(par Nicolas Lecaussin dans IREF du
Ils clamaient haut et fort avoir tiré les leçons de la canicule de 2003 qui a fait plus de 15 000 morts en France. Or, la chaleur a encore tué plus de 5 000 Français en 2023, et quelque 7 000 l’année précédente, hors covid.
Ils, ce sont bien sûr nos politiques, nos baby-sitters – de gauche comme de droite – qui tous prétendent avec une inaltérable assurance savoir tellement mieux que nous ce qu’il faut faire !
Pourtant, malgré quelques mesures utiles dans les maisons de retraite, la France affronte une nouvelle canicule aussi dépourvue qu’en 2003. Car la seule arme efficace, c’est la climatisation.
Si nos décideurs avaient vraiment voulu nous « protéger », puisqu’ils semblent n’avoir toujours que cela en tête, ils l’auraient reconnu et auraient agi en conséquence. Nous n’aurions pas été obligés de fermer les écoles, mettre les administrations en veilleuse et les EHPAD en état d’alerte maximum.
Mais non, climatisation est un gros mot (pour la ministre Agnès Pannier-Runachier,
« la climatisation est une mal-adaptation »
et il y a même un site créé par le gouvernement et intitulé Pourquoi éviter la climatisation ? ).
Des chiffres ? En 2024, seuls 25 % des foyers français en disposent, contre plus de 90 % aux États-Unis, et plus de 60 % dans le sud de l’Europe (Italie, Espagne, Grèce).
Difficile de dénicher un service public où l’on peut en bénéficier pour jouir d’un peu de fraîcheur ces jours-ci. Selon les idéologues écologistes (et pas seulement), la climatisation aurait un défaut surpassant de très loin tous ses avantages : elle aggraverait le réchauffement climatique.
Que faire ? Leurs armes favorites sont dans ce cas de figure inopérantes : une taxe sur le soleil ne résoudrait en rien le problème et l’interdiction… Y aurait-il un moyen d’interdire le soleil ? Les fabricants de chandelles de Bastiat voulaient empêcher que la lumière du soleil pénètre dans les maisons…
Absurde, bien sûr. Mais pas plus que les arguments contre la climatisation – qui, il semble nécessaire de le rappeler, peut sauver des vies.
En France, son impact sur le réchauffement climatique est minime : notre mix électrique est bas carbone à 97%.
On entend dire aussi qu’elle est un « luxe », un caprice à l’américaine. Bien sûr. Nous les Français, sommes beaucoup plus responsables.
Boire beaucoup, distribuer des brumisateurs, pourquoi pas des éventails, devrait suffire, au pays de l’assistanat.
Au pays de l’imprévoyance, surtout.
2 réponses
15000,7000, 5000 morts les années de canicule, ces chiffres sont beaucoup trop « ronds » pour être réalistes et vrais car il n’existe aucun moyen de savoir si tous ces morts ont été exclusivement victimes de la chaleur ou si la chaleur a accéléré les issues fatales de comorbidités impactant déjà l’espérance de vie de ces malades?
» … la chaleur a encore tué plus de 5 000 Français en 2023, et quelque 7 000 l’année précédente, hors covid. »
Ils sont cachés où ces morts ? D’après les statistiques de l’INSEE, ils ne peut s’agir que de victimes de « canicules hivernales » ! (https://www.insee.fr/fr/statistiques/4931039)