La France s’apprête à franchir une étape décisive et périlleuse dans sa stratégie énergétique avec la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie, alors qu’elle dispose déjà d’un mix énergétique décarboné à 92%
Ce plan ambitionne de tripler la puissance des énergies renouvelables intermittentes – principalement l’éolien et le solaire – pour atteindre 148 GW d’ici à 2035. (NDLR : soit 2 fois la puissance nucléaire française installée en 10 ans).
Mais cette trajectoire, inspirée du modèle allemand Energiewende, est un avertissement clair : nous courons à la catastrophe économique et énergétique si nous persévérons dans cette voie.
L’illusion d’une révolution énergétique
L’Allemagne, pionnière dans le développement des énergies renouvelables intermittentes, est aujourd’hui un exemple d’échec cuisant. Après avoir investi plus de 600 milliards d’euros dans l’Energiewende, le pays se retrouve face à des résultats désastreux :
- Un réseau électrique au bord de la rupture : Lors des périodes sans vent ni soleil, le pays a été contraint d’importer massivement de l’électricité et de réactiver ses centrales au charbon et au fioul.
- Des émissions de CO₂ élevées : Les émissions allemandes par kWh sont sept fois supérieures à celles de la France, en grande partie à cause de l’abandon du nucléaire au profit des fossiles pour pallier l’intermittence.
- Une explosion des prix de l’électricité : Les ménages et les entreprises subissent des hausses drastiques des coûts, contribuant à une désindustrialisation rapide. ( voir article du Point: Énergie : en Allemagne, la grande désillusion:Son réseau électrique est au bord de la rupture 29/11/2024)
Pourquoi la France ne doit pas suivre cet exemple
Contrairement à l’Allemagne, la France dispose déjà d’un mix énergétique décarboné à 92%, principalement grâce au nucléaire. Tripler la capacité des ENRi n’apporte aucun gain significatif en termes de décarbonation, mais engendre des risques considérables :
- Une instabilité du réseau électrique : Les énergies renouvelables intermittentes ne peuvent garantir une puissance stable. Les périodes de pénurie (sans vent ni soleil) coexisteront avec des moments de surproduction, perturbant gravement l’équilibre offre-demande.
- Un coût exorbitant : La transition prévue par la PPE3 représente une facture estimée à 400 milliards d’euros, un poids insoutenable dans un contexte de finances publiques déjà fragiles.
- Une dépendance accrue aux fossiles et aux importations : Comme en Allemagne, la France sera contrainte de recourir au gaz ou au charbon pour stabiliser le réseau en l’absence d’une production garantie.
Un choix irresponsable et dangereux
L’Energiewende, saluée comme un modèle il y a une décennie, est aujourd’hui vivement critiquée, y compris par ses propres voisins. La Suède, par exemple, dénonce les perturbations causées par les interconnexions avec le réseau allemand et appelle Berlin à adopter une stratégie énergétique plus responsable. Le témoignage d’Ebba Busch, ministre suédoise de l’Énergie, est éloquent : « Je suis furieuse contre les Allemands. Leur politique énergétique met en péril toute l’Europe. » voir article de Connaissance des Energies : ( 19/12/2024)
Un appel à la raison
La France doit apprendre des erreurs de ses voisins et refuser de sacrifier un système énergétique fiable et éprouvé. L’accélération aveugle de l’eolienn terreste et offhore et de l’agrivoltaïsme ENRi n’est pas une solution, mais un pas vers le chaos.
La priorité devrait être donnée :
- À la préservation et au développement de notre parc nucléaire, garant de l’indépendance énergétique et de la décarbonation.
- À l’amélioration des réseaux et au soutien à la recherche sur les technologies de stockage, afin d’optimiser l’intégration des énergies renouvelables existantes.
Conclusion : l’avenir de la France en jeu
La transition énergétique ne doit pas être synonyme d’improvisation coûteuse et dangereuse. Reproduire l’échec de l’Energiewende en France reviendrait à mettre en péril notre économie, notre souveraineté énergétique et notre environnement.
Il est encore temps de changer de cap. Agissons avec lucidité pour garantir un avenir énergétique durable et responsable à notre pays.
4 réponses
148 GW, c’est quasiment 2 fois la puissance installée nucléaire française.
Question : que fera-t-on de toute cette électricité les jours où il y a du vent ?
Car on n’arrête pas une centrale nucléaire d’un simple claquement de doigt !
… et quand bien même …
Mais il faut bien continuer à faire plaisir à notre partenaire allemand (le fameux « couple franco-allemand », qui est en fait un couple allemand-allemand) !
Le problème c’est Monarc qui veut jouer au bon petit soldat européen et qui se fiche des Français.
Quelle différence avec le Wyoming!!!
Ce sont les macronistes qui nous mènent à la catastrophe. Les écologistes, eux, ont les savaient déjà stupides et bornés.
Y a-t-il un décideur intelligent en France?
Lecteurs, je vous salue! Je suis un citoyen ayant le privilège d’être curieux de nature.
Merci d’avoir écrit cet article réaliste et non idéaliste, je souhaite simplement ajouter quelques informations « Open Source » à propos de l’électronucléaire français dans un contexte actuel déjà soumis à une forte pénétration des ENRi dont chacun se doit de peser le pour et le contre.
J’écris et j’entends bien dénoncer le fait que les centrales électronucléaires françaises font quasi quotidiennement les frais des ENRi, en effet plutôt que d’éctréter la production de ces dernières on la fait subir uniquement au nucléaire français qui « se doit » d’en faire les frais avec les contraintes thermiques qui vont avec, cet exemple de résilience est unique au monde !
Ceci étant dit il faut bien en remplacer le « combustible », c’est peut-être là la place des ENRi surtout en été pour le photovoltaïque…?
Je vous prie de m’excuser si je vous choque mais qu’en serait-il si nous inversions les situations, à savoir pas d’anthracite en Allemagne mais seulement en France : n’aurait-on pas fait la même erreur…?
Enfin il faut dénoncer la politique européenne qui se dit de vouloir libéraliser le prix de l’électricité avec des lois votées dont il est inutile de faire mention et qui n’a pour effet -effectivement- uniquement de tirer les prix de l’électricité vers le haut au mépris de la pollution et du bon sens.
Je n’ai pas l’étoffe d’un orateur vulgarisateur pour nos jeunes adultes qui pensent à près de 90% que le nucléaire est très émetteur de CO2, encore moins le pouvoir de faire taire les médias qui en 2023 disaient que les ENRi étaient l’avenir de l’Europe !
Si quelqu’un souhaite me répondre j’en serais honoré cependant je me demande avant tout comment on pourrait faire, chacun à notre niveau : pour contribuer.
Merci