Climat : 150 entreprises appellent à réduire les émissions de l’UE d’au moins 90 %

Mardi 27 mai, plus de 150 entreprises ont adressé une lettre ouverte au Conseil européen, à la Commission européenne et aux eurodéputés, appelant l’UE à réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 90 % d’ici 2040, par rapport au niveau de 1990. Il s’agirait d’un objectif minimal à atteindre au nom du « risque climatique ».

Comment y parvenir ? Elles se gardent bien de le préciser. Comme toujours, ces appels au dirigisme économique sous couvert de protection de l’environnement n’ont aucun ancrage dans la réalité. L’UE représente moins de 7 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre en 2023, tandis que la Chine émet davantage que tous les pays de l’OCDE réunis.

D’autres pays, comme l’Inde, sont en phase d’industrialisation rapide et ont donc besoin de croître avant d’investir dans des technologies bas carbone.

Les signataires de cette lettre ne se sont visiblement pas posé la question suivante : est-il souhaitable d’exiger des pays développés une conversion quasi immédiate au tout-bas carbone, quand les pays en développement n’ont même pas eu le temps d’atteindre un niveau de vie suffisant ?

Le réchauffement climatique est un phénomène global. Tout porte à croire qu’une stratégie exclusivement centrée sur l’UE ne changera pas substantiellement les choses.

Nous l’écrivions dans un précédent article : les énergies renouvelables ne sont pas adaptées pour satisfaire la demande croissante d’énergie dans le monde, notamment dans les pays du sud.

Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, avait rappelé avec lucidité, lors d’une commission d’enquête sénatoriale, que 80 % de l’énergie consommée à échelle mondiale était d’origine fossile en 2019.

Si l’UE décidait demain de réduire ses émissions de CO2 de 90 % et de forcer des entreprises comme Total à ne plus investir dans les énergies fossiles, ce ne serait pas un progrès écologique, mais une désorganisation du marché mondial dont il résultera une flambée des prix et une pénurie pour des millions de personnes. Encore une fois, les signataires de la lettre en ont-ils conscience, ou préfèrent-ils sombrer dans le virtue signalling (vertu ostentatoire) pour redorer leur image de marque et quémander des subventions ?

Réduire de 90 % les émissions de l’UE en quinze ans implique un bouleversement total de nos modes de production, qui risque fort d’être catastrophique s’il est imposé  par le haut.

S’il doit y avoir une transition énergétique, elle ne se décrètera pas depuis Bruxelles : elle se construira dans la liberté économique et ce qu’elle implique (liberté d’entreprendre, liberté des prix), en laissant émerger des solutions adaptées aux contextes propres à chaque pays.

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2 réponses

  1. Pourquoi la liste de ces entreprises n’est pas publiée ? C’est bien sûr un procès d’intention, mais ce ne serait pas étonnant de n’y trouver que des entreprises bénéficiaires des milliards d’€ gaspillés par les états, donc par nous, dans le dogme insensé du décarbonisme.

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