Climat : censure de l’ARCOM et du Conseil d’État contre CNews et Philippe Herlin

En introduction du récent Forum de la Dissidence dédiée à l’alarmisme climatique, Jean-Yves Le Gallou a pris la parole pour évoquer une affaire, passée relativement inaperçue, qui est pourtant grave : la censure d’une voix dissidente sur le climat. Retrouvez ci-dessous la vidéo de cette prise de parole de Jean-Yves Le Gallou, suivi du verbatim de celle-ci.
Polémia

 

CNews a été condamnée par l’ARCOM pour cette affaire, avec une amende assez importante de 20 000 euros. Ce qui est surtout grave pour CNews, c’est que l’ARCOM multiplie les condamnations sur les sujets les plus divers : l’immigration, le climat, et d’autres encore, afin de pouvoir ensuite retirer la liberté d’antenne. C’est cela, la manœuvre.

Deux reproches sont formulés dans ce débat. Le premier est que des contre-vérités auraient été émises, ce qui impliquerait l’existence d’une vérité officielle. Le second, plus surprenant, est l’absence prétendue de contradiction. Or, vous voyez très bien que le meneur de jeu intervient : « Mais attention, attention ». Et, dans la séquence complète — que l’on a coupée — d’une durée de plus de dix minutes, deux minutes concernent Philippe Herlin, et tout le reste va dans l’autre sens. Il y a donc clairement contradiction.

L’argument central de Philippe Herlin à retenir est la critique des modèles. On va me dire :

« Mais Herlin n’est pas climatologue ».

Vous avez vu que la climatologue présente est une jeune doctorante, dont le niveau d’indépendance ne doit pas être très élevé, à mon avis ; si elle était indépendante, elle n’aurait pas de maître de thèse, ce n’est pas compliqué. Par ailleurs, Philippe Herlin est économiste, et, en tant que tel, il sait que les modèles rendent très mal compte de la réalité.
Or la réalité du climat, si l’on imagine l’ensemble des données à prendre en compte — données astronomiques, données sur l’activité solaire, données sur les échanges entre l’atmosphère et la terre, entre l’atmosphère et les océans — est d’une complexité immense. La probabilité qu’un modèle puisse y répondre correctement est donc très faible. En tout cas, c’est une opinion qu’il devrait avoir le droit d’exprimer. Nous sommes là face à une véritable dictature de l’opinion.

Ce qui est intéressant, c’est qu’après la condamnation par l’ARCOM, CNews a fait appel devant le Conseil d’État, et que celui-ci vient de confirmer la condamnation. J’appelle le Conseil d’État le Conseil d’État socialiste. Je vais vous dire pourquoi : le président du Conseil d’État est M. Macron, mais son vice-président, M. Tabuteau, est socialiste ; le président de la section de l’intérieur, M. Thuault, est socialiste et immigrationniste ; le président de la section du contentieux, M. Chantopy, est socialiste ; enfin, le président adjoint de la section du contentieux, M. Pierre Collin, qui a présidé la formation de jugement dans cette affaire, est un ancien collaborateur des cabinets de M. Moscovici et de M. Sapin. Vous voyez à quel point, lorsque l’on vous parle d’« État de droit », il s’agit d’un État de droit politique, un État de droit de censure.

Il existe par ailleurs des lois limitant la liberté d’expression — la loi Pleven, la loi Gayssot, etc. — qui, jusqu’ici, étaient appliquées par les juridictions pénales. Je critique ces lois, mais les juridictions pénales sont relativement protectrices des libertés : possibilité de défense, procédure contradictoire, appel, cassation, etc. Aujourd’hui, une autorité administrative, en l’occurrence l’ARCOM, prend une décision arbitraire de censure. Certes, il existe la possibilité d’un appel devant le Conseil d’État, mais les juridictions administratives s’ingèrent désormais dans le domaine pénal. Nous évoluons vers une société de la « vérité » climatique.

Cette affaire est absolument extraordinaire et mérite d’être connue.

Jean-Yves Le Gallou
Intervention lors du Forum de la Dissidence du 15 novembre 2025 – Publiée sur notre site le 17/11/2025

Jean-Yves Le Gallou
 
Jean-Yves Le Gallou, ENA, inspecteur général de l’administration (ER), ancien député européen est le président de Polémia. Essayiste il a publié de nombreux ouvrages dont La Tyrannie médiatique et Immigration : la catastrophe, que faire ?. Jean-Yves Le Gallou présente chaque semaine sur TVlibertés i-média, émission d’analyse critique des médias.
 

NDLR : la plainte auprès de l’ARCOM a été initiée par l’association Quota-Climat, qui s’érige ainsi en véritable censeur de l’information : quota-climat est également « Vérificateur » auprès de TF1 et LCI en ce qui concerne les informations climatiques.


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2 réponses

  1. C’est le retour du modèle de l’URSS et de ses politburos. L’objectif de certains est la lutte contre le capitalisme, souvent adossé aux énergies fossiles, et la destruction de notre industrie, via la décarbonation. Le climat n’est qu’un alibi, le CO2 et l’effet de serre étant bien insuffisants pour réchauffer la planète. Et inutile de le leur dire, ils le savent. Quant aux autres ils préfèrent s’enferrer que reconnaître leur lavage de cerveau. C’est le principe shadok : quand réduire les »émissions » est sans effet, alors c’est qu’il faut les réduire encore plus.

  2. « Nous évoluons vers une société de la « vérité » climatique. »
    De manière anticonstitutionnelle si on se réfère à l’article 11 de la déclaration des droits de l’homme qui fait partie de la constitution de la république française.

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