Nucléaire et hydrogène, le rouleau compresseur industriel chinois est en marche

L’industrie chinoise est devenue une menace existentielle pour l’industrie européenne dans les domaines de l’automobile et de l’éolien après avoir déjà rayé de la carte celle du photovoltaïque. La menace se précise aussi maintenant dans le nucléaire civil et l’hydrogène.

La stratégie industrielle chinoise est limpide. Elle vise par tous les moyens à prendre le contrôle économique et technologique des filières essentielles à la transition énergétique. Cela a déjà été accompli avec succès dans le photovoltaïque, dans les batteries lithium-ion, dans les composants des éoliennes et dans la production et surtout le raffinage de nombreux minéraux dits critiques. Le développement industriel chinois est aussi spectaculaire dans les voitures électriques, le nucléaire et maintenant l’hydrogène vert ou décarboné.

Dans les véhicules électriques, la menace d’un raz de marée chinois est aujourd’hui clairement identifiée. D’autant plus que la Chine est depuis l’an dernier le premier exportateur mondial automobile devant le Japon et l’Allemagne. C’est moins le cas dans le nucléaire et dans l’hydrogène. Et pourtant, les enjeux de maîtrise technologique et industrielle et de souveraineté sont aussi importants, si ce n’est plus.

Source : Commission Européenne Janvier 2024.

Dans le nucléaire, avec un rythme de construction de 3 à 4 nouveaux réacteurs par an, la Chine va devenir inéluctablement la première puissance nucléaire civile au monde devant les Etats-Unis. Selon l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), la Chine a aujourd’hui 23 réacteurs nucléaires en cours de construction, avec une capacité de production de l’ordre de 22 gigawatts (GW), et 55 réacteurs en service. Entre 2017 et 2021, pas moins de 16 nouveaux réacteurs sont entrés en service dont les deux EPR de conception française à Taishan (voir la photographie ci-dessus). A la fin de l’année, la capacité installée de production électrique nucléaire en Chine sera de 57 GW. Seuls les Etats-Unis en ont plus avec 96 GW.

Depuis 2022, la Chine a terminé la construction de cinq réacteurs sur son sol dans des délais allant d’un peu moins de cinq ans à un peu plus de sept ans. Ce …

 

 

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