On ne pensait pas voir la prémonition décrite avec force détails dans le récent article d’Atlantico (1) se réaliser aussi précocement. La péninsule ibérique en a fait les frais ce lundi 28 avril 2025 à 12 h 33, l’Espagne en particulier dont le mix production électrique se caractérisait comme suit au moment du blackout :
L’Éolien représentait 10,87 % de la production électrique nationale espagnole, quand le photovoltaïque en représentait 54,86 %.
A l’évidence, l’Espagne continue de compter sur la seule France pour pallier le caractère non pilotable de ces quelque 66 % de sa production électro-énergétique nationale, sans s’inquiéter le moins du monde que, par la grâce de la PPE3, le système électrique français sera bientôt aussi peu pilotable que le sien, lui-même aussi peu pilotable que les systèmes allemand, belge et autre italien.
Ne nous y trompons pas : le système électrique français ne sert pas seulement d’exutoire au système électrique espagnol, mais en représente bel et bien les organes de suivi de charge et de réglage fréquence-puissance sans lesquels – tous les spécialistes sont formels – l’espagnol serait sans conteste ingouvernable.
Le débit d’interconnexion entre les deux pays venant à être saturé, le contrôle-commande de cette dernière mal exploité ou victime d’une panne, et c’est la catastrophe assurée.
Or, en matière d’interconnexion, il s’est manifestement passé quelque chose lundi à 10h45 – soit moins de deux heures avant le blackout, dont il est pour l’instant impossible de connaître la nature.
Il y a en effet quelque chose d’insolite à observer la séquence suivante : à 10h15, la France importe 1600 MW d’Espagne, 1038 seulement à 10h30, pour en exporter 168 le quart d’heure suivant (pour le compte d’Allemagne-Belgique) et en importer à nouveau 2300 un quart d’heure plus tard. La production photovoltaïque aussi imposante que fantasque a probablement fait un gros caprice…
Reste qu’Espagnols et Portugais ont bel et bien subi le cauchemardesque scénario décrit dans le chapitre Vivre le blackout, attendre fiévreusement le black-start et constater les dégâts d’un article récent de Contrepoints (2) et n’en ont, hélas, pas encore terminé.
La démonstration vient donc d’être apportée grandeur nature par les Espagnols que notre PPE3 à plus de 40 % « renouvelables » est non seulement surréaliste, mais proprement dangereuse pour l’économie du pays et pour la vie quotidienne des Français, ce dont l’inventaire des dégâts espagnols devrait achever de nous convaincre.