Les industriels français se disent « trahis » par EDF

(Transitions & Energies du 10/3/25)

Pour financer l’entretien et la prolongation de la durée de vie de son parc nucléaire et la construction de nouveaux réacteurs, EDF, qui est surendetté et ne peut compter sur un Etat financièrement exsangue, a changé radicalement de politique commerciale. L’énergéticien va proposer des contrats d’achat d’électricité nucléaire à long terme à travers un système d’enchères dans toute l’Europe aux grandes entreprises et aux fournisseurs d’électricité. EDF va chercher hors de France les moyens de rentabiliser sa production massive d’électricité nucléaire. Mais du coup, les industriels français vont y perdre l’un des rares atouts qu’il leur reste face à la concurrence. Il va falloir un jour que l’Etat et le gouvernement fassent enfin de vrais choix stratégiques.

Comment concilier les intérêts contradictoires des industriels français, qui ont besoin pour tenter d’être compétitifs, compte tenu du coût du travail et de la pression fiscale particulièrement élevés en France, d’une énergie la moins chère possible et d’EDF qui, surendetté, doit vendre son électricité le plus cher possible pour financer l’entretien et la prolongation de vie de son parc de réacteurs nucléaires et la construction de nouveaux réacteurs. Et tout cela avec un Etat, qui a certes renationalisé à 100% EDF, mais est financièrement exsangue.

Entre le maintien de ce qu’il reste d’industrie en France, voire les promesses souvent illusoires de réindustrialisation, et donner à EDF les moyens de ses ambitions, faut-il choisir ? D’autant plus que la relance du nucléaire en France fait partie des moyens de redonner un peu d’allant à l’industrie.

« Trahis » par EDF… et le gouvernement

En tout cas, les industriels gros consommateurs d’énergie ont le sentiment d’être trahis par EDF, c’est-à-dire en fait par l’Etat. Car le financement de la relance du nucléaire en France est un casse-tête budgétaire et financier pour un pays surendetté, incapable d’équilibrer son budget depuis plus d’un demi-siècle et qui doit aujourd’hui engager des dépenses supplémentaires pour reconstruire une capacité de défense.

Dans ce contexte, les industriels ont dénoncé à la fin de la semaine dernière la stratégie de l’énergéticien public, accusé de lâcher l’industrie française pour lui préférer « le profit à court terme » et qui mettrait ainsi en danger la compétitivité des usines en refusant d’abaisser ses tarifs.

Des fonderies d’aluminium à la chimie en passant par la fabrication de papier-carton, de verre, ou l’agroalimentaire, les industriels dits « électro-intensifs » se disent …

 

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