Philippe Charlez désosse les « climato-gauchistes »

NDLR : Climat et Vérité n’épouse pas les idées de Philippe Charlez en matière de climat, et en particulier de la nécessité pour lui de décarboner. Mais cela ne nous empêche pas d’approuver sa position en matière d’énergie.

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Tandis que les militants gauchistes du climat empêchent toute discussion de fond et sont même parvenus à s’approprier l’écologie – thème pourtant intrinsèquement conservateur -, Philippe Charlez, bien connu des lecteurs de BV, apporte un éclairage plus nuancé dans les débats.

« La vérité est un flambeau qui luit dans un brouillard sans le dissiper », écrivait Helvétius. En matière climatique, la vérité est souvent victime de détournements. L’ouvrage de Philippe Charlez, Les 10 commandements de la transition énergétique, permet d’équilibrer un débat souvent écartelé entre les climato-sceptiques et les éco-hystériques. Expert en questions énergétiques à l’Institut Sapiens, auteur de L’Utopie de la croissance verte, paru en 2021 chez JM. Laffont, ingénieur des Mines de l’École polytechnique de Mons (Belgique), docteur en physique de l’Institut de physique du globe de Paris, Philippe Charlez enseigne à Sciences Po, Dauphine ou l’INSEAD. Il a écrit de nombreux ouvrages sur la transition énergétique et l’écologie, comme L’Utopie de la croissance verte, paru en octobre 2021 aux Éditions JM Laffont. En clair, l’homme maîtrise ce sujet devenu l’objet d’une guerre d’intoxication.

Les militants gauchistes du climat empêchent toute discussion de fond et sont même parvenus à s’approprier l’écologie – thème pourtant intrinsèquement conservateur. Leur nouvelle lubie ? Combattre férocement le nucléaire et prôner une énergie totalement décarbonée. Décidément, les tenants de l’écologie politique ne sont pas à un paradoxe près. Pilonnant depuis des décennies le secteur du nucléaire, ces mêmes militants ont contribué à l’affaiblissement d’un secteur où la France était pionnière :

« Sous la pression d’une extrême gauche antinucléaire tenant les rênes de l’enseignement supérieur, les jeunes ingénieurs sont de moins en moins enclins à vouloir travailler dans l’atome », écrit Philippe Charlez.

Cette propagande antinucléaire ne s’est pas limitée aux écoles d’ingénieurs mais a largement influé sur l’opinion publique (en particulier chez les jeunes) : 

« Quand on regarde la perception du nucléaire par nos concitoyens, rien n’est gagné, constate-t-il. Si 60 % d’entre eux sont favorables au nucléaire civil, 78 %, dont deux tiers des 18 et 21 ans, considèrent le nucléaire comme impactant négativement le climat. Pire, une proportion de la jeunesse considère le nucléaire comme davantage émetteur de CO2… que le charbon. ».

Turpitudes bruxelloises

En 1722, Voltaire décrivait ainsi Bruxelles : « Pour la triste ville où je suis, C’est le séjour de l’ignorance, De la pesanteur, des ennuis, De la stupide indifférence, Un vieux pays d’obédience, privé d’esprit, rempli de foi… » Deux cent un ans plus tard, aucun mot ni aucune virgule n’est à changer. Bruxelles est pétrie d’une foi inconditionnelle dans le progrès et s’oppose généralement à tout ce qui a quelque peu de succès. 

« Quant à la schizophrénie de l’Union européenne, elle a érigé la lutte contre le réchauffement climatique au premier rang de ses priorités, mais a intégré l’atome du bout des lèvres dans la taxonomie verte », remarque le spécialiste.

Illustration parfaite de cette bêtise toute bruxelloise : en 2009, la Lituanie souhaitant intégrer l’Union européenne fut sommée de fermer sa seule centrale nucléaire lui fournissant 70 % de son électricité. La raison invoquée est risible : Ignalina utilisait la technologie RBMK-1500 de… Tchernobyl. Pour Philippe Charlez, 

« cette décision illustre le niveau pitoyable des instances bruxelloises : résultat de l’effondrement du système soviétique, la catastrophe de Tchernobyl n’a aucun rapport avec la technologie utilisée. Une décision qui se lit aujourd’hui en filigrane de la situation électrique lituanienne dépendante à 100 %… de l’électricité russe, écrit-il. Sans Kaliningrad situé en aval, Vilnius serait plongé dans le noir depuis deux mois. Merci à l’Europe et surtout à l’Allemagne de sa clairvoyance stratégique ! » 

Tristement risible…

Réussir une transition énergétique pragmatique

Philippe Charlez est un pragmatique qui ne nie pas la nécessité de la transition énergétique. Pour la réussir, il faut donner le moyen aux ménages de « décarboner leurs équipements ménagers » mais également mettre fin aux « passoires énergétiques ». Idée ancienne, cette dernière proposition aurait pourtant un impact conséquent dans la lutte contre les émissions de gaz carbonique, estime l’ingénieur : 

« En France, l’habitat représente 40 % de la consommation d’énergie finale et génère 23 % des émissions de gaz à effet de serre. 80 % de cette consommation est utilisée pour produire de la chaleur : chauffage, eau chaude sanitaire, cuisson des aliments », écrit Charlez.

Pour lui, « le reste est dédié à l’électricité spécifique : éclairage, électroménager, Hi-Fi, télévision, informatique. Optimiser la consommation d’énergie dans l’habitat représente un levier majeur de la transition énergétique. »

Enfin, imposer un changement des habitudes n’est pas une mince affaire… Si les pouvoirs publics souhaitent faire accepter un changement aux peuples, nos élus doivent savoir faire preuve de persuasion intelligente. Au diable les fausses promesses, les chemins détournés et retours en arrière, la ligne doit être claire, ténue et compréhensible. Dans une époque traversée par une forte défiance vis-à-vis des élites, l’expert propose de se reposer « sur quatre piliers : confiance, vision, implication et reconnaissance ».

Vaste programme ! Puisse Philippe Charlez recevoir une oreille attentive au sommet de l’État !

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5 réponses

  1. “”””””””NDLR : Climat et Vérité n’épouse pas les idées de Philippe Charlez en matière de climat, et en particulier de la nécessité pour lui de décarboner. Mais cela ne nous empêche pas d’approuver sa position en matière d’énergie.””””””
    Je pense qu’en écrivant cela vous avez confondu Philippe Charlez avec Jean Marc Jancovici

    1. Nous sommes effectivement en opposition avec Philippe Charlez sur la question de l’impact du CO2 sur le climat, et donc sur toute la politique de décarbonation et de lutte contre la chimère CO2.
      Pour tout le reste, nous partageons ses thèses.

      Ludovic Penin, Vice-Président C&V

  2. La raison invoquée est risible : Ignalina utilisait la technologie RBMK-1500 de… Tchernobyl.
    Non ce n’est pas risible car ce type de centrale est fondamentalement instable et peu diverger facilement. Mais on aurait pu imposer les procédures nécessaires pou y introduire plus de sécurité.
    Tant que tout le monde ne renoncera pas à utiliser le mot “décarboner” il n’y aura pas d’accord possible.
    Le CO2 n’est pour rien dans les fluctuations climatiques ces dernières sont d’abord d’origines naturelles mâtinées de l’influence anthropique due aux énergies que nous utilisons qui réchauffent l’atmosphère et les eaux et aux sols que nous modifions en augmentant l’absorption du rayonnement solaire et en réduisant l’albédo; Les actions sont donc pour la part anthropique: Augmenter les rendements de nos utilisation de l’énergie, réduire l’absorption des sols, favoriser l’évaporation, augmenter l’albédo des sols. Et surtout renoncer à se priver d’énergie qui est la raison de la survie de l’Humanité. Pour la part naturelle il faut s’adapter!

  3. Comme disait Tazieff, pour produire les 40% d’utilisation finale de l’énergie en France qui est le chauffage (habitations, écoles, piscines, industrie, etc) on transforme l’atome en chaleur, puis la chaleur en électricité, on transporte cette dernière au client final pour refaire la transformation inverse vers la chaleur. Perte d’énergie au cours de toutes ces transformations = 80% ! Dans le même temps la France a un potentiel géothermique quasiment inexploité, géothermie qui extrait directement de la chaleur du sol donc aucune transformation nécessaire. Certes la ressource géothermique n’est pas disponible de la même façon sur tout le territoire mais on pourrait commencer par chauffer les grandes villes dans les régions où elle est disponible : Ile-de-France, Alsace, Auvergne, vallée du Rhône, bassin aquitain…

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