Un bureaucrate de l’ONU: détruire la science pour nous sauver de «l’ébullition mondiale»

« N’écoutez pas ce qu’ils disent, regardez ce qu’ils font » est souvent un bon conseil. Mais parfois ce qu’ils « disent » est précisément ce qu’ils ont l’intention de faire.

Comme dans ce cas : un fonctionnaire des Nations unies s’appelant Volker Türk vient de publier une tribune dans Nature – la revue scientifique la plus prestigieuse au monde – dans laquelle il propose de « protéger le droit à la science » pour lutter contre le « changement climatique ».

Faites attention ! Lorsque les apparatchiks de l’ONU prétendent vouloir nous « protéger », leur intention est généralement de s’emparer du pouvoir pour eux-mêmes.

C’est certainement le jeu que M. Türk a à l’esprit (et, par extension, tout « l’establishment » scientifique, puisque son article a été publié gratuitement dans Nature). En effet, la prescription de M. Türk ne protégerait en rien la « science ». Au contraire, elle saperait la méthode scientifique en faisant taire les « dissidents » et en étouffant le libre débat.

L’étouffement de la liberté doit être justifié par une raison impérieuse. Bien sûr, M. Türk affirme que le réchauffement climatique n’est pas seulement un problème auquel il faut s’attaquer. Ce n’est même pas une simple crise. Non, c’est une véritable catastrophe ! « L’ère de l’ébullition planétaire » est arrivée, ce qui signifie que « si nous ne prenons pas immédiatement des mesures colossales pour y remédier », le climat deviendra « une menace insurmontable pour l’avenir de l’humanité ».

Compte tenu du sujet, on pourrait penser que M. Türk est un scientifique. Mais non. Il est avocat et Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme – ce qui est ironique étant donné qu’il veut en réalité étouffer la liberté d’expression scientifique et la « dissidence ».

Naturellement, M. Türk ne commence pas son article par le dire ouvertement. En revanche, il écrit :

« Alors que le monde célèbre les 75 ans de la Déclaration universelle des droits de l’homme, nous devons tous nous rappeler que les droits de l’homme existent pour donner du pouvoir aux gens, protéger leur vie et leur dignité, et contrer les pires impulsions de l’humanité. » Cela inclut « le droit (…) de participer au progrès scientifique et à ses bienfaits ».

C’est très bien.

Il écrit ensuite :

« La résolution de la crise n’est possible que par le biais d’un débat ouvert, d’une pensée critique et d’une analyse fondée sur des preuves. »

Applaudissements. C’est ce que devrait être la science : susciter le débat, partager des perspectives différentes, des points de vue orthodoxes et hétérodoxes qui s’affrontent pour parvenir à la compréhension la plus exacte possible du monde et de ses phénomènes complexes.

Mais M. Türk ne veut pas vraiment d’un « débat ouvert ». Au contraire, le bureaucrate international qu’il est cherche en réalité un contrôle qui ne permette que des approches, des méthodes et des conclusions officiellement approuvées pour assurer la gérance de la politique climatique.

Il s’insurge :

« Nous constatons encore une forte influence des entreprises sur les processus réglementaires, des attaques directes contre les études scientifiques, des campagnes de dénigrement contre les scientifiques, des publications trompeuses et l’exploitation de l’analphabétisme scientifique »,

ce qui signifie que des points de vue avec lesquels il n’est pas d’accord sont publiés et nous embrouillent, nous, les petites gens mal éduquées.

« Trop de gouvernements, de décideurs politiques et de dirigeants de grandes industries ferment délibérément les yeux sur la science et déploient des ‘experts’ partiaux pour semer le doute et saper les faits scientifiques », écrit Volker Türk.

Vous avez compris ? Seul le camp avec lequel lui et « l’establishment » du changement climatique sont d’accord n’est pas « biaisé », et seul ce camp devrait avoir le droit de s’exprimer.

M. Türk explique :

« Le Comité des droits économiques, sociaux et culturels des Nations unies stipule que l’industrie et les gouvernements doivent faire tout ce qui est en leur pouvoir pour promouvoir des informations scientifiques exactes. Cela signifie qu’il faut mettre fin à la désinformation, au dénigrement et à la mésinformation délibérée du public pour éroder la compréhension et le respect de la science. »

Ainsi, si un comité de l’ONU le « stipule », c’est réglé !

M. Türk expose sa vision de la protection de la « science ». Son raisonnement paradoxal est risible. Par exemple, il préconise que

« la société doit protéger la recherche scientifique contre les conflits d’intérêts. Toute personne chargée d’élaborer ou de superviser la mise en œuvre d’une politique de santé publique ou d’environnement doit déclarer tous ses liens commerciaux et institutionnels. Cette obligation devrait faire l’objet d’un contrôle indépendant et être appliquée par le biais de lois sur les conflits d’intérêts ».

Cependant, dans le point suivant, il affirme que

« les gouvernements devraient financer la recherche sur le changement climatique au niveau que la menace réellement existentielle mérite ».

Pourquoi ne s’agirait-il pas d’un « conflit d’intérêts » ? Les scientifiques sauraient que pour obtenir du financement, ils ne devraient proposer que les scénarios les plus catastrophiques dans le domaine du changement climatique et que, de plus, s’ils parvenaient à une conclusion différente de celle souhaitée par les pouvoirs en place, l’argent du gouvernement s’évaporerait. Tout cela signifie que M. Türk n’est pas du tout favorable au libre fonctionnement de la « science ».

Une telle autocensure scientifique n’est pas qu’une menace abstraite. On trouve déjà des témoignages sur ce sujet – et cela concerne aussi Nature, la revue même pour laquelle M. Türk a écrit. Dans un article important publié par The Free Press, le climatologue Patrick T. Brown – qui n’est pas un sceptique du réchauffement climatique – a confié qu’il avait falsifié les résultats d’une étude sur les récents incendies de forêt en omettant des facteurs importants. Pourquoi ? Parce qu’il pensait qu’un compte rendu assez modéré amènerait les rédacteurs à refuser sa publication.

« Je savais qu’il ne fallait pas essayer de considérer des aspects clés [de la cause des incendies] autres que le changement climatique dans ma recherche parce que cela diluerait l’histoire que des revues prestigieuses comme Nature et sa rivale Science veulent raconter », a-t-il écrit.

« Les rédacteurs en chef de ces revues ont montré très clairement, tant par ce qu’ils publient que par ce qu’ils rejettent, qu’ils veulent des articles sur le climat qui soutiennent certains propos préapprouvés, même si ces propos se font au détriment d’une connaissance plus large de la société. »

(Le rédacteur en chef de Nature a réfuté cette accusation.) C’est précisément l’approche de la censure préconisée par M. Türk.

Comme si cela ne suffisait pas, M. Türk passe ensuite du ridicule au sublime. Après avoir appelé à la nécessité de suivre la science approuvée, il exhorte à fonder la politique climatique sur les critères de l’idéologie woke :

« Un large éventail de voix doit être impliqué dans l’élaboration des politiques climatiques et environnementales. Il s’agit notamment des personnes qui ont été historiquement marginalisées et à qui on a refusé le droit de bénéficier de la science, notamment les femmes, les enfants, les peuples autochtones, les personnes d’ascendance africaine, les personnes handicapées et les personnes vivant dans la pauvreté. »

En d’autres termes, il s’agit de fonder la politique sur l’équité. Cela pourrait nous faire plaisir, mais ce ne serait pas « basé sur la science ».

Ouf ! Nous avons de vrais problèmes dans ce monde, dont l’un d’eux pourrait être la contribution humaine au changement climatique. Mais si « l’establishment » scientifique et les « élites » internationales veulent convaincre le monde que la menace climatique est aussi grave qu’ils le prétendent, s’ils veulent persuader les gens de suivre leurs « mesures immédiates et colossales » qui mettent en danger l’ensemble de l’économie, ils devront faire preuve d’un peu d’humilité et cesser leurs tentatives permanentes d’étouffer les voix qui ne sont pas conformistes.

Sinon, les gens ne croiront pas que la politique climatique proposée est basée sur la vraie « science », mais soupçonneront – à juste titre, selon moi – que tout leur battage n’est en réalité qu’une stratégie pour accroître leur pouvoir.

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