La révolte des grands industriels français

Les grands patrons français de l’énergie et des transports, ceux de Renault, TotalEnergies, EDF, Airbus, ont tous dénoncé lors des dernières semaines une inflation administrative, réglementaire et fiscale qui rend presque impossible les grands projets d’investissements industriels en France. Tant que l’Etat et l’administration ne changeront pas de mode de fonctionnement et ne mesureront pas les conséquences des décisions qu’ils prennent, la réindustrialisation restera un vain mot et le pays continuera de s’appauvrir.

En dépit des discours et des satisfecits gouvernementaux entendus depuis quelques années, la réindustrialisation de la France est aujourd’hui une illusion. Il suffit juste de s’attarder sur la santé de l’automobile et des autres grandes filières industrielles encore présentes en France qui devraient être portées par la transition énergétique (nucléaire, pompes à chaleur, géothermie, hydrogène…).

On ne va pas revenir trop longuement sur les conséquences de l’abandon délibéré depuis plus d’un quart de siècle de l’industrie en France qui s’est traduit par l’appauvrissement de la population et du pays, par le creusement irrémédiable du fossé entre la France périphérique et celle des métropoles, par des pertes presque impossibles à rattraper de compétences et de capacités de production et par un déficit commercial qui ne cesse de grandir.

Une culture administrative et étatique irresponsable

Il a fallu des décennies pour que ce constat finisse enfin par faire consensus. Pour autant, le pays semble incapable de prendre la mesure du défi et surtout de mettre fin à ce qui a détruit son industrie : le déclin dans l’enseignement des sciences et des technologies, la vision passéiste de l’activité industrielle, une fiscalité extrêmement pénalisante et pour finir une culture administrative et étatique irresponsable qui privilégie sans limite et sans logique les normes et les règlements sur toutes autres considérations.

Pendant très longtemps, les dirigeants industriels français, issus souvent dans les grands groupes du sérail et de la culture d’Etat, ont accepté sans broncher de voir leurs outils disparaître ou être cédés à des investisseurs étrangers. La culture polytechnicienne n’a pas que des qualités. Mais aujourd’hui, bien tardivement, ils finissent par se révolter.

Luca de Meo, Patrick Pouyanné, Luc Rémont

Ainsi il y a quelques jours, Luca de Meo, le Pdg de Renault, a pronostiqué un avenir très sombre pour l’industrie automobile européenne asphyxiée par les normes et réglementations. Les patrons de TotalEnergies et EDF, Patrick Pouyanné et Luc Rémont, avaient été encore plus explicites en déclarant en décembre dernier que c’est …

 

 

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3 réponses

  1. «  » » » » » » »Les patrons de TotalEnergies et EDF, Patrick Pouyanné et Luc Rémont, avaient été encore plus explicites en déclarant en décembre dernier que c’est … » » » » » »
    Bon, je vais vendre mes actions TOTAL et acheter des actions chinoises ; mais je vais attendre que TRUMP prenne le pouvoir

  2. Cette situation perdure…
    Ne serait-il pas envisageable de definir un cadre précis pour faire appel des décisions des satellites de l’état, non élu par définition !
    Les exemples sont nombreux de textes échappant au contrôle de l’état…

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