La dérive écologiste de la Cour des comptes

« La Cour des comptes est l’institution supérieure de contrôle chargée de vérifier l’emploi des fonds publics et de sanctionner les manquements à leur bon usage. » Tel est défini le rôle de la juridiction financière sur son site internet.

Cette définition paraît pourtant obsolète au vu des dernières prises de position de l’institution et de son Premier président Pierre Moscovici. Contrepoints a dénoncé il y a peu leur immixtion dans le champ de l’écologie. Ce ne sont pas les partenariats que noue la Cour qui vont changer la donne.

Dans un communiqué daté du 3 novembre 2025, l’institution de la rue Cambon a annoncé avoir signé une convention de partenariat avec l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), en vue de

« rapprocher le monde de la recherche et celui du contrôle et de l’évaluation des politiques publiques ».

Il est précisé que ce partenariat

« doit favoriser les échanges d’expertise, la formation et la co-construction de travaux communs sur des thématiques au cœur des grands défis de société : agriculture, alimentation, environnement, transitions énergétique et climatique, et gestion durable des ressources naturelles. »

Si l’on comprend bien que les magistrats financiers aient parfois besoin d’avoir des éclaircissements de la part d’experts pour mieux comprendre ce qu’ils sont en train de contrôler, il nous semble cependant que cette coopération pose question.

Elle s’inscrit, en effet, dans la droite ligne du rapport publié en septembre 2025 sur la transition écologique dans lequel la Cour estimait notamment que

les efforts français « ne sont désormais plus suffisants pour remplir les objectifs climatiques » du pays.

Rappelons que la Cour des comptes a noué un partenariat avec le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) en 2020 dont la dernière manifestation publique a consisté en un colloque sur

« Les politiques d’adaptation face au changement climatique ».

Colloque au cours duquel Pierre Moscovici a déclaré

qu’il avait « à cœur de faire de l’enjeu de la transition écologique un axe central » de l’action de la Cour.

En mettant la transition écologique au cœur de son action, Pierre Moscovici transforme l’institution sans que personne ne s’en émeuve à la tête de l’État.

La Cour des comptes dénonce régulièrement les dérapages, voire les dérives, des institutions publiques. N’est-il pas temps de dénoncer la dérive écologiste de la juridiction financière ?

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2 réponses

  1. Il ne faut donc pas s’attendre à ce que la Cour des Comptes tire la sonnette d’alarme sur les gabegies de l’Etat en matière de subventions aux renouvelables, aux voitures électriques, et aux pompes à chaleur.

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