé à la destruction de notre industrie nucléaire, il affaiblit gravement notre agriculture intensive et il est en passe de porter un coup très sévère à notre secteur automobile. Au moment où le redressement de l’économie française exige que soit reconstitué au plus vite le secteur industriel, on doit craindre que ces mouvements de défense de la nature n’entravent très fortement le redressement du pays.

Le président du Medef, Geoffroy Roux de Bezieux, présentant en mai dernier les résultats d’une étude sur la transition écologique, a affirmé :

« C’est un sujet trop sérieux pour le laisser aux mains des écologistes ».

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