Les profiteurs des subventions aux renouvelables demandent le renforcement des mesures, par crainte d’une remise encore en cause des objectifs.
La pression de profiteurs, de journalistes, et d’écologistes entraîne une hausse des budgets, et ainsi du poids des impôts et de la dette à l’avenir.
Les dirigeants créent les sources de la stagnation, via les taxes et régulations, et mettent en place des programmes et dépenses.
Les opérateurs de parcs de renouvelables font partie des bénéficiaires, en raison de budgets de plus de 10 milliards d’euros par an, pour des subventions, ou garanties de rentabilité pour l’éolien et le solaire.
Le rythme d’installations de renouvelables baisse au cours de l’année, en particulier dans les éoliennes.
Le directeur des projets de renouvelables chez Engie met en alerte d’une baisse des installations d’éoliennes.
Challenges le cite :
“Si la tendance se poursuit, et aujourd’hui il n’y a aucune raison qu’elle ne se poursuive pas, nous terminerons l’année à 500 MW [d’installations d’éoliennes]. Ce sera moitié moins qu’en 2024 et ça ne représentera qu’un tiers des nouvelles capacités installées des années 2023, 2022, 2021.”
Il met la responsabilité sur un changement d’opinion, à cause des critiques.
Challenges :
“Depuis plusieurs mois, une partie de la droite et toute l’extrême droite tirent à boulet rouge sur les renouvelables qui, selon eux, coûteraient 300 milliards d’euros au pays. Un chiffre simple à retenir mais qui est faux – « l’éolien sera, cette année encore, contributif aux finances publiques », indique William Arkwright [le directeur d’Engie pour les renouvelables].”
Le graphique de Connaissance des Energies ci-dessous montre la production des éoliennes. La production baisse en 2024, en raison des mises à l’arrêt en réponse aux excès de production (source).

Les profiteurs des programmes répondent aux critiques par des illusions de rentabilité.
Les renouvelables produisent en principe des revenus pour le gouvernement, lors des hausses du prix du courant au-dessous de 42 euros le MWh.
Comme vous le voyez sur le graphique ci-dessous des prix du gros en France, les prix dépassent le seuil sur les premiers mois de l’année, face à la baisse de production du solaire, et des prix du gaz.

Les versements des renouvelables au budget du gouvernement dépendent des prix du courant.
Ils génèrent des revenus, en net, pour le gouvernement depuis 2022 en raison de l’explosion du prix du courant.
Une baisse du prix du courant signifie le retour des paiements de compensation aux parcs, en raison des garanties de rachat du courant.
Une tribune dans Le Figaro en début 2023 en conclut :
“[Ce] ne sont pas les filières d’énergies renouvelables qui créent ces recettes exceptionnelles pour l’État, mais bien une hausse exceptionnelle et conjoncturelle des prix de marché… La filière éolienne se rend donc coupable de tromperie pure et simple lorsqu’elle prétend rapporter de l’argent à l’État.”
Secteur des renouvelables : promesses d’une hausse de demande du courant
Le programme de soutien aux renouvelables, sur la durée, dépend des prévisions d’une envolée de la consommation d’électricité sur le continent. Le graphique ci-dessous (source) de l’opérateur de réseau, de 2021, prévoit l’élimination de l’usage de carburants à base de pétrole, et du pétrole et du gaz (en gris). Ils prévoient aussi la baisse de production du nucléaire (jaune). Le remplacement de la production provient des renouvelables (rayures).

Transitions & Energies donne plus de détails sur la planification du tout-électrique :
“La PPE3 [le dernier plan sur l’énergie du gouvernement français] repose sur des hypothèses de consommation électrique totalement irréalistes établies à Bruxelles. Avec 15 millions de voitures électriques en 2035, quand seuls 300.000 véhicules ont été écoulées au cours des deux dernières années. La réindustrialisation du pays tandis que depuis dix ans la consommation électrique de l’industrie ne cesse de chuter. Le développement rapide de l’hydrogène vert dont à peine 3% de l’objectif français en la matière a été atteint. Autrement dit, aucun des leviers supposés soutenir la hausse de la consommation électrique n’est au rendez-vous.”
Les pays de l’UE augmentent les capacités de production via les renouvelables, malgré le manque de demande pour le courant.
En France, malgré la hausse des raccordements, la consommation de l’électricité des renouvelables fait du surplace.
Face au manque de demande lors des pics de production, l’opérateur du réseau met les renouvelables à l’arrêt, en particulier les éoliennes (turquoise ci-dessous).

Le graphique ci-dessous montre les baisses de production à cause des arrêts par les opérateurs des parcs, par mois, en 2024 et en 2025.

Contre-attaque des profiteurs
Depuis les derniers mois, je partage des exemples du capitalisme de connivence au nom du climat, de la création d’emplois, ou de la protection des consommateurs.
Les bénéficiaires de subventions et quotas ont des conflits d’intérêt dans le soutien pour les programmes.
Ainsi, des fondateurs de startups et patrons d’entreprises dans les renouvelables réclament le renforcement d’aides au secteur.
Le président d’Octopus Energy, un courtier d’électricité dans les renouvelables, défend par exemple les soutiens au secteur via des tribunes. Le chef d’entreprise tire profit du programme, et demande encore plus de mesures !
Selon lui, il défend en réalité le progrès contre les réactionnaires, dit-il dans une tribune pour Les Echos.
Il écrit :
“Il est des moments où la société, au moins en partie, hésite, vacille ou résiste au changement. Comme le décrypte Albert Hirschman dans « Deux siècles de rhétorique réactionnaire », à chaque réforme perçue comme progressiste, on retrouve invariablement le même procès, en trois chefs d’accusation : le changement conduirait au résultat inverse de celui espéré, serait inutile, ou nous mettrait en danger. Trois arguments, trois peurs dressées face aux transformations.
Depuis quelques mois, ces trois barricades réactionnaires ont été dressées contre les énergies renouvelables (ENR). Ce mouvement est partout à l’oeuvre, de la tentative de moratoire anti-ENR à l’Assemblée nationale, aux récits de division portés sous des hashtags condescendants (#gueux), en passant par la médiatisation d’avis prétendument scientifiques.”
Nicolas Goldberg, un consultant au secteur des renouvelables, et membre de Terra Nova, un Think Tank, tire aussi profit du programme, via des postes, et contrats avec des entreprises.
Il prend ainsi la défense des renouvelables dans les médias.
Pour lui, le pays a toujours besoin des renouvelables à cause de l’envolée en vue dans la consommation de courant !
Il écrit :
“Dans les scénarios proposés par RTE, la consommation électrique atteindra entre 560 TWh (dans un scénario complet de sobriété) et 750 TWh (en cas de forte réindustrialisation et sans sobriété), alors que le nucléaire actuel ne produit que 400 TWh les meilleures années et l’hydraulique environ 75 TWh : l’éolien et le solaire sont donc indispensables.”
Pour le moment, par contre, la consommation de courant baisse au fil des années, en raison de la fermeture d’usines.
De plus, selon le chercheur, les coûts en subventions pour les renouvelables proviennent de la générosité des garanties dans la dernière décennie. Au fil du temps, ils prévoient une baisse du coût des garanties. Selon les prévisions, les coûts des subventions grimpent tout de même jusqu’en 2027, et dépassent les 4 milliards d’euros jusqu’en 2043 au moins !

De plus, les coûts des renouvelables viennent aussi de la gestion de l’intermittence.
Sur le continent, les dépenses des opérateurs de réseaux grimpent au plafond, en raison de la hausse du nombre de sources.
En bref, les profiteurs des programmes apportent du soutien pour l’installation de renouvelables.
Les prévisions de demande pour le courant, et la rentabilité des parcs, dépendent d’une hausse de la consommation en raison d’une conversion au tout-électrique, et l’élimination du nucléaire, du gaz, et des carburants à base de pétrole.
Comme l’indiquent le ralentissement des ventes dans l’électrique, et dans la consommation de courant, les prévisions de rentabilité des renouvelables dépendent en réalité d’illusions, et des subventions ou garanties.