Après la COP26 “Bla bla bla”. COP après COP il faut se rendre à l’évidence : le Net Zéro Carbone pour 2050 est une pure utopie

La COP28 s’est tenue à DUBAI (Emirats Arabes Unis) du 30 novembre au 12 décembre 2023.

Elle a réuni un nombre record de participants : on parle de 70 à 80.000 personnes. Pour sa part la France était représentée par 265 personnes, des représentants de l’Etat mais aussi des personnalités importantes des grandes entreprises.

Les objectifs de cette COP étaient triples :

1) établir un bilan mondial des progrès accomplis en matière de diminution des émissions de CO2.

2) formuler de nouveaux objectifs pour la transition énergétique mondiale :

    • accélérer la mise en place des énergies renouvelables
    • fixer des objectifs pour la fin des énergies fossiles et en particulier du charbon

3) mettre en place un mécanisme de soutien des pays riches envers les pays en développement afin d’aider ceux-ci à assurer leur transition énergétique.

C’est finalement le troisième point qui a été le plus rapidement traité, dès les premières heures de la COP. Les participants se sont mis d’accord pour créer un fonds « pertes et dommages » de 800 M$, alimenté par les pays “riches” et destiné à indemniser les pays en développement victimes de catastrophes climatiques (comme les inondations au Pakistan). C’est un début, mais on est très loin des 1.400 Mds$ demandés par les pays en développement qui veulent aussi que les pays riches financent leurs investissements pour la transition énergétique.

Sur le premier point il a fallu se rendre à l’évidence : les émissions de CO2 ne font qu’augmenter – 1,2% de plus entre 2021 et 2022, rendant de plus en plus difficile l’atteinte du zéro net carbone en 2050. Les États signataires de l’Accord de Paris s’étaient engagés à maintenir le réchauffement climatique en dessous de 2°C, voire 1,5°C par rapport aux niveaux préindustriels. Or, les émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) ont atteint un niveau record en 2022 (57,46 milliards de tonnes équivalent CO2), mettant le monde sur une trajectoire incompatible avec cet objectif. Les émissions de CO2 diminuent dans les pays développés mais augmentent de manière inévitable dans les pays en développement qui ont absolument besoin de croissance et donc d’énergie bon marché, donc fossile.

Sur le deuxième point, sur lequel les deux précédentes COP (26 à Glasgow et 27 à Charm-El-Cheikh) n’avaient pas abouti à un accord satisfaisant, celui trouvé in extremis le 13 décembre n’a fait que “recommander d’accélérer la transition” mais sans fixer d’échéance pour la fin des énergies fossiles (voir plus loin).

Pour le pétrole et le gaz, les pays de l’OPEP mais aussi les Etats-Unis et la Russie ont manifesté leur hostilité à un accord contraignant.

Pour le charbon, où la France est en pointe pour la fixation d’une date de sortie définitive, l’Inde, soutenue par la Chine, refuse résolument depuis plusieurs COP : en effet la part du charbon dans la consommation d’énergie représente 45% en Inde (et 73% si on considère seulement la production d’électricité – pour la Chine c’est 56%) alors que c’est 2% en France. L’Inde rétorque à juste titre qu’elle n’a pas d’autre solution que le charbon pour sortir sa population de la pauvreté et elle refuse donc de signer un tel accord. Notons que 20% de la population indienne n’a pas l’électricité alors qu’en Chine tout le monde y a accès.

En fin de compte, l’accord signé à la COP28 :

  1. reconnaît « la nécessité d’une réduction profonde, rapide et durable des émissions de gaz à effet de serre » de manière à limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré par rapport aux températures de l’ère pré-industrielle. Un engagement qui figurait déjà dans les textes de plusieurs COP précédentes.
  2. engage les participants à une « transition » mais pas une « sortie » des énergies fossiles : Il faut « s’éloigner des énergies fossiles dans les systèmes énergétiques, d’une manière juste, ordonnée et équitable, en accélérant l’action dans cette décennie cruciale, afin d’atteindre la neutralité carbone en 2050 conformément aux préconisations scientifiques ».
  1. réduire progressivement l’utilisation du charbon : Les signataires de la COP 28 appellent à une « accélération des efforts visant à réduire progressivement l’utilisation » du charbon. Un appel qui était déjà présent, peu ou prou dans les mêmes termes, dans de précédents accords dont celui de la COP26 de Glasgow.
  1. favoriser les énergies renouvelables : Le texte de Dubaï appelle à « tripler la capacité d’énergie renouvelable à l’échelle mondiale et doubler le taux annuel moyen mondial d’amélioration de l’efficacité énergétique d’ici 2030 ».
  1. favoriser les énergies à faibles émissions de carbone : « Accélérer » le développement des technologies dont les émissions de carbone sont faibles ou nulles. Ce qui comprend, « entre autres », les énergies renouvelables, le nucléaire (à noter : pour la première fois une COP a fait mention du nucléaire), mais aussi celles qui, en permettant le captage et le stockage du carbone , peuvent aider à assainir les industries difficiles à décarboner. Mais aussi de favoriser la production d’hydrogène à faible teneur en carbone.

 

Notre conclusion :

Tout ça pour ça, ou comme le disait Greta Thunberg après la COP26 “Bla bla bla”. COP après COP il faut se rendre à l’évidence : le Net Zéro Carbone pour 2050 est une pure utopie. Ce qui n’empêche pas les climato-alarmistes d’afficher leur satisfaction à l’issue de cette COP (“ça aurait pu être pire” !).

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2 réponses

  1. C’est bien comme conclusion: Chacun fera comme le lui permet ses conditions d’accès à l’énergie!
    Rassurons nous, les fossiles ne seront pas éternels et l’innocence du CO2 finira par être reconnue!
    Reste l’énergie nucléaire où la France devrait bien se placer si ses dirigeants cessent d’hésiter pour mettre à profit la période qui permet de produire du plutonium à partir de l’uranium et des déchets de façon à disposer de stocks pour des millénaires!

    1. Tout à fait d’accord avec la dernière ligne de votre commentaire, voir par exemple, extrait de :
      https://www.uarga.org/nucleaire/reacteurs_generation_4.php

      En ce qui concerne le Développement Durable, seuls les réacteurs rapides sont à même de tirer de l’énergie à partir de l’uranium238, ce qui, avec les stocks aujourd’hui accumulés d’uranium appauvri, assurerait l’approvisionnement en combustible pour plusieurs millénaires. Alors qu’on brûle un peu moins de 1 % de l’uranium dans les réacteurs actuels (1,3 à 1,4 % avec les MOx), les rapides peuvent brûler en théorie 100% de l’uranium. Là où un réacteur à eau de 2ème ou 3ème génération de 1500 MWe fonctionnant 40 ans produira 7000 t d’uranium appauvri, 1000 t d’uranium de retraitement et 11 t de plutonium, un réacteur rapide de même puissance pourrait fonctionner pendant plusieurs millénaires avec ces matières et en plus il nous débarrassera des actinides mineurs.

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