Toujours plus d’éoliennes permettra aux Shadoks de travailler – de pomper – plus et mieux, de se désendetter

Mardi, cet aphorisme aurait dû introduire la harangue de François Bayrou invitant ses compatriotes à redoubler d’une austérité qu’ils croyaient indépassable. Car ce qu’exprime la sentence est tout aussi implicite dans le discours du Premier Ministre que la version aboutie de la suicidaire PPE3 qu’il s’apprête à promulguer. Passer cette dernière sous silence en la circonstance trahit en effet l’occultation délibérée de l’état et des performances de la mécanique énergétique sur laquelle va devoir compter le régime à imposer à notre économie, quel qu’il soit. 

François Bayrou a manifestement de sérieuses raisons de nourrir de grandes inquiétudes pour cette mécanique, des inquiétudes qu’il peut d’autant moins partager avec ses compatriotes qu’il n’a aujourd’hui d’autre choix que se rendre complice des artisans d’un sabotage industriel dont la programmation ne date pas d’hier. Aussi, le lecteur est-il plus que jamais invité à prendre connaissance de l’alarmant état des lieux que l’auteur de ces lignes faisait dudit sabotage, en mars 2014 (1), se résumant à ceci :  

Dès 2012, RTE publiait sa stratégie d’investissement dans le réseau de transport, découlant de l’évolution du mix énergétique devant émerger du débat national, validée avec enthousiasme par la CRE et par ENTSO-E. La suite montra que le zèle mis à l’exécution de la tenace LTECV – Loi de Transition Énergétique pour la Croissance Verte – dépasserait toutes les espérances. 

De 2012 à 2020, les investissements de RTE allaient représenter de l’ordre de 15 milliards d’euros destinés à financer de 800 à 1 000 km de lignes souterraines et sous-marines, 1 000 à 2 000 km de renforcement de réseau électrique existant, 400 km de liaisons souterraines 400 et 225 Kilovolts, 15 à 20 nouveaux postes d’aiguillage et de transformation et une considérable puissance de transformation additionnelle entre le réseau de transport à Très Haute Tension (THT) et les réseaux de tension inférieure.

De 2012 à 2030, RTE avait programmé 35 à 50 milliards d’euros d’investissements dans ce réseau de transport, dont 5 milliards d’euros pour le renforcement des interconnexions avec les pays voisins et 5 à 10 milliards d’euros pour l’accompagnement de la transition énergétique. Début 2024, RTE portait ces prétentions de dépenses réseau à 100 milliards d’euros, estimant que, à lui seul, l’éolien offshore allait imposer la construction de lignes THT pouvant aller jusqu’à 1000 Km cumulés.

On rappelle que le coût de la mise sur le réseau français des 58 tranches nucléaires du plan Messmer n’a pas dépassé les 75 à 80 milliards d’euros exclusivement financés par l’emprunt et que, en dépit de leurs innombrables errements, la construction et la mise en service de l’EPR de Flamanville n’ont pas coûté plus de 16 milliards d’euros.

Jean-Luc Salanave de l’association UARGA (2) vient de dresser un état des lieux élargi et bien plus alarmant que le précédent du sabotage planifié de l’approvisionnement électro-énergétique naguère le plus fécond et le plus rentable d’Europe. Il l’a fait sous la forme des réponses évidentes à 12 questions, non sans balayer l’histoire de l’immense forfaiture dont s’est rendue coupable notre classe politique, non sans rappeler que l’envahissement de notre pays d’éoliennes et de panneaux photovoltaïques a drainé 150 milliards d’euros de subventions en 15 ans et que le pouvoir se dispose à en engloutir 300 milliards de plus dans les 15 prochaines années.

Le devoir civique de diffuser le plus largement possible les 12 réponses ci-après de Jean-Luc Salanave ne devrait donc plus tarder à apparaître comme inspiré par l’instinct de conservation, au moins chez les consommateurs.

1/ la démonstration est largement faite du leurre de l’utilité climatique, environnementale, économique et sociale des EnRi (Énergies Renouvelables Intermittentes) et de leur complémentarité avec le nucléaire ;

2/ Photovoltaïque et éolien ne font que dégrader le bilan carbonique déjà vertueux de nos parcs nucléaire et hydraulique ;

3/ Les KWh photovoltaïques et éoliens prioritaires, dont nous n’avons nul besoin le plus clair du temps, viennent se substituer à un nucléaire bien plus nécessaire et bien plus vertueux qu’eux sur tous les plans ;

4/ Photovoltaïque et éolien ne sont toujours pas rentables après 15 ans de subventions : 226 € le MWh en moyenne pour le photovoltaïque, soit 5 fois plus que le nucléaire dont l’ARENH est toujours à 42 €/MW ; 102 €/MWh pour l’éolien terrestre et 195 €/MWh pour le marin ;

5/ Comble du « quoi qu’il en coûte », solaire et éolien ont obtenu d’être rémunérés plusieurs centaines d’heures par an pour ne pas produire ou être dans l’impossibilité de produire, grâce à la pratique de prix négatifs ;

6/ la démonstration est faite que sans subventions ni passe-droits l’éolien ne sera probablement jamais rentable en France ;

7/ Pire, pour éviter la faillite des futurs projets éoliens en mer, RTE offre de les connecter gratuitement au réseau sur le compte des consommateurs, à hauteur de 37 milliards d’euros selon la PPE3 ;

8/ Devenu par sa taille un doublon du parc nucléaire, le nouveau système électrique éolo-solaire est inapte à s’y substituer ;

9/ le secours permanent des EnRi par le nucléaire dégrade ses performances techniques et le coût de son KWh ;

10/ Si le Parlement ou un décret ne stoppent pas d’urgence des aides constituant un vrai jackpot pour les investisseurs dans les EnRi, la croissance ruineuse et effrénée de ces dernières n’a aucune raison de ralentir. Les factures du consommateur et ses impôts pourraient alors exploser dans les 15 ans qui viennent ;

11/ En 2024, la France a exporté plus que la totalité de ses productions électriques solaire et éolienne, éclatante preuve de leur inutilité pour notre pays : 89 térawattheures (TWh) d’exportations nettes, pour une production hors de prix de 69 TWh bradés à nos voisins ;

12/ Il est temps de recentrer notre excellence énergétique sur des fondamentaux décents.

Ainsi, vis-à-vis de la question énergétique, la société française ressemble-t-elle, hélas, de plus en plus à une société de Shadoks pouvant prêter à sourire, si elle ne s’en remettait pas toujours plus aveuglément aux idiots utiles inféodés à un pouvoir politique vendant son âme avec les intérêts supérieurs de leur pays et la condition de leurs compatriotes, depuis 1997. À l’heure qu’il est, une telle prévarication institutionnelle continue imperturbablement de confisquer la richesse nationale au profit du service rendu aux forces du détournement financier et de l’idéologie. 

(1)  https://atlantico.fr/article/decryptage/100-milliards-d-euros-et-15-ans-pour-finir-de-deglinguer-notre-systeme-electrique-andre-pellen

(2) https://www.uarga.org/actualite_evenem_doc/actualite_immediat.php?utm_source=brevo&utm_campaign=STOP%20OU%20ENCORE%20aide%20ENRI&utm_medium=email

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