Climat : la France devrait servir d’exemple, mais…

« Est-ce bien raisonnable de vouloir être premier de classe ? » écrivait le psychologue Philippe Perrenoud. Jugés peu sympathiques car surclassant les autres, ils sont souvent mal aimés, jalousés voire ostracisés. Le premier de classe renvoie bien souvent l’image d’un individu sinistre rivé à sa table de travail et infirme sur le plan relationnel. Il incarne des valeurs vilipendées par la société d’aujourd’hui : compétition, sélection, égoïsme et (comble de l’horreur) inégalités.

Ainsi, l’essayiste gauchiste Matthieu Slama considère « le mérite comme un mensonge… servant à justifier les inégalités et les injustices » et « l’orthographe comme un marqueur social » tandis que la députée EELV Sandrine Rousseau fait « l’éloge de la paresse » en culpabilisant le travail coupable « d’émettre du CO2 ».

La détestation de l’élite sociale se retrouve aujourd’hui au niveau de l’excellence climatique.

Sur le climat, le Français est parmi les meilleurs élèves du monde, toutes catégories confondues. Il émet deux fois moins que le Chinois et l’Allemand et 3,5 fois moins que l’Américain.

Il fait, aussi, preuve d’une grande sobriété en consommant à peine plus d’énergie que le Chinois mais 10 % de moins que l’Allemand et la moitié de l’Américain.

Enfin, son intensité énergétique (performance énergétique de l’économie) est l’une des meilleures du monde (26 % de mieux que les États-Unis et 2,5 fois supérieure à la Chine).

La France possède également l’une des électricités les plus décarbonées du monde. Grâce à son nucléaire, le MWh électrique français n’émet que 50 kgCO2/MWh ; c’est sept fois moins que l’Allemagne mais aussi que l’Italie qui, au milieu des années 1990, fut le premier pays européen à sortir du nucléaire.

Ce statut de tête de classe devrait servir d’exemple à l’ensemble de l’Union européenne. On attendrait des ONG bien-pensantes qu’elles décernent à la France la Palme d’or de la décarbonation et le César de la sobriété.

Pourtant, c’est le contraire qu’on observe. Quand le mauvais élève allemand est montré comme exemple alors qu’il rouvre des centrales à charbon pour satisfaire sa catastrophique Energiewende, la France est attaquée de toutes parts par le « tribunal révolutionnaire » du climat. Un tribunal que Yannick Jadot avait annoncé en proposant « la reconnaissance par le droit français du crime d’écocide ».

Ainsi, l’« affaire du siècle » coordonnée par plusieurs ONG d’extrême gauche comme Greenpeace France, Notre affaire à tous ou OXFAM France a été soutenue par une pétition signée par 2,3 millions de citoyens. Le collectif avait signé face à l’État une victoire historique : le tribunal avait sanctionné l’État n’ayant soi-disant pas respecté ses promesses de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Plus récemment, Damien Carême, ancien maire EELV de Grande-Synthe (Nord), aujourd’hui député européen, a saisi le Conseil d’État pour « inaction climatique », estimant que sa commune, située sur le littoral, était menacée de submersion. Un grand classique poussant les maires peu soucieux de l’aménagement du territoire à essayer de se défausser sur un bouc émissaire pour justifier leurs carences. Un copier-coller de l’épisode de 2018 quand, après les dramatiques inondations dans la commune de Bize-Minervois (Aude), le maire avait entamé une action contre TotalEnergies pour « inaction climatique ».

L’inaction climatique devient donc, en France, un paravent juridique justifiant de tout. Mais on sait que derrière ce paravent se cache la stratégie de toujours de l’extrême gauche : instrumentaliser le réchauffement climatique pour avoir la peau de la société de croissance et de son démon capitaliste.

Le dernier rapport publié par France Stratégies (rapport Pisani-Ferry) reconnaît explicitement l’inutilité du pacte vert européen.

Les émissions de GES et le réchauffement climatique étant des phénomènes mondiaux totalement indépendants du lieu d’émission, « des approches nationales voire régionales resteront peu efficaces si elles ne s’intègrent pas dans une politique mondiale de décarbonation ».

La principale motivation n’est donc pas climatique mais morale et se justifierait par « l’aspiration d’un nombre croissant de citoyens à ce que leur pays agisse en conformité avec la morale kantienne ». En d’autres termes, il s’agirait de suicider le Vieux Continent sur l’autel de la vertu.

La France n’est pas le seul bon élève visé par les foudres morales du tribunal du climat. Ainsi la Suisse, un pays certes un tantinet capitaliste, mais pourtant très vertueux en termes de performances climatiques, a été traîné devant la Cour européenne des droits de l’homme par « les Aînées pour la protection du climat suisse ». Il s’agit d’un collectif réunissant 2.000 femmes (d’une moyenne d’âge de 73 ans) invoquant « la vulnérabilité des femmes âgées au climat en termes cardio-vasculaires ou respiratoires ». Pour information, cette association est subventionnée par… Greenpeace Suisse !

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