Le gaz naturel est le vrai gagnant de la transition

(Transitions et Energies le 12/08/2025) A bas bruit, le gaz naturel est devenu depuis deux décennies l’épine dorsale des systèmes énergétiques dans le monde. Et cela paradoxalement grâce aux pressions croissantes en faveur de la décarbonation. Car le gaz permet de remplacer les centrales électriques au charbon en émettant environ deux fois moins de gaz à effet de serre et de stabiliser et sécuriser les réseaux électriques fragilisés par le caractère intermittent et aléatoire des productions éoliennes et solaires. Le marché mondial du gaz a aussi bénéficié de deux révolutions, celle du gaz de schiste qui a permis aux Etats-Unis de devenir, de loin, le premier producteur mondial, et celle du GNL (Gaz naturel liquéfié) qui a permis au gaz de devenir accessible partout dans le monde. L’an dernier la demande mondiale de gaz a ainsi battu un nouveau record à 4.124 milliards de mètres cubes.

Il y a les discours incessants et l’attention permanente donnée par les politiques et les médias aux renouvelables intermittents, éoliennes et panneaux solaires, et aux véhicules électriques. Et il y a derrière cette agitation la réalité de la consommation d’énergie dans le monde dominée encore à 80% par les énergies fossiles. Et parmi ces dernières, une a particulièrement le vent en poupe : le gaz naturel. Au point d’en faire peu à peu et assez discrètement l’épine dorsale des systèmes énergétiques modernes. Le gaz naturel alimente les centrales électriques, chauffe les maisons, fait fonctionner les usines et par l’entremise du gaz naturel liquéfié (GNL) est devenu universel. Il n’est plus nécessaire de relier les gisements aux réseaux de distribution par des gazoducs. Le gaz liquéfié comme le pétrole et le charbon traverse les océans. La dernière édition de la Statistical Review of World Energy (Revue statistique mondiale de l’énergie) montre à quel point le gaz naturel est devenu indispensable.

Et il l’est en dépit ou plutôt grâce aux pressions croissantes en faveur de la décarbonation. Car il permet de remplacer les centrales électriques au charbon en émettant environ deux fois moins de gaz à effet de serre et de stabiliser et sécuriser, ce qui est devenu indispensable, les réseaux électriques fragilisés par le caractère intermittent et aléatoire des productions éoliennes et solaires. Ce n’est pas pour rien si le Parlement européen a adopté en 2023 un texte controversé considérant que le gaz naturel comme l’énergie nucléaire étaient des sources d’énergie de transition… Pour se débarrasser, enfin, des centrales à charbon et équilibrer les réseaux électriques avec la montée en puissance des renouvelables intermittents, les centrales à gaz sont la solution la plus rapide et la plus facile.

L’appétit insatiable de l’Asie

Si on prend un peu de recul et on se penche sur les dix dernières années, le gaz naturel est devenu le géant discret du monde de l’énergie. Sachant qu’en Europe son importance est soudain apparue de façon éclatante quand les prix se sont envolés au lendemain de l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022. Et même si l’Europe fait tout pour pouvoir se passer totalement du gaz russe, notamment en ayant réduit sa consommation d’environ 20% depuis 2022, cela n’a pas empêché la demande mondiale de gaz naturel d’atteindre l’an dernier des niveaux records à près de 11,3 milliards de mètres cubes par jour (4.124 milliards de mètres cubes sur l’année), plus du double du niveau atteint en 1990. Il est vrai que la majeure partie de cette croissance vient de l’Asie.

On peut même aller plus loin. Au cours de la dernière décennie, 74% des 2 milliards de mètres cubes par jour d’augmentation de la demande mondiale ont été le fait de pays n’appartenant pas à l’OCDE – un renversement par rapport au début des années 2000, lorsque le monde développé était le moteur de l’expansion du gaz.

Production et consommation de gaz naturel dans le monde

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Une réponse

  1. Le gaz produit deux fois moins de gaz à effet de serre que le charbon !??
    Si c’est le CO2 dont on parle on peut comparer les équations de combustion, je ne pense pas qu’il y ait une telle différence car les capacités calorifiques molaires de tous les hydrocarbures sont très proches, sauf pour le dihydrogène…
    M’est avis que c’est encore une légende urbaine soigneusement entretenue par les écolos et les vendeurs de gaz ..

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