(par Élodie Messéant dans IREF du
Lancé en 2020 pour accélérer la rénovation énergétique des logements, le dispositif Ma Prime Rénov’ est censé encourager les ménages à améliorer la performance énergétique de leur habitat en subventionnant des travaux. Piloté par l’Agence nationale de l’habitat (Anah), il a financé la rénovation de 2,4 millions logements depuis sa création, pour un coût total de 13,2 milliards d’euros d’aides accordées. Des particuliers et des professionnels se plaignent toutefois de l’allongement des délais d’instruction des dossiers.
Selon les données communiquées par des entreprises du bâtiment, le délai moyen entre le dépôt d’un dossier et le versement d’une aide peut atteindre 272 jours. Ces retards ont un impact direct sur leur trésorerie puisqu’elles doivent avancer les fonds pour leurs clients. Certains chefs d’entreprise craignent de faire faillite en raison du montant des sommes bloquées. Les particuliers, eux, décrivent un véritable « parcours technocratique ». Dans un communiqué de presse publié le 12 mai, l’Anah a reconnu ces dysfonctionnements qu’elle attribue à une forte augmentation des demandes, ainsi qu’au renforcement des contrôles destinés à lutter contre la fraude.
Comme pour tout dispositif qui consiste à utiliser l’argent des autres pour le dépenser n’importe comment (en l’occurrence, une transition écologique forcée), Ma Prime Rénov’ est l’objet de nombreuses tentatives de fraude. L’Anah a détecté 44 172 dossiers frauduleux avant leur mise en paiement en 2024 (l’équivalent de 229 millions d’euros), soit environ 1 dossier sur 10. L’ampleur du phénomène est telle que le concept « d’éco-délinquance » a été inventé pour désigner les arnaques aux dispositifs d’aides énergétiques.
N’oublions pas que Ma Prime Rénov’ tire ses racines dans la planification écologique, qui consiste à empêcher les propriétaires de louer leurs biens s’ils ne respectent pas les critères fluctuants du diagnostic de performance énergétique (DPE), qui peut les catégoriser comme des « passoires thermiques » et ruiner leurs investissements.
Il serait peut-être temps d’en tirer les bonnes conclusions et de mettre fin à cette gabegie.