Réchauffement climatique : garder la tête froide

Climat est devenu un mot-valise où l’humanité range toutes ses problématiques, et même toutes ses angoisses de l’avenir. À la limite, peu importent les fondements scientifiques de la chose, on a l’impression que même si une découverte fondamentale contredisait clairement le consensus, cela ne changerait rien au processus. Certes, notre planète se réchauffe, nous émettons du CO2 qui contribue au réchauffement.

La question est : est-ce-grave ?

Qu’on défende l’alarmisme climatique ambiant ou qu’on le relativise, une chose est sûre : si on vous explique que l’effet de serre est un mécanisme simple à comprendre, schémas à l’appui, méfiez-vous. Soit votre interlocuteur veut vous enfumer, soit il n’a rien compris.

L’« effet de serre » (qui n’a rien à voir avec ce qui se passe dans une serre, d’ailleurs) est un phénomène complexe qui fait appel, pour le décrire, à la thermodynamique, la physique des rayonnements et la mécanique quantique. Mais la théorie est suffisamment robuste pour qu’on soit perplexe devant ceux qui la remettent totalement en question.

Critiquer l’hystérie climatique ambiante : les mauvais arguments

L’augmentation de la concentration dans l’atmosphère (2 ppm, soit deux parties par million et par an en moyenne actuellement) serait en partie ou totalement « naturelle ».

Cet argument ne résiste pas à un raisonnement très simple. On peut estimer, par le calcul, nos émissions de gaz à effet de serre en utilisant les données de marché des combustibles fossiles. En gros, cela donne 4 ppm par an. Où passent les 2 ppm manquants ? Dans les deux autres réservoirs possibles de CO2, les océans et la biosphère. On le voit d’ailleurs par satellite : le « vert » de la Terre augmente, ce qui est conforme à la théorie et l’expérimentation. Le CO2 est la nourriture des plantes, et c’est pour cela que les cultivateurs le règlent à 1000 ppm dans leurs serres. (il est actuellement à un peu plus de 400 ppm dans l’atmosphère.)

Les océans, eux, peuvent en émettre là où ils sont chauds, mais en absorbent où ils sont froids.

Si globalement, le bilan des océans et des plantes est qu’ils absorbent du CO2, ils ne peuvent, toujours globalement, en émettre. Le bilan ne peut être à la fois positif et négatif, même si les échanges eux-mêmes sont dans les deux sens.

Ce sont donc bien nos émissions qui augmentent la teneur dans l’atmosphère.

Il y a « saturation »

Lorsqu’on ajoute du CO2 dans l’atmosphère, l’effet direct, c’est-à-dire le ralentissement de l’émission d’infrarouge de la Terre vers l’espace, et donc son réchauffement, augmente de moins en moins efficacement, car l’effet est déjà en grande partie consommé par les molécules déjà présentes. Mais un autre phénomène explique l’effet de serre. En fait, le rayonnement infrarouge émis par la Terre vers l’espace est absorbé et réémis en cascade dans l’atmosphère par les gaz à effet de serre jusqu’à ce qu’il trouve une altitude où, la densité de l’atmosphère étant faible, il peut s’échapper vers l’espace sans rencontrer de molécules.

Or, la physique nous apprend que l’émission d’un corps est proportionnelle à la puissance 4 de sa température. Et il fait froid en altitude ! Donc, l’ensemble Terre plus atmosphère a tendance à émettre moins avec des gaz à effet de serre que sans ces gaz. Pour compenser, il se réchauffe.

Ajouter du CO2 augmente sa concentration dans l’air, donc l’altitude d’émission, donc l’effet de serre.

Ces explications, simplifiées presque jusqu’à la caricature, montrent bien que ce n’est pas si simple…

Des arguments plus convaincants

Le climat se réchauffe globalement (pas partout), le CO2 a un effet réchauffant, alors pourquoi critiquer l’alarmisme officiel ?

C’est que cet effet du CO2, émis par l’Homme, est une partie des variables influençant nos climats. Si on fait ce que les scientifiques appellent une étude de sensibilité, le climat est beaucoup plus sensible à d’autres phénomènes :

Les nuages et les particules dans l’atmosphère

Ils peuvent à la fois faire de « l’effet de serre », mais surtout réfléchir la lumière du Soleil, et refroidir. Quelques pourcentages en plus de nuages, indiscernables même par satellites, équivalent à un doublement du CO2.

Les variations des caractéristiques du rayonnement solaire par effet indirect

Tout le monde connaît les cernes des coupes de tronc d’arbre qui montrent des périodes de onze ans en moyenne.

Les oscillations intrinsèques du système climatique

On les trouve essentiellement dans les océans. On connaît le Gulf Stream, El Nino, mais il en existe bien d’autres, plus puissants, avec des cycles temporels très longs. Nous commençons seulement à en connaître une partie.

 

En fait, il n’est pas étonnant que nous mesurions un réchauffement, puisque nous partons de 1850, période connue pour être très froide !

 

Une incapacité à prendre du recul sur la science et par la science elle-même

Les climatologues cherchent à évaluer le résultat de nos émissions du CO2, de CH4, et de nos interventions sur la biosphère à l’échéance de la fin du siècle. Le dernier rapport du GIEC fournit un tableau complet des estimations au fil du temps, y compris, pour les prévisions à long terme, l’agrégation de tous les modèles existants, incluant les modèles les plus sophistiqués qui essayent de simuler les cycles du carbone dans l’air, les mers et le sol (ce que ne font pas les modèles de circulation de l’atmosphère, jusque-là utilisés).

Cela donne un intervalle des résultats des différents modèles compris entre 1,8 et 6 degrés à la fin du siècle !

Si on s’en tient aux modèles précédents et à un doublement du CO2 dans l’atmosphère, on trouve, avec une probabilité de 66 % ou plus, un intervalle de 2,5 à 4 degrés. Cet intervalle est affecté d’un likely, c’est-à-dire « probablement ».

Notre stratégie de développement mondial est guidée par une fourchette juste « probable » avec un écart d’incertitude de 1,5 degré : cet écart est plus grand que l’évolution constatée depuis 1850.

En 1979, la « science » disait 1,5 à 4,5 degrés.

Quel progrès, en 40 ans et après des millions de dollars dépensés ! À noter que ces intervalles sont du même ordre de grandeur que ceux estimés par le découvreur de l’effet de serre, Svante Arrhenius, en 1900.

Et le GIEC de conclure, contre toute vraisemblance, dans son dernier rapport :

« Les méthodes de projection des climats futurs ont gagné en maturité depuis 1950 et les études d’attribution depuis les années 1980. Il faut en conclure que la compréhension des principaux éléments du système climatique est robuste et bien établie » !

 

Le rôle du citoyen 

Les climatologues officiels sont devenus des chercheurs militants, et c’est nouveau.

Leur sincérité et leur bonne foi ne sont pas à mettre en doute, mais ils sont victimes de biais cognitifs évidents. Il leur est difficile de prendre du recul sur leurs résultats : ils passent des heures et des jours pour construire les plus gros programmes informatiques jamais écrits, en réalisant des prouesses techniques, et ils sont dans la situation confortable de se présenter moralement comme sauveurs de la planète et lanceurs d’alerte. Accessoirement, leurs laboratoires ont besoin de beaucoup d’argent…

C’est à nous, citoyens, et à nos politiques, parce que nous ne sommes pas impliqués dans l’action, de prendre ce recul.

L’état de la « science climatologique » n’est pas assez mûr pour être un instrument politique. Ce n’est pas une raison pour diminuer les recherches, bien au contraire, mais laissons les, pour l’instant, dans les labos. Et finançons moins de modélisations, et plus de mesures.


Des références 

Le climat fait l’objet de nombreuses thèses complotistes « sceptiques ». On trouve aussi de nombreux scientifiques amateurs, et quelques vrais professionnels qui rejettent les théories de « l’effet de serre », et même notre responsabilité dans l’accroissement du CO2 atmosphérique. Ces gens-là réinventent les lois de la physique. Ils sont pain bénit pour les tenants du discours officiel, car ils discréditent toute contestation.

Mais la majorité des contradicteurs du GIEC avancent des arguments solides sur notre incapacité à prédire l’avenir et sur l’urgence de la menace. Quelques vidéos, manifestes ou livres disponibles :

Des associations de scientifiques

L’association GWPF (Global Warming Policy Foundation ) publie régulièrement des revues critiques des travaux des climatologues.

L’association Clintel, déjà citée, a publié une revue critique du dernier rapport du Giec. Elle met l’accent sur le fait qu’aucune recommandation de l’audit du Giec de 2009 par l’Inter Academic Council (organe officiel de l’ONU) n’a été prise en compte, alors que le constat était très grave.

Des scientifiques reconnus

Richard Lindzen, physicien climatologue a participé à de nombreuses conférences ou interviews comme celui-ci

Judith Curry, climatologue auteur de Climate Uncertainty and Risk: Rethinking Our Response (Anthem Environment and Sustainability Initiative)

Bjorn Lomborg, économiste : auteur de  False Alarm: How Climate Change Panic Costs Us Trillions, Hurts the Poor, and Fails to Fix the Planet

Mais les meilleures références sont encore le GIEC.

Voilà ce qu’on lisait dans le « résumé exécutif » des travaux du Groupe 1 (celui chargé des études « d’attribution » du réchauffement en 2011, date de parution du troisième rapport.

« Le système climatique est un système chaotique non linéaire couplé et, par conséquent, la prévision à long terme des futurs états climatiques n’est pas possible. »

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